II
bienveillance que les Kurganiens me prodiguaient. L'un avait fait faire du punch^ l'autre chargeait mdn kibik de livres , le troisième me remettait un pot de concombres (i) ; il aurait fallu marcher à pied à coté de la voiture , si j'avais accepté tous leurs dons. Que la bénédiction céleste repose sur vous^ âmes honnêtes ! Je ne vous reverrai plus, mais je porte gravé à jamais dans mon cœur le souvenir tendre et reconnaissant de votre hos- • pitalité.
Enfin , on mit les chevawit. Je fus embrassé à la ronde et porté dans le kibik. Le bon vieux de Gravi s'y assit avec moi , voulant à toute force m'accompagner hors de la portse de la ville. Des bénédictions et des vœux m accompagnèrent de toutes pans en partant^ et je nageais dans une mer de délices.
Après- avoir fait environ deux werstes de chemin, de Gravi fit arrêter, se pencha sur m.QÎ, ^ni'embra^sà^ pleura, me serra la main , descendît de voiture, s'éloigna , -'revint , me.s^ côua ta main, me dit en sanglotant adieu ^ *( s'bogom ) et partit. Je me redressai , le suivant long-tems des yeux , considérant avec attendrissement le lieu de mon exil , et après avoir
— i— — ■ I ■ '»» Il ^w— — I ,m
( 1 ) Les. concoml»:^ soiu à X-urgan un objet ^e friandise On les y. cultive , comme chez nous les niclons j ec au dessert^ <m ^e&îpréaefice aux convive»^ coupés eit peûtes uwcbcs*. ;;
(ri)
-fèté"detxièïQ nkoi le cave pénible 4cme^autr hezaisyp dts aiiii)6odiieteui:4'avancer gsànd ■«Eain.- •
! ' Je rte^ fMttiobligé çdtfe -fQts 4« j^moater -jftxsqira Thntei^ i.lts ea^K setalemeA grandp: '^paxtie'éebidées.' Muni d'une aûusinièce^pour fRcg^miittr ift lêie , ^e pus çoal^ t&mc U ^uit ^ 4:aa: ^s^& GGtIe pcécautioi» 4i e&( impossible cb iNoya^ flass la s^istm :>0Ù ROtts^ étions. Lc;^ ^x)asisas île crès cointrécs ressembleût patfaitoment aux pôtres , à. cela près qu ik sont ^ t^odecB^aiâie^^ et encote plus iiKsomatodes et pdns aliërés -que ceux d'Ettrope.
Vers le xsMiXksjet. mlendormis^^ js$. âpj^ 4ia léger :soinnm9in»0fi féyeU iiitpoux moi une nocrveile lOoiésMcet U me fallut une aiicute id&t&mrpDtîr me raj^eler t^mceqm venait de m'aima; irms ceHr niinme, dans laquelle: itdée dse maHberté ie^ développa peu^arpeu f devant tsaxm sespnt ^ Itst céleste»
' Apfès * mldt aouspasiâme^-par une petite Mllty^ ponimée JEadttieis^i. Ëllexefi£e(A^it u^ ^nhd: Qonibverfk bannis , -esurWres le princ^ ^iizifaâsdd:9.ci^v4«C{t gâterai en -chef, qu^ Hfvaît'étéioaèidamné ti*exil poaa: cause demain VGfsation dans I^ livraisons de <lrap , dont il ne s'était pas, à la vérité , rendu lui-même coupable, mais auxquelles on raccusaît d'a^ôît connivé.îl fi'èstpas a supposer qu'il ait niériité un cfaâumom. aussi grave, ^coreinplns. h^
twaniàre d^Mst H iai iui infligé. diargi Aeûc^,
il. fut :txaîiié ea^U par un ccmductieur trois
fois |4iis ilur 4]uc ie miai , et obligé , tnslffé
vSa £iibie santé et k. poids de ses chauy».,
-^ «sédec ^fiesi(|âe^toupuD8 4 oslui«ci sa« piaqe
dans le kîbik ^ et d aller à pied. O^atn^' cela>y
jl'ivy avait pas jdê mainr^is isai^meatet jd^ou-^
•trage bumaiaB}t«etdértsoivey ^ue son boofr-
<xeaii^jie Jai ittëpro>imi: (i.J.
