CHAPITRE DIX-HLITIKMIv
Diner doniid à Cavaignacctau corps diplomatique. — Débats sur les nmcndemcnts proposés à l'art. 8 de la Constitution. — M Thiers caractérise sa position politique. — Opinion de M. Goudcliaux sur l'humanité et les devoirs qu'elle impose — Uésultat des élccli ns. — Le comte Mole élu membre de l'Assemblée. — Deputation à Caiaignac. — Admission de Louis-\apoléou. — Sou premier discours. — Discussion sur l'impôt projjressif. — Question de savoir si l'on aura une ou deux cliamhrrs. — Discours de MM. Oïlilon Ûarrot et de Lamirtine. — Positions relatives de Cavaignic et de Louis- Napoléon. — l,e Président sera élu par le suffrage universel. — Discussions sur les banquets démocratiques de Toulouse, etc. — Changements dans les bureaux de l'.lssemblée Rationale. — Désaccord sur la question de l'intcrvenlion armée. — Position embarrassante de Cavaiguic. — Oji discute différents modes d'élection. ^ Amendement tendant à exclure tous les membres des fan)illes qui ont régné en France.
10 scploiiibrc.
.l'ai donné hier à Cavai,'jiuu: et au corps diplonialicnic lin grand dincr qui s'est très-bien passé. Marrast, président de rAssen)i)iée, s'est excusé sous prétexte de maladie, mais Cavai;pi;!c |)ense , et me l'a dit, que le président a eu pour véritable motif des questions de préséance qui restent douteuses entre eux. Ouelques membres de l'Assemblée ont soutenu en effet à Marrast que, comme leur président, il devait marcber avant tout le monde. II ne m'était jamais venu à la pensée qu'il pût prétendre à précéder Cavaignac, auprès duquel nous sommes tous accrédités. Quant à sa j)osition à l'égard de mes collègues, j'en ai abandonné la décision à Bastide. Je lui ai dit que s'il \oulait le traiter comme
le président d'une assemblée souveraine et lui donner le pas , il prendrait alors naturellement place au-dessus des ambassadeurs j que sinon, je ne pouvais séparer le ministre des affaires étrangères et le nonce. Bastide, après avoir consulté Marrast, a décidé qu'il garderait sa place , et c'est à propos de cette détermination que quelques-uns des chauds partisans de V égalité ont un peu plus tard obligé leur président à perdre son dîner. Toutefois, comme tout cela a été réglé complètement entre eux, je n'ai encouru moi-même aucune responsabilité.
15 septembre.
Le résultat des élections dans Paris est encore trèsincertain. Le général Cavaignac m'a dit hier qu'il les croyait très-mauvaises, mais il assure ce matin que les communistes n'ont pas été élus.
On a fait tout son possible pour que ceux qui vont être envoyés à la Chambre ne soient ni des anarchistes ni des réactionnaires; et, en effet, il est très-désirable pour la cause de l'ordre que le présent gouvernement soit conservé; mais comme le nombre est petit de ceux qui, à Paris, n'ont éprouvé ni désappointement par suite de leurs espérances trompées , ni mécontentement par suite des perles qu'ils ont subies , le résultat du suffrage universel doit rester très-douteux.
Il ne m'a pas été possible de me rendre à l'Assem-: bléc avec autant d'assiduité que de coutume pendant les