‹ Une année de révolutionChapitre 38 sur 71 · CHAPITRE CIXOL'II^ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIXOL'II^ME

Oil apprend que le Hoi est en sincto. — Délaifs sur son evasion. — Son manque (Ic {liyni(('' personnelle. — Sa honte. — Los niariajjes espatjnols. — État des l!iinii('cs nationales. — La crise commerciale. — Spéculations encouragées par le dernier gouvernement. — ConGance de M. de Lamartine dans la force de son gouverneraent. — Conjectures sur le résultat des élections. — Circulaire du ministre de l'instruction publique. — Le comte de Montaliiet demande une avance de fonds pour la famille royale. — Les perles des princesses. — Circulaire adressée aux agents diplomatiques. — Di'pulation des commerçants à l'hôtel de ville. — Causes auxquelles est attribuée l'abdication du Roi. — Impopularité de M. Guizol. — Uapport de la garde nationale avec la monarchie de juillet. — Chute du ministère (!uizot. — Illuminations générales. — Attaque, sans provocations, des troupes contre le peuple. — Les sections. — La populace au\ Tuileries. — Le trône brûlé devant la coloune de Juillet. — Détails de l'insurrection. — Faillites commerciales. — Expédients du gouvernement.

Nous avons enfin l'assurance satisfaisante que le Roi est en sûreté ; il a débarqué à i\euhaven et s'est rendu à Londres par Brighton. Il paraît qu'il avait été caché à Trouville pendant quelques jours, et que là, il avait affrété un bâtiment, sous le nom emprunté d'un vieil Américain pressé de quitter les scènes de trouble auxquelles la France était en proie; il avait promis à l'armateur, nommé Hally, trois mille francs pour la traversée; mais, le temps étant des plus orageux, ses compagnons ont consulté un pilote ; celui-ci a dit au Roi que ce bâtiment ne pourrait pas sortir de l'ancrage où il se trouvait alors; le Roi a donc résolu, ou de profiter de l'offre qu'on lui faisait d'un plus petit bâtiment amarré un peu plus loin, ou, changeant en-

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lièrement de plan, de se rendre de Trourille à Roiieu, et de prendre le bateau qui descend la Seine, juste à temps pour arriver au départ du bateau à vapeur anglais de Southaaipton. Dans le premier cas se présentait le danger que M. Hally , s'il venait à soupçonner l'identité du prétendu Américain, ne le trahît par dépit de perdre un fret si avantageux. C'est pour celte raison, en effet, que le Roi, après avoir hésité quelque temps entre les deux partis, a mieux aimé remonter à Rouen que de partir lout de suite dans le petit bâtimerrt qu'on lui offrait et qui était plus en état de gagner la pleine mer. Mais Hally, lorsqu'on lui a offert seulement une partie du prix promis, en lui laissant la libre disposition de son bâtiment, a trahi le Roi, et a agité une partie de la population en lui déclarant qu'il pouvait lui montrer Louis-Philippe essayant de s'échapper. Le projet de descendre de Rouen a enfin réussi. Le Roi et la Reine sont arrivés à Rouen , se sont embarqués sur le bateau de rivière, et sont redescendus jusqu'au Havre; mais ils avaient quelques pas à faire, d'un quai à l'autre, pour arriver à bord du vapeur anglais. C'est à ce moment que le Roi a été sur le point de se trahir en exagérant le rôle d'un bourgeois anglais pressé de regagner son pays. Il était évidemment de la plus grande importance que, dans un lieu où il courait tant de chances d'être personnellement connu , il se tînt tranquille, et tâchât de ne pas provoquer Taftention. Au lieu de cela, on m'apprend qu'il se démenait en criant très-haut : « Où est madame Smith? où est ma vieille? viens ici, ma chère, r, Il a été, en effet,

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