Néanmoins les bordis inhospitaliers du
-Tobol lui aSkitetk ime soène:^de èonheur
ique^je lui ai plus xiune £^ enirié, et. qui
a dn ^doodic tcmis^ses'itiaiiau- I^orsquon ie
.tEan^ïOctait 4è Tobolsk plus avam à. Jalq-
teh^i » 'lieu -de sa destloatijoQ ^ et i^ua cause
des iMdiidadonSy il futobifg^yComniB.i^
^ile -remOBter iegrand cbemin i'espace^de cpuA-
^ipÊCS centaines de verstes, il vit ^ au jnoment
4dà ^ -ailait s'éloigner du.Ti^ol pour entrer
dans les terres s'û vit , dis - je , d& lâutre coté
4e la rivière , se mettre ^en moivrement un
«adeaflU sur lequel se itromraiem quelques per-
«onrU» et leurs effets.^ >quW pge cœ sa joie
Jôrsqu'Jlr'FeconniitpeUià^peu , sa^ ï&nme^ ses
enians t il ieta Ain «giasid cru On y roépondit de
l'iautre bord* C'étaient les^ yolx chécm^ ^ les vois
influes de ^ âtlsiille. Leurs 4>ca;s détendaient
(i r D^ns la sOice il a été trouvé com^tétemeat innocenc
t H ) vers ut i il se prëcipita^ dans fcau ^ gagna le radeau ^ s'y élança. Ciel , quel moment ! Dés rpaysans , témoins de cette scène touchante:^ m'en ont fait le récit -y ils en avaient senti le
5rix , ils m en parlaient encore avec attenrissement.
Quand je passai par Jaluteiski » le prince était malade 5 mais du moins était -il dans les bras des siens ^ lobjet de leurs plus tendres sollicitude.
Je n'ai vu nulle part de plus grasses prairies que dans ces contrées. Les fauche qui veut ^ et la plupart ne le sont jamais , parce quon manque de bras pour faire la fenaisoit^ et de bouches pour consommer les fourrages.
Je ne dois .pas passer sous silence un phénomène que j'ai trouvé dans un village près de Jalutetski. C'était un jeune garçon imbécile, d'environ dix*huit ans qui marchait à quatire pattes, et aurait pu servir de preuve à Thypothèse que fhomme est originellement créé
{)our cette allure. Non-seulement il trottait brt vite quand il voulait , mais il tenait , en marchant, la tète comme le reste des^hommes^ c'e&t-^-dire verticalement. Il faut bien que les muscles df son cou, se soient plies et accoutumés à cette direction. Du'^x^te, il se rje^ dressait rarement sur ses jambes de derrière, ne marchait jamais de cette façon , mais se tenait souvent accroupi dessos^à la manière des oorsw
Entre Jaluterdci et TpboUk on passe par une quantité de villages habités par des Tartares. Cette nation ne me paraît mériter nullement le mépris avec lequel le Russe son vainqueur 9 la traite. Un accident qui marrie .va -dans un de ces, villages » Tessieu de nia :Voiture qui vint a se rompre » me mit dans le cas de lier connaissance avec cette peuplade.
Cétait vers le soir^ assez tard^ que ce contre-tems xn'arriva. Tout de suite plusieui^ Tartares accoururent pour m'aider. L'un d en- .tr'eux était une espèce de charpentier. Je fis arrêter devant sa maison ^ et apprenant que la réparation exigeait bien trois heures dé tems 5 je dis à mon domestique de me faire du thé. /
L'intérieur des maisons tartares étant fort -sale 5 je préférai passer cette belle soirée d'été devant la porte.' Je me fis apporter une table et une chaise» et j'ouvris mon nécessaire de voyage 5 pour en tirer tout c^ qu'il me fallait pour prendre le thé. La curiosité avait attiré tous les habitans du village, qui itie parurent ignorer absolument tout ce qui tenait à des objets ou des ustensiles de luxe.Ufie vieille robe-de-chambre de soie , dont je m'enveloppais , et que ma femme avait plus d'une fois voulu me faire .quitter 9 tant elle était usée, attira leurs «e^
'pxis et leur agitation , ati^înt ^ue chacua voulut la Qianier.
Mais ce qui Jei #aylt surtout en extase^ •ce fut le miroir .<}ui était dan^ fintérieur dit couvercle de mon «écessaife, Ifc s accrojapis- ^aiem en groupes devant lui , tiaîem à bouche béante en y vôyaiwt-'lettf figure, et sexprf; maient l'un àfautre , par des gestes comique^ Tétonnement où ils étaient de voir devant eux Ui contrée qui élak derrière. Je tirai le miroir du couvercle, «t le présentai à là }eune femme du charpentier , qui d*a^ord y |eta les yeux à la dérobée , |>ea-à-peu s'apprivoisa et $7 «ikâ à la fi^n avec beaucoup de satisfaction , car elle était )oiie. Il me parut , en général , que les paysannes tartares n'étaient pas si. scrupuleuses que le» femmes de -Casah , à cacher leur ^isage-j du -inoîils toutes celles que ) ai vîies ici ^ éiaîefA tons voile. '
Le tbé étant ^îct, j-aïomaî ma pipe, et Cassis isur une pîle jJe pômrès, vîs-à-vts là inafcwi de tnon îiôte. C'était un paysagà nocturne pittoresque , yitigt Târtarès asisîs autour de mbî^ur les dçgr& naturels que formaient ies poutres ', à mes pieds im petit feu allumé dans le chemin , auquel travaillait mon •charpculier :: au-delà du chemin, du côté de S2t marîsoii j les féiftmes ,' filles , et enfans tartares, trop timides pour passer de mon coté»
■<'iy^
* H scr forma peu4-peu entre moi et le groojw
:^avironn£Lnt , un entretien des piussînguiier^
tGès qu'ils^ eurent appris que je n'étzh pasf
fRusse, ilstprirctït courage, je gagnai leur
confiance, et ils m'accablèrent de questions ç
rqoi i*étaîs?oài allais } quelle était ma ptcie }
.comment on y vivait } Nous parlions aussi
^niai lé russe les ans que les:autresvnous avions
:iixille peines à nous comprendre. Leur ayant
:dtt que jeta» Saxon ils parlèrent quelque
'tems taxtatè '^n^'éux , puis me demandèrent
-si ia Saxe n était pas située sur ia merCa»-
|»enné. Je ne savais comment leur donnée
tine idée de ia position géographique de ce
-pays. Ils ne connaissaient aucune des parties
de l'Allemagne. 'La Prawe tsëule leur était
conmtè, mais ils nen avaiestt que des idées
confuàs^ ils n'avaient jâmaîs tenténdu part^
deila France , rie sa rérôiutibn ,- de ses gûecres.
