‹ Une année de révolutionChapitre 28 sur 71 · VISITE D'U\ CAPITAINE · texte numérisé non relu

VISITE D'U\ CAPITAINE

pitaine de la 1" légion de la garde nationale; il était amené chez moi par la fausse nouvelle que j'avais demandé une garde, et il m'a offert, de la part du colonel, toute la protection que je pourrais désirer. Je l'ai cordialement remercié de" sa proposition, en ajoutant que je considérais le caractère officiel dont j'étais revêtu comme ma meilleure protection, et que je n'avais, jusqu'à présent, aucun lieu de douter que je ne pusse avec confiance compter sur le respect dont celte position est universellement entourée, que toutefois, en cas de tentative contre Tliôtel, de la part des anarchistes, je compterais sur les sentiments qui avaient dicté celte offre, et que , le quartier général des gardes nationaux étant dans mon voisinage , leur secours, j'en étais convaincu, ne me ferait pas défaut quand il en serait temps. L'opinion de cet officier, sur la physionomie de Paris dans ce moment, était rassurante; il m'a appris que le gouvernement était entouré maintenant d'une force suffisante pour se faire obéir, et que des personnes de tous les rangs se présentaient dans la plupart des postes de la garde nationale pour concourir à la protection de Tordre cl pour résister à l'intimidation dont les anarchistes tentaient de menacer Paris.

Une heure environ après que Tofficier de la l'" légion de la garde nationale m'avait quitté , je recevais une offre nouvelle de protection de la part de quelques gentlemen irlandais , parmi lesquels se trouvait M. John O'Connell ; ils étaient, m'apprirent-ils, à peu. près deux cents en visite à Paris; ils s'étaient entendus pour se procurer des armes et pour venir s'éta-

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blir à l'ambassade tant qu'on resterait exposé à voir triompher cette anarchie universelle, qui ne respecte ni rang ni caractère; ils désiraient virement, ont -ils ajouté, que cette permission leur fût accordée, afin de montrer les sentiments que le peuple irlandais conservait encore pour moi. Cette proposition m'était faite à un moment où, je suis fâché de le dire, j'avais vu quelques-uns de mes compatriotes se promener dans les rues, avec des morceaux de ruban rouge à leur boutonnière, achetant ainsi leur sûreté personnelle par une adhésion apparente à l'emblème de l'anarchie — le drapeau rouge'; aussi, quoique je pusse encore moins accepter cette offre que la précédente, je n'en ai été que plus touché de cette preuve de bon souvenir de la part de ces hommes de cœur, originaires d'un pays où j'avais passé tant d'heureux jours.

Je viens de voir d'Alton-Shée; il confirme les rapports que j'ai déjà reçus sur la situation de plus eu plus rassurante de Paris. J'écris , bien entendu , sans avoir encore reçu mes instructions du gouvernement de Sa Majesté, à l'égard de la conduite que je dois tenir à l'avenir, mais, quelle que soit la décision ultérieure, sur la question de savoir si l'on reconnaîtra ou non le gouvernement de fait de la France, j'espère, si les choses se maintiennent dans l'état où elles sont aujourd'hui, n'être pas obligé de prendre subitement un parti

1 Je puis ajouter que des clameurs contre les étrangers s'étaient déjà fait entendre au milieu de la populace, et qu'elles eurent, bientôt après, pour résultat l'expulsion d'un {]rand nombre d'ouvriers anglais, et le renvoi immédiat de beaucoup de domestiques anglais.

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