‹ Une année de révolutionChapitre 42 sur 71 · SITUATION DE L\ FAMILLP: ROYALE · texte numérisé non relu

SITUATION DE L\ FAMILLP: ROYALE

qui sont tenues encore sous le séquestre. Je lui ai promis de le "faire. Lorsfjuc j'en ai parlé à Lamartine, il a ' témoigné beaucoup de regret que les perles n'eussent pas été emportées auparavant, ce dont il n'avait eu aucune connaissance, mais il a dit que tout cela était une question de temps. Il a répété qu'on n'avait pas la moindre intention de confisquer aucune propriété privée, que, quant aux perles , elles n'étaient pas moins en sûreté que si elles étaient déjà à Claremont, mais que le moment était aussi mal choisi que possible pour faire aucune démarche à l'égard de ces objets. Dans les premiers instants, il avait obtenu du Gouvernement Provisoire une promesse écrite , si on trouvait le Roi, de mettre un million de francs à sa disposition et à celle de la famille royale, pour pourvoir, quant à présent, à leur entretien hors de France , et, si on avait pu les découvrir, on en aurait alors agi ainsi avec plaisir; mais, pendant ces derniers jours, il y avait une misère si générale dans toutes les classes, on avait éprouvé une telle anxiété au sujet de faillites qui compromettaient l'existence de milliers de personnes, et des craintes si vives que le crédit public ne fût complètement détruit par des suspensions dans les payements du Trésor, que personne n'oserait, maintenant, pour améliorer la situation de la famille royale, rien envoyer hors du pays de ce qui était déjà confié à la garde de l'autorité publique, que l'annonce d'une pareille mesure, dans les journaux, suffirait pour renverser le gouvernement, et qu'il était impossible de l'accomplir sans publicité. Quelque désir que j'eusse de procurer à la

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famille royale des ressources immédiates, j'étais trop convaincu que, de toutes les difficultés dont le Gouvernement est assiégé, les difficultés financières sont dans ce moment les plus dangereuses, pour me croire en droit d'insister.

9 mars.

Dans ma dernière entrevue avec M. de Lamartine, je suis encore revenu sur la circulaire qu'il avait adressée aux agents diplomatiques en résidence dans les différentes cours. J'étais sur, lui ai-je dit, qu'il reconnaîtrait toute la bonne volonté qu'on avait mise à faire la part aux difficultés de sa position. Lorsqu'il m'avait d'abord instruit de la nécessité où il se trouverait de soutenir que la France considérait les traités de 1815 comme n'existant plus de droit, j'avais aussitôt exprimé le regret personnel qu'il se crût obligé à faire une pareille démarche, et ma crainte qu'elle ne produisît un mauvais effet auprès de certains gouvernements. Il avait alors terminé la communication en me donnant l'assurance positive , non-seuloment en ce qui le concernait, mais aussi de la part de ses collègues (qui pouvaient s'écarter de son opinion quant à Ténergie à donner au manifeste) , qu'ils étaient bien décidés à ne commettre aucun acte agressif contre le règlement territorial sanctionné par ces traités. M. de Lamartine m'a interrompu tout de suite pour me coufir-

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