Peuple heureux !
- ' La fëunc ifemme , que le miroir avait un
.peu apprivoisée 5 s était cependant approchée
pour profiter de la conversation. Je pris oc-
. casion de demantleir si k polygamie était
. commune pawnî eux. Il se trouva qu*il nV
avait qoe^deiix hommes, dans tom lé village^
qui dussent plus d'une femnie^ et mon li&b
. était l'un des deux. On me iieçraudâ si je
ne trouvai^ pas' qu'il fût agr&ible d'avoir plu*
sieurs aides et plusieurs compagnes*. <Ifaacuii
^es àssisians s efforça de me prouver lès atan« tages de cette institution. Quand une femme .est vieille , dit Tun , on lui en associe une plus jeune. Quand Tune gronde j ajouta un autre , l'autre rit et -folâtre.
Fort bien, repris-je, mais cet arrangement plaît- il à vos femmes ? En disant ces paroles» je jetai les yeux sur ma jolie hôtesse. On lui expliqua ce que je venais de dire, parce quelle comprenait fort peu le russe. Lorsqu'elle eut .compris ma question , elle sourit et fit une ou deux fois signe de la tête, comme pour :dire: vous aVez raison d'en douter. Ensuite .elle tourna timidement les yeux du côté de la porte de sa maison , où une femme d'environ quarante ans , à mine rébarbative et apparemment sa compagne , était assise. Mes -yeux suivirent les siens , et je crus , dans un seul instant , avoir pénétré tout l'intérieur de sa vie donîestique.
. JTavais manifœtement gagné la bienveillance de cette jeune femme , par ta part que |e prenais à tout son sexe, car elle apporta :bientôt après, sans que j'eusse rien demandé, un pot rempli d'œufs, le posa sur le feu qui «brûlait à mes pieds, s'accroupit auprès, de rfaçôn que la flamme éclairait et rougissait son visage \ et après avoir fait cuire les. œu^» les mit sur une assiette de boi^^ et me les .présenta.
' Je n*ai jamais eu occasion ^ comme ce sok> cle me convaincre de la haine invétérée que les. Tartares ont pour les Russes. Mon dragoa s était couché et dormait ; mon domestique .et moi étions étrangers ^ ils osaient s'expliqua librement, et cest ce qu'ils firent sans la ^moindre réserve , et en donnant un libre cours .à Jeur laçtgue.
Autant que j'ai pu parvenir à étudier le •caractère de la nation tartare, je l'ai trouvé franc , ambitieux ^ facile à saisir les choses ^ sentant vivement et profondément, irritable^ vindicatif •, avec cela les hommes sont , pour Ja plupart, beaux, grands, forts et robustes. Avec ces dispositions de l'ame et du corp$, il est impossible que la conduite des Russes;, à leur égard, produise en eux d'autres efiPets ^ue la haine. On les traite exactement comme les races réprouvées de certaines peuplades • finlandaises. Le nom de Tartare est dans ces contrées une injure qui équivaut à celle 4e, Tsuchon (i) , dont on régale les malheureux habitans du nord de la mer Baltique., .On trjiite les Tartares de la manière la plus cruelle et la plus ignominieuse. Arrïve-t~U 4in accident en route à un IVusse, il réclame, comme \m devoir d'esclave , l'assistance, du
(x) Cest le yéritable nom des FinUndais, m^ <|ui â dégénéré depuis ea injure.
( io )
^emiér Tartàre qu il rencotltte , taxH (ju'îl toit question ât paiement ou de reconnais^ uoce *i bien phis » il se mogue devant lui de ton Mahomet, au moment oà latitre travaille '5>our lui 9 et oi\ il resie paisible spectateur de «bn travail» J ai été témoin ditne scène oH 4in Tartare souSratt qu Alexandre Scliuikins se moquât cruellement de lui^ et j ai vu quatf moment o il tournait Son Mahomet en ri-dicule ) le Tartare avait peine à concentra son indignation , et palissait de fureur, f JTai versé une goutte de baume dans leurk |>laieS) en leur racontant que plusieurs dé 4eurs Mirzas jouissaient d une grande consi« dération à Pétersbourg. Je leur nommai sur^ tout Derschawin , égaléitiem célèbre comme poète et comme homme d'état, en leur con* seUlaht de /adresser à lui , /ils.^e trouvaient •dans là peine.
