‹ Une année de révolutionChapitre 41 sur 71 · CIRCULAIRE DE M. CARNOT · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE DE M. CARNOT

excellente spéculalion financière. Je ne sais pas quel peut cire le but de ce document, et si, en mettant ces paysans et ces ouvriers i[jnorants sous la tutelle du maître d'école, il veut les garantir de pires conseils; mais il me paraît rédigé d'une manière très-peu judicieuse. Je continuerai à prendre note, de temps en temps, de tous les renseignements qui pourront m'arriver sur les effets probables d'un système qui paraît réunir tous les défauts des plus étranges Ibéories électorales.

8 mars.

Je viens seulement de voir Lamartine. Je l'ai attaqué à propos de la circulaire de son ministre de l'instruction publique. Il a été tout à fait de mon avis là-dessus, mais il ne l'a vue,m'a-t-il dit, qu'après qu'elle avait été publiée. Il a ajouté que le décret relatif à l'abolition des titres avait aussi été glissé clandestinement dans les papiers. Ceci indique une absence complète de vues arrêtées, excusable si l'on pense à la quantité d'occupations qu'ils ont eues sur les bras, mais qui peut produire, comme dans le cas des élections, beaucoup de mal. Ce que je blâme surtout, dans la façon dont Lamartine conduit les affaires, c'est sa manie de faire inscrire dans les journaux de petits articles qui font allusion au sujet de nos entrevues. Ceci n'est pas trèsdiplomatique ; mais il prétend que ces notes lui font beaucoup de bien dans ce moment, et, jusqu'à présent, il n'en est pas résulté d'inconvénient. Les fonds sont

descendus aujourd'hui à 45 ! mais sans raison aucune, excepté le désir de réaliser.

9 mars. •

Le comte de Montalivet, intendant de la liste civile du dernier Roi , a passé chez moi hier pour me demander mon intervention amicale auprès du Gouvernement Provisoire afin d'obtenir quelque avance de fonds en faveur de la famille royale. II n'y a personne qui ait montré plus de courage et de dévouement que le comte de Montalivet dans les dernières affaires. Personnellement allaché au Roi, mais opposé politiquement à beaucoup d'actes de &cs derniers ministres, sa position était des plus difficiles, à cause des soupçons jaloux qu'il excitait chez quelques membres du dernier cabinet. Quoique sa santé soit très-mauvaise, il a été infatigable, pendant les trois journées, comme commandant de la cavalerie de la garde nationale, et a fait escorte au Roi jusqu'à ce que ce prince ait été hors de danger. Il s'emploie maintenant avec zèle à procurer quelques ressources immédiates à la famille royale, bien que, pour y parvenir, il soit obligé de rester à Paris, et de s'exposer à beaucoup de haine, lorsqu'il aurait pu retourner en sûreté à sa campagne.

Le comte de Montalivet désirait vivement que j'entretinsse Lamartine de tous ces détails, et surtout de perles qui appartiennent à quelques-unes des princesses, et

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