FUITE DE LA DUCHESSE DE MONTPENSIER
ce dernier ayant salué le Roi, et Sa Majesté l'ayant remercié , il lui a répondu : « Pas du tout , il y a dixsept ans que j'attends ce jour, »
Ambition mal tissée, combien tu t'es raccourcie M
Mais je reviens à celle dont la présence dans ce pays se rattachait par des liens si étroits au dernier rêve fatal de cette insatiable ambition. Dans ce même instant, cette intéressante et illustre enfant, âgée seulement de seize ans (et, si l'on doit s'en rapporter aux nouvelles de la cour de ces dernières semaines , portant dans son sein l'objet des espérances réunies de l'Espagne et de la France pour l'avenir, et des craintes exagérées de l'Angleterre), cette enfant errait dans la ville, abandonnée , exposée à chaque instant à devenir le but de la fureur populaire, et protégée contre l'insulte par la seule impossibilité de croire qu'une personne si chère pût se trouver dans un état d'isolement si pitoyable. Je suis heureux de pouvoir dire que, pour le moment, je suis rassuré sur son salut : ce matin, à sept heures, j'ai reçu la visite de deux dames ; l'heure qu'elles avaient choisie et la manière dont elles se présentaient indiquaient assez qu'elles voulaient éviter d'être vuesj l'une était officiellement attachée à la personne d'une des princesses, l'autre simplement une amie dévouée. Elles sont venues me prier de , et je me suis empressé de faire tout ce qu'elles désiraient.
On ne pouvait s'empêcher de faire, à part soi, de
' t III weavcd ambition, bovv mucb art lliou shrunk! »
graves réflexions sur le contraste que formait l'arrivée de la duchesse de Montpensier dans son pays d'adoption, il n'y a guère plus d'un an , avec la manière dont elle allait maintenant le quitter, peut-être pour toujours. Toute l'Europe alors avait été invitée aux Tuileries, en la personne de ses représentants diplomatiques , pour offrir de concert ses félicitations à l'occasion de cet heureux mariage. Conformément à l'attitude qu'avait prise le gouvernement britannique à l'égard de cette alliance, son représentant fut le seul qui ne put assister à la cérémonie, mais il se hâta de saisir la première occasion pour présenter ses devoirs personnels à Son Altesse Royale comme princesse française de fait. Et nmintenant c'était par l'entremise de cet ambassadeur même qu'elle allait, sous un nom emprunté, gagner la terre où tous les proscrits trouvent un asile ! Que Dieu la protège dans sa route ! Puisse-t-elle trouver dans ce bonheur domestique qui ne dépend d'aucun climat ni d'aucun pays, la compensation de la mauvaise fortune dont son mariage a été pour elle la source, puisqu'un nuage a soudainement obscurci ces ambitieuses espérances dont elle a été plutôt l'instrument passif que le complice volontaire.
26 février.
Pendant toute la nuit, dans cette partie de la ville, on a moins tiraillé , et nous avons eu plus de tran-