Si ma conversatîôii parût leur Taire js^rand •plaisir, teurs maniérés franches et confiante ■ne m en donnèrent pas moîni , à cda près -que se pressant à la nn trop autour de nk>i, leur atmosphère finit par m être tin . petx à charge. '
Il fallut nous quitter ', car ma voiture'étatt ïépârée. Le cliarpentier prit une bagatelle point sa peine^ et refusa absolument de. rieaprendre pour son hospitalité. Nous nous séparâmes tous bons amis 9 et quoi^up ce contre- teios
fie &t pas der mon goi^t» pressé coname ^ Tétais , je ne pus que me feUcites de 1 avoif xunplpyç d'une m^niire ttès-satisfaisantc
Je continuai mon voy^ sans accidëiit'^ at f arrivai dans la madûée du ^ àladeratèr^ poste de TolH>lsk. Ici Tinondation du prii^^ tems n'avait encore guères baissé, et je fui obligé de faire k|& quatre derniers milles ^ commci- ^ nfa première acrivée ; dans une nû*» $éraUe bdr^e« Mais W tems était superbe^ comme la première fois^ et ition esprit serein comme k ciel. Je revoyais les mêmes objets avec des sentimens bien opposés, et mon am^ ressemblait, celte fois, à la suriacè unie sui; taquélle je glissais doucement.
i A dix ketires farrtvai à Tobolsk» Quoique le négodaot Beocer m eût offert sa maison , I hésitai à m'y rendre tout de suite, dans Tin* ccctitnde où j*étais si cette démarcfie ne dé« plairait pas au gouverneur, obligé de prendrei plus qtiB tDut.auiare, les mesures de prudence «éccssakes pour s;épargncr tout chagrin et toute re$ponsaomte»
•Je préférai par cette raison de me rccdte dans nioa anciea logement ^ où; je |u$ reçu à bras ouverts pape Vhoieji et conduit dans la ipême chambre, que f avais occupée , et où qn autre infortuné avait logé depuis moi^ Je fis annoncer ^ mon arrivée au gouverneur par le
liragon , et changeai d'habits fovtt le suivre immédiatement.
Le Courier qui venait me prendre et qui s'appelait Carpov » demeurait dans la même maison que moi. Il était sorti y et il me fallut garder sur le cœur les questions intéressante^ et empressées que f avais à hii faire sur ma famille. Je volai chez le gouverneur.; je le trouvai, comme la première fois, dans son jar-' din. Il me pressa contre son coeur, et ses yeux brillaient de la joie la plus pure.
Ma première question fut de m'informer des miens. Hélas , il n'en savait rien , et cheréha à me tranquilliser par mille raisonnemens spécieux. Il me montra loucas qui me concernait, et qui contenait en peu de lignes' un ordre éait de la main du procureur-général, qui lui enjoignait de remettre tout de suite en liberté le nommé Kotzebue commis f sa garde , de le renvoyer à Pétersbourg , et de lui fournir aux dépens de la couronne, tout ce qui pourrait lui être nécessaire ou agréable. Le courier était, en outre, chargé de payer pour moi tous les irais de la route.
En conséquence de cet ordre, le gouverneur me demanda ce dont j*avais besoin. Il me restait encore quelques centaines de rou-^ blés , et je n aurais rien demandé du tout , si je nejisse» craint de passer pour fier, et d'ir-^
riter Ytxiijtettnt en rejetant avec ane^rte de dédain ses ofiBres généreuses. Duii autre côté ^' je craignais de trap demander, et il m'importait tout autant d éviter le soupçon d'unpudence que celui ^nn^aiencix» Le gouver*' neur entra dansoito scrupules. Je ie priai de massister de ses conseils , ' et il crut quea demandant trois cents. roubles, j'observerais un juste milieu. Je m'en tins-là , et je n'eus d'autre vœu que . d'être expédié dans deux heures. En vain le gouverneur me soUicita-til de passer quelque tems à Tobolsk j je lui répondis un jeu vivement que je regardais comme un vol fait à ma femme chaque heure qui ne me rapprochait pas d'elle. Il se rendit à cette raison , et se tournant avec émotion d u coté de son amie, il lui expliqua en russe ce que je venais de dire. Il promit de donner ses ordres pour accélérer mon départ , et o&it de me faire rendre ma voiture. Je l'en remerciai , préférant de faire le voyage dans un kibik incommode , plutôt que de m'arxêter à chaque instant pour faire des réparations en chemin.
Cependant je ne fus pas expédié aussi vite que je. l'espérais. Le paiement des trois cents roubles , auxquelles j'aurais retioncé avec joie,' «igeait plusieurs formalités. Il fallait que le gouvernement écrivît à la chambre. Celle-ci «était, rassemblée que jusqu'à midi. U était
( H-X ttbp tand: pour ce* iotic-là ^ il* fidlttt bien ne xésoacbe À pasiflr k^sniit à Tt^bolsk.
