‹ Une année de révolutionChapitre 13 sur 71 · DISCOURS DE M. ODILOX BARROT · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. ODILOX BARROT

vocation... Je dis lorsque rien ne vous y radachail, ni vos fonctions ni vos aUribnlions, lorsque cela s'est passe après rengagement solennel , pris (levant celte Chambre, non pas que vous ne concourriez jamais directement à de pareils abus, un ministre n'aurait jamais osé prendre un tel engagement à la tribune, car on ne s'engage pas à être honnête homme ni un ministre loyal.

« Il s'était engagé à ne plus tolérer de pareils marchés, l'engagcnienl a été écrit dans nos procès- v(?ibaux, dans le Moniteur, dans nos souvenirs. Eh bien, savezvous comment cet engagement a été tenu? Ce n'est pas celui qui entre à 1» Cour des comptes, par suite de la

démission achetée, qui donne de l'argent Oui, en

cela vous êtes dans la lettre jésuitique de l'engagement que vous avez pris, c'est un tiers qu'on va chercher. C'est un tiers qui fournit l'argent, c'est un tiers qui débourse l'argent nécessaire pour acheter la démission, et puis on le paye, avec quoi? avec une place qui aurait dû être la récompense désirée, légitime, des plus vieux et des plus loyaux services. C'est cette place qu'on lui donne en solde et en remboursement de ce qu'il avait avancé. Et vous appelez cela un petit fait? J'avais bien raison de dire que nous ne nous comprenions plus en morale. Et c'est nous, opposition, qui blessons apparemment les lois de la morale parce qu'un fait dont la publicité a été saisie, qui a été porté dans l'autre Chambre, qui a retenti dans le pays, ne nous a pas paru de nature à passer inaperçu • c'est nous, opposition , qui blessons les lois de la morale, de la justice

et de la vérité parce que , \oiis mettant en présence

de ces faits, nous vous avons dit : Nous sommes prêts à vous accorder la plus éclatante réparation; je m'engage à vous l'accorder la plus grande possible , à en prendre l'initiative, s'il le faut, si le fait n'est pas vrai; mais si le fait est vrai, songez au pouvoir dont vous êtes revêtu , songez-y non pas dans les paroles pompeuses mais dans la pratique de ces conditions

morales du pouvoir, des conditions dans lesquelles il peut s€ul marcher respecté et honoré. Plus les difficultés qui l'environnent sont grandes, et vous les multipliez bien tous les jours, tousles jours elles grandissent, j'en conviens, par vos fautes, mais plus elles sont grandes, plus dangereuses sont celles que nous réserve l'avenir, plus il faut veiller avec soin sur ces forces morales qui seules peuvent permettre d'affronter les épreuves qui nous sont réservées. Et puis, vous nous parlez de votre orgueil, vous vous retranchez dans votre orgueil. Oh! oui, quelquefois l'orgueil est quelque chose de grand, quelque chose de légitime; je comprends certains dédains, mais je les comprends lorsqu'il s'agit de la personne; je comprends qu'en face des accusations dirigées contre la personne, Thonmie politique, bravant la colère des partis, ne veuille pas répondre; je le comprends, et quelquefois je l'admire et je l'honore. Mais s'agit-il de vous ici? II s'agit du pouvoir que vous représentez , et quand il s'agit de l'honneur de ce pouvoir, laissez de côté votre orgueil personnel , qui n'a rien à faire dans cette question.

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