‹ Une année de révolution (volume 2)Chapitre 31 sur 51 · ASSASSINAT !)[•: M. ROSSI · texte numérisé non relu

ASSASSINAT !)[•: M. ROSSI

cri patriotique. J'ai vu dans la soirée deux représentants qui, comme secrétaires de l'Assemblée, assistaient au grand dîner de rHôlel de ville, ils m'ont dit que le gouvernement et eux-mêmes avaient été hués sur la place, à leur entrée et à leur sortie, par la foule qui les appelait « les fainéants. «

Je ne vois aucune mention de cette particularité dans les journaux du matin. Il suffit, pour démontrer jusqu'à l'évidence qu'on n'avait nulle confiance dans la sympathie publique, de rappeler que le gouvernement n'a tenté en aucune façon de prescrire aux habitants d'illuminer leurs maisons, et que le peuple, dans aucune occasion, n'a fait le moindre effort pour les y contraindre.

20 novembre, six heures du soir.

Je quitte à l'instant M. Bastide, que j'ai vu à son retour de la campagne. Il avait reçu , par dépêche télégraphique, la nouvelle que M. Rossi, Président du Conseil à Rome, avait été assassiné, mais la dépèche ne donnait aucun détail ni sur la nature de la blessure ni sur le caractère de l'attentat.

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Il vient de se produire dans lAssemblée Nationale un incident qui doit entraîner des conséquences de la

plus haute importance. J'étais présent lorsque le général Cavaignac, au moment où on ne s'y attendait pas, est monté à la tribune. Le gouvernement, a-t-il dit, auquel la Chambre avait confié l'administration des affaires du pays depuis cinq mois, avait été exposé à une foule d'attaques et de calomnies qu'il avait dédaignées, en considérant la source d'où elles venaient ; mais lorsque les noms de quelques-uns de ses collègues étaient mêlés à ces imputations , il se voyait forcé de demander à M. Garnier-Pagès, à M. Pagnerre et à M. Duclerc s'ils avaient fait circuler un écrit où sa conduite dans les affaires de Juin était blâmée, et, dans le cas où la réponse serait affirmative , de prier que l'on fixât un jour pour établir une discussion sur ce sujet. M. Garnier-Pagès s'est élancé immédiatement à la tribune ; il a répondu avec chaleur que, quant aux attaques, tout homme public y était exposé, mais que sa vie et celle de ses collègues ne permettaient pas de les soupçonner d'avoir employé de pareilles armes ; eux-mêmes avaient été victimes de la calomnie pendant cinq mois ; s'ils avaient gardé le silence pendant tout ce temps, c'était par égard pour des intérêts autres que les leurs; mais on saurait maintenant toute la vérité. Il s'est élevé ^ensuile un débat assez confus sur la fixation du jour. MM. Ledru-Rollin , Joly et autres insistaient pour que Lamartine fût présent; — le général Cavaignac a offert, pour éviter tout retard, de renoncer à la présence de M. Marie plutôt que d'attendre celle de M. de I^amartine.

Cette proposition a été assez mal accueillie, bien

CAV.AIGXAC KT LA COM M I SSI OX EXKCLTIVE. 375

que M. Duclerc assurât qu'il pouvait suppléer au témoiguage de AI. de Lamartine, ayant lui-même été présent, et ayant entendu ce qui s'était dit entre lui et le général Cavaifjuac dans l'après-midi du 23 juin.

Il a été enfin décidé que le débat aurait lieu samedi, afin que tout le monde pût y assister, II est certain que, dans un moment si critique, quand on approche de l'élection, un ajournement est défavorable au général Cavaignac, surtout si l'on considère que M. Dûclerc et quelques autres ont, avec peu de loyauté, appelé l'attention sur de prétendues conversations dans lesquelles, à l'époque à laquelle cet incident se rapporte, la conduite du général se trouvait blâmée.

11 est évident que le débat, entre ces deux fractions des républicains modérés, toujours en petit nombre, même quand ils sont unis, se poursuivra avec une aigreur extrême. Chez un peuple si versatile, il est possible , si M. de Lamartine saisit cette occasion avec adresse et promptitude, qu'il parvienne à faire renaître les chances de sa candidature presque oubliée ; mais le résultat le plus clair de cette querelle sera évidemment de rendre meilleure encore la position de Louis- Napoléon Bonaparte.

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J'ai noté hier , sous riniluencc de mes premières impressions, les conséquences graves qui devaient naître du débat annoncé dans l'Assemblée entre le gé-

néial Cavaiguac et les membres de l'ancienne Commission Executive.

Ces impressions ont été en même temps partagées par tout Paris. Les fonds ont baissé considérablement. Ceux qui avaient vaguement craint qu'on se battit bientôt dans les rues considéraient dès lors le conflit comme immiuent. La confiance des clubs exaltés s'est accrue à mesure que des récriminations mutuelles ont semblé devoir semer la méfiance et le mécontentement parmi ceux qui ont occupé le pouvoir.

L'effet qui résultera de tout cela sera très-probablement modifié par d'autres considérations qui ne se rattachent pas directement aux mérites particuliers don( ces personnages ont fait preuve pendant les événements dont il s'agit, et il est impossible de prévoir à quelle impulsion on obéira dans le moment. Je n'ai jamais pensé qu'il y eût lieu de craindre , à l'égard de ces événements, aucune révélation capable de porter atteinte à l'honneur personnel du général Cavaignac; mais je crois qu'il a été mal servi par quelques-uns de ses subordonnés et par ces hommes auxquels il a , jusqu'aujourd'hui, laissé leurs positions dans le service public. Les ministres, néanmoins, seront, m'assurentils, en mesure de prouver, parles rapports, que le nombre des hommes réellement présents à Paris à cette époque était précisément celui que la Commission Executive avait ordonné d'\ réunir. Cela peut être, mais je me souviens parl'ailement que ce n'était pas ce qui se disait au ministère de la guerre le samedi, après midi; l'insuifisance des troupes était la raison

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