- Je dînsd chflx le gouvecoeur, et &t rok «nanhe mes boaa amis Kiniakoff, fiecker et VeaKceUent Pderaoà ^ oui toas me leçutent avec les csmesskms de h flm sincèoBamitiéw A la fin t oe letotu xkex moi ^ ^ trôuv^M^ moa: cïxuxietj ^lû oe. pot xien m i^ppcenase xelati-^ ▼eoiem à ma femMle.. Llmimnion. paxdca^ UcsB <]UQik lui avait donnée, çt qn U me. fit lir€^ ptouvait à la vérité quotn ciatt parbîte** znem CQinYaincii>dcmon innocemxàFéicrs^i fabure* paisquon le cfaaieeak expressément
et de me traiter wsaJae udawoistwre ^ c est-à-dir&de faire tom ce c^tii pourrait m'éira agréable^ On avait mal t±oisi son bommo potir parvenir à os bur* M.iCarpov était io jeune konune dli monde le |^]sts,iiial élevé er le. phis .maussade 9 aimant ses abes et pares^ seux comme un cbien.gaté, ne ^'embarrassant de rienv î^* hii était par£dtement indifférent que nous avancions vite ou lentement^ iijae pos-c sédaitpas même le talent si ordinaire atoc gens de sosiespècede presser les màxtces de postes ctJes postallems par des. airs et tm ton de supé^ riorité;. par des menacées et des jnreiçensU'Oii remarquait tovûi de suite que cétait; iare.ct* JtreaiiueJiicasseSe dcms de la neigèt;^:son fiegme impenujdbabl& aiphis dnJoe^&ib poussé
ma
ma patience à,-bo.ut. Du reste , bon en£int| ci-devant garçon apothicaire ^ qui aurait été parfaitement propre à remplir un poste pfès du poêle , et à manger les tartines de beurre que madame sa mère lui aurait faites. Il était trèsr faché de nq pas pQUvoir se reposer et se choyer encore quelques jt^irsà Tobolsk. Avec cela il me parut assez difficile à contenter du côté des finances , puisqu a notre preniière entreT rue y lui ayant fait présent de cent roubles , il parut que çette.somme ne remplissait pas son attente. ,
. Pendant toute la soirée ma chambre ne désemplit pas de gens qui venaient pour me féliciter , et dont les uns . m'étaient connus » les autres inconnus. Le gouverneur lui-même me rendit visite ^ et toute la ville s'acquitta à rènvi de la même politesse.
Ce fut la première fois en $ibérie que j'o dormis d'un sonimeil doux et uanquille. Je me réveillai de bon matin dans la douce es-
1 gérance de partir dés les neuf heures \ j'avais oué une barque à cet effet , mais hélas ! je me vis arrêté jusq^cs vers le soir , avant que l'aP faire peu importante des trois cents roubles fût arrêtée , signée et conclue. Je dois peut-être regarder ce contre-tems comme un bonheur, car nous eûmes pendant toute la journée de violens orages, qui auraient pu m'être funestes pendiuit ma navigation, je tirai de ce délai
«ih second: avantage vf avais confend pat cotoi^ ^iaisance a me charger da fils d un tailleur allemaind ^ et de le prendre avecmoi jusqu'à Pétersbourg en qualité de domestique y on m'avait caché que ce jeune fao^imeionibait du haut-ndai *, et jeus^ eu en lai iin com^
EagBonde voyage trcs'^érèMK 5 si mon plus mg «éjôur àlobokk ne m'avait mis aa lait
de son- infirmité* •
1" - <Ce fut pounaait bien malgré jnoî- que je
dînai Qt soopai encore -dans la compagnie de
mes amis de Tobolsk, Vers le soir tout était
et , lorsque ia pluie- et lèvent m'obligèrent
m arrêter encore quelques hpures. Je fixai
nion départ a trois ^lem^es du matlQ, et. me
jetai tout habillé sur le lit.
