AU \0M DU PEUPLE FR.WÇAIS
Proclamation.
« Citoyens !
« La République vit de liberté et de discussion, des clubs sont pour la République un besoin , pour les citoyens un droit.
' Quand je me suis servi de ceKe expression, j'ai voulu dire, je pense, quM avait gâté le papier en en souillant la purotc par une peinture eicessive de l'état de la société dans son pays, et en noircissant sysleinaliquenient notre caractère national , mais , politique à part , j'ai toujours eu une grande admiration pour les talents tout particuliers de M. A. Marrast, comme écrivain périodique.
336 L'XE AXXÉE DE RÈVOLLTIOX.
5) Aussi le Gouvernement Provisoire s'est-il félicité de voir, sur les divers points de la capitale, les citoyens s'assembler pour conférer entre eux sur les questions les plus élevées de la politique, sur la nécessité de donner à la République une impulsion énergique , vigoureuse et féconde.
;> Le Gouvernement Provisoire protège les clubs.
55 Mais, pour que leur liberté, pour que la révolution ne soit point arrêtée dans sa marche glorieuse, gardons-nous, citoyens, de tout ce qui peut entretenir dans l'opinion des inquiétudes sérieuses et permanentes; rappelons-nous que ces inquiétudes servent d'aliment à des calomnies contre-révolutionnaires et d'arme à l'esprit de réaction; avisons donc à des mesures qui, en protégeant la sécurité publique, coupent court aux dangereuses rumeurs, aux calomnieuses alarmes. Si la discussion libre est un droit et un devoir, la discussion armée est un danger, elle peut devenir une oppression. Si la liberté des clubs est une des plus inviolables conquêtes de la révolution, des clubs qui délibèrent en armes peuvent compromettre la liberté elle-même, exciter la lutte des passions et en faire sortir la guerre civile.
5' Citoyens, le Gouvernement Provisoire, fidèle à son principe , veut la sécurité dans l'indépendance des opinions. Il a déjà pris des mesures propres à la protéger, il ne peut vouloir que les armes soient mêlées aux délibérations. Notre République c'est l'union, c'est la fraternité, et ces sentiments excluent toute pensée de violence.