^ Je Cus le pemler éveillé» ou pour mieux
dire, je n'avais pas fermé l'œiL Au point du
)^ik\ j'étais sur pied, et fis lever mon pares^
$eux compagnon de voyage. La tempête avait
pitutot au^enté que diminué ; malgré cela je
lie pus me résoudre à attendre pU» long-tenH,
A quatre heures nous' avions gagfié le rivage
de rirtisch , et je vis avec des transports de
joie qu'on chargeait ma voiture dans la bar*»
îque ^itée. La navigation ^Eis^t-ellev dange.-<>
rèMse } demandai ^ je au pilote. Elle ne le sera
pas .extrêmemônt, répondit - il. (ne otschea
àpasno. ) Ce paSicJttrémement n'était-gaèrcs
consolant ^ néanmoins le désir $urmon}ait..d9
beaud&ap lâ 'Qtà\nxt\ et quoi <}àe met cohipft* gflbpns pu^^t ^ir&, y^ \^ fit païtir* ,
Mon italien Rossi- m*avait suivi jusqu^aii jrivlig«. U >|>f i^ii^-to^bâ $n^ p^nam congé de ifiei ^mais sVwi^T'fm^lÎQn %iéxnxx pas-feinte ^ ^ie nç ptd^^^emkjia^j^padfcoitçaeat cps^ de ta: 4^efux qi^!U ày^thdQtkQ^uscime .voi^ à la^vemci-cat qu^iqdier^tKiitire'^sofi gage cohvena » jeluieusi^e fai^^ ^n ip9J:ta«it'^tt^ pirésem asseï^
eoai^??©t'j»iWi pfifie*^ahtp»u> quiLarait p^^éf ft iîQiSv^lwéficii âyqo gai© Je peu dc^ mpfiûi^<\\» )e:f!psséda^ Je dis.panTâg^'.air pied ^ |aij[çl}i^, 'car il ï\ç m avait laissé exae* târnetijt qûë k| s^pttié do t4>at , au point d avoir ço^pé en d^i|x.< un.dfap de Ut que favais. Jo Ikiâ: ^(Hil^ai^ :d^.goûter àiir ce drap un repos 4ouiK^eit ^stm<{mat\^ tk ^ n'en doute. pa$i
le faible de cèt^-eipiit foctl '^ ...
;' A 'la dn^hqUa dérîyâmesj'.ct fe joie avec laqUç)j£ je visre9.1l rerii^ir l-intervallis enivre lo «ivag^ et naeî y est in^fffiinable. Mes yeius étfiîefMi Axés sur lavlUequi s'éiàignallde 01614 ^m coS'i|i.assei de mabofis qui cH^tMicats^teat pei%4r^e^ V: $t je. f^ite -s^&is abandoDoé ipéH^. daht un couple d'heures à ce.spéctat^fe à-lan icKssi'^telbdrîssànt etii déKctéi»^^i la tempête loi^urs €fOissa«t , k mottrè^iaent impéic tueics;iftf9..V9g^es çt die .tetl>arque » et les cdl
C 18 ) du pilote et des matelots qui sentré-répott^' daient , ne meussent tiré de mes douces rêveries.
Tant que nous nous bornions à passer sur les campagnes inondées, tant que non^ pouvions côtoyer les forêts , tout allait assez bien \ mais quand il fallut se hasarder en' pleine mer-(qu'Qn me prdonnecene expression) on croiser lés sinuosités de rirtischet duTobol , le danger de« vint éminent ', la barque étalh balancée d une manièreaffireuse, les vagues y entraient à tour moment, il faUait puiser Teau avec son chapeau ou autrement. Personne ne pouvait se tenir deboutsans risquer de tomber dans i eau, et je vis le moment , où voulant'croiseï lé Tobol , et prêtant le flanc à la tempête, notife barque allait chavirer. La veille; il s était passé un accident pareil. Ce ne fut qu en nous jetant tousà-la-fois' du coté opposé , quevious maintînmes Téqul* libre, et échappâmes' à là itior t.
II y- avait , d'un autre côté , des bas-fonds où Ion distinguait llierbe des praif i^ sur lesquelles on passait , et où souvent la barque louchait. Il fallait alors que les rameurs en* trassent à mi-corps dans Teau, pour la remettre à flot , ce qui exigeait souvent bien À\i tems et de la peine. * i ••
- Enfin, après une navigation de plus de sept heures, nous arrivâmes heureusement à l'autre rivage^ et de-ce moment toute fatiguei
5ur éau fut surmontée ^ puisque toutes^ les autres rivières sorties de leur lit ^ qui mavaietn tant incommodé pendant mon premier voyage, y étaient i^^ntrées. hsi sombre Sura ^ la belle Kama, le majestueux \(^olga"^ la rapide "Wiatka , toutes les rivières en un mot étaient retournées dans leurs anciennes limites, comme si elles n'eussent voulu opposer aucune entrave à la rapidité 4e ma course. ,
CèpenaajOt an nouveaurxlftiig» mo menaça peu avant mon arrivée à Tiumeïu Je me semis jnalade , et même très-mal» J'ignore la cause de mon accident , mais les syxnptomes en étaient tout nouveaux pour moi* J'éprouvais des commotions si violentes , qu'il fallait aller au plus petit pas, même dans le chemin le plus uni. Je n'avais malheureusement avec jiioi que.de la' poudre de limonade. Mon' bon ami -Peteison m'avait à la vérité offert àes Remèdes , mais dans l'idée où fêtais que dans un voyage aussi délicieux on ne pouvait tomber malade , j'avais n^ligé cette précaution. De plus , je n'aurais su quel remède prendre , puisque Je genre de mon mal m'était toutrà-fait inconnu* U ne me restait que la patience, et ce qui n'était. pas propre à m'en donner , c'était l'idée qui me tourmentait, 'que , si près du terme, je- mourrais peut-être Mns avoir revu les miens.
On me traîna jusqu'à Tiumen , où nous
atrnâm^ f «{Més-mkH. Mon Irduri^^ mè cent" .sàtiBf à*j tm^tletttûi cpxil hlhit ipent mè x^mem^i et 4^ -^m^ «ôlgh^r ^ maïs je ni*op •posai: à^oatiiléiai. GcmrntàM mé iëipi^ à ;.Tiiuneiik <jtiet5«5côa*pÔavaM-^Je fauéiAte'^ ^n chieutp^n : ignorant m^eût ''traité y car H. ny uyalt poiist de iitédècin. Je ftéfêcai à ^m iiasaoi <k emtimi^ 4Vià ^eùte. Ne tdo^ «chais-je pas aux fromière^ 4^1 hb^ Sibérie ( Dâ jmaiBfi^t«nhi!^[^Ijffiôtiyif«h'4ê(^ 'de-lib terre ^de Oïon iixil'i ' ^ ' \
Nous DCkSKS i^ratmes eii nffarclle $ fnaiâ fnél •dDidems migmentètcnt biehtot âu^ point qiilL la pQste^fùvântB je ne pus plus -siipporter le mouvement du çharriot , et qall faillit passer ja nuit dans un misérables Vi^a^é. Câait te soin Je me fis pr^rer, du mieux qu'il fut «osdble, une couche danis mon kîbîk , e^ ^-essayai dedotmir. Je né le ptïs ; m^» si mes tlouleurs men eftif khèrei« , eBes^^rtielWcèfeM lie defnierctomfeati et fen sort» vaihqtiéûar. La ^rise fut l<«îgue et violente ; ^e lui dois peu^ être [abonnesantédôft! fat joui FbîVer passé, 1er qui fut beaucoup mciliecHce que- J)ènd^ît
. Le lendemaîft mâtin je fus ^^éfeàt^quoi-
^uextirêmemcftît faibie ^ dfe continHcr moto
^voyage, et à dix heures du mâtin je revis , att
' milieu "d'une forêt, la lîitihe ou lèpoteaii dtt
îgotwerne/ïïent cte^Td>plsiç , que j^VaiSl <oâ-
(3t) sidéré en arrivant avec uû sencment de «œot Inexprimable.
A -mon premier voya^ <m m avait fctt mii» en qi|ittaÈnt Mosk6u , d'acheter quelques i>out^les de vin pour me fortifier* Je cboisi^ dil Bourgogaet U coûtait quarante roiibles U bouteil^. Letat de mes finances û$ me per? aietrant. pas^de grands-excçs, je me bornai alors à trois bouteilles ,' dont je ne me servaia que par un principe de santé. J'en avais vidé deux à mon arrivée à Xobolsk. La troisième m'accQmp£^n.a à Xurgan, J^ la conservais précieusement comme un ttésot , la destinant a/céiébrer le jour de l'arrivée de ma femme* Âujourd'liui , à la face de ce poteau indicateur , je l'ouvris à l'aide d'un tire*bouchon dont ma- bonne mère m'avait fait présent à Noël , et dont je ne m'étais pas encore servi v j'en bus à longs traits et en versant des larmes de joie , quelques verres -, j'en fis boire au Courier , <iu postillon , et je brisai la. bouteille vide contre le çpteau ; après quoi,, le cœua: léger , et comme- si je n'avais plus rien à craindre , je m'écriai ; fouette, cocher l
Plus ma santé se fortifiait , plus ma bonne humeur revehaît^et plus je bâtais mon voyage» Cependant j*eus deux difficultés à combattre* D'abord, mon kibik était çn très -mauvais état. Je l'avais acheté vieux , et il . m'avait servi , en y comprenant les» deux.voyagçs de Kurgan , à faire près de quatre cents lieues.
D'heure en hçure il se détraquait et craquait davantage*, de moment en moment il me fhenaçait d une tShtière dissolution. J'avais plus de dix fois été obligé de faire arrêter en chemin pour lé raccommoder, et je Voyais l'ins-' tant où je resterais en route. Je me décidai donc à labandonner à la première station , et à me servir de kibiks de poste, quoique de toutes les voitures imaginables ce soit la plus mauvaise et la plus incommode. Ce sont des chàrriots rarement couverts , trop courts pour qii'on puisse s'y étendre j .on en change à chaque poste , ce qui obligé à charger sans cesse et à décharger le bagage. En vain , dans les nuits fraîches , s'est-on fourré jusqu'au côu dans ses lits, à peine est-on un peu réchauffé quilfaut quitter la place par quelque terns qu'il fasse -y ou s'il tombait de la pluie , les lits se mouillaient, et au lieu de réchauffer le corps , c'était au corps à les sécher comme il pouvait. Il faut une constitution de fer pobr siîpportér un pareil voyage. * ' *
. Mon Courier me fit routes ces représentations j il souffrait trop lui-même de ce changement pour nç pas employer toute son éloquence à m'en dissuader. Mars j'avais calculé que nous perdrions peut-être tout un jour et davantage, si 'mon kibik se brisait en chemin.. La possibilité que ma chère Ghri^ tinéfût malade, et peut-être dangereusement j
.< 33 ) ^ respérance ^ue mon arrivée pourrait Itii rendre la santé , qu une heure plutôt suffisait peut-être pour la rendre à la vie^ cette consi* dération triompha de toutes les difficultés. Je m'informai, à la station prochaine, de l'homme le plus pauvre du village., je lui fis présent de mon vieux kibik; et voila le premier obstacle heureusement levé.
' Le second était plus difficile à surmonter^ car comnient m'y, prendre pour donner de la vie et de l'activité à mon automate paresseut de Carpov. Tout était inutile, présens, menaces ^ railleries , reproches \ son indolence était invincible. Toujours bâillam, toujours dormant, touj6urs du tems de reste. On a^yait jcboisi , sans doute pour mes péchés , le plus lent , le plus lambin , le plus lendore de tous les . cour iers, monté à cheval sur un limaçon, et fait pour me désespérer.
Dans ce besoin je vis paraître, à ma grande joie, un ange libérateur. C'était un autre cour rier, nommé Wassili Sukîn que l'empereur avait expédié à toute bride,de son antichambre pour délivrer un-' marchand que le prince Potemlcin, alors tout-puissant, avait envoyé en exil il y avait 8 ans. Le courier qui était arrivé à Tobotsk,avant mon dépàrt,y attendait son prisonnier, relégué, si je ne me trompe, à Pelim, éloignée d'encore mille v^erstes , et ils ne purent partir que quelques jours après moi. Le masr
icband ëuitt arrivé à Tôbolak ,' ks jfdmbes: eti^ Àées et couvertes <ie piàies v mais maigre Cè triste ét^t en le délabrement dt ssk santé , fimjiatîeRce lui dôftlia des atles ; îl sa mk en f oute I «I grâces à la paresse de mon aiftiabla Carpo^» il nottfi re|oi^it dam k voi^imge 'd^Ekatarinaboiirg.
De ce moment tout alla ^^ucoup plus vîte cl beaâcotip mieux, Ni^aisstH Suktn étaât^un ^une homme vif et actif, qui soignait lui-» même les relais, qui , serviaUe et ferme lois^ qu'il le fallait^ prenait le fbuet en maiin , et savait faire avancer hoïiimes et chevaux. Caiw fo^ se voyant par là 4échargë\k toutisoin^ ^n»vait qua le survse. C est ce qu'^i tie faisait pourtant jamais «xacMment 3 etnousaorivionB toujours un quart d'heureplus tard à la station» Alors nous trouvions nos chpvaux^tout prêts ^ et c'était ladaire d'un momeni. Stfns les sen» vices que le jeime Sukin ma nmda$>, lèverais arrivé huit jours plus- tard à Piéters^ourg,
Encore un mot «oôchànt le ïitài!(chana ipasss 4| t'il accompagnait. Cet homnM avait éti podradschick àt la ^emovmit ( on appdU ainsi ceux quî se chargent, pour uiiescunnie déterminée, de livraisons ou de bâtimens.) Il avait amassé de grands bieos^ et possédait une maison à Pécersëoura et une autre à Aleskou. Aigri par des délais inutiles-, fKur mille chicanes ijuon lui suscitait^ et par def
(if)
paiemeos 9ttiéxé$ pwr la faute <la ftîntç.V^ teirikin, il s'était permis , dans lanUcbambre même du prince» des propos inconsidérés, et avait tout de suite été transporté en Sibérie^ après, ou On lui eut t<H|t enlevé, |usaua S4 pelisse* il &tt ce qu on a{^lle oubjUè à relim ^ au fond de la, Sibérie , où il gagnait misera* Uemeot son pain # çn travaillant comme lei plus vil m9S\is\Xinf^ ; on lavait même , à ca 4]u'il psétendait, fait passer pour mort sur un capport. Son ravissement en fat d'autant plus grand ^Jorsqu on lui apprit sa liberté. Ilieno-* sait compiètenieet par qui et comment lenv*^ pcrcur avait été instruit de son innocence et de son existence. -£n part^^ il n'avait osé voir ni sa femme ni ses enfans » et depuis il n'en avait point eiitendu patler, qon plus que de ses^biens. Qu'op s'imagine le désir qui le pccâsaitds iesxeiroii:. Quoique vi$u^ et faible 5 quoiqiic^igé i cbaque posta de faire pansor ses janibes» H tiavanç^ît jan^mis ià&s^% wm à ^çn gré, et on ne peut pas lui roproç W 4 avoir jamais retardé Tittstant du^ départ^ ' Le 1 5 Juillet nous arrivâip^, à Çkatariaalsoui^» et.jQtous y prîmes qii^elque relâche, JTy achetai plusieurs pierres hnes de Sibérie dans iafabdquea tailler et à polir les pierres, où elles soat à tms prix. Je les destinais à mes, deux filles poui: s'en fai<;e des colliers ^^ (]iii^ pasçecontd^dlesàines derniers neveux^ j^ mé^
ihoke'du plus malheordot évènemœt de k vie de leur père* .:
' Je faillis c]aelques |ours après, en passant par KungUr, ville très-mal pavée, y perdre la vie. Nous descendions d*une hauteur au grand
Jralop , l'essieu rémpt, le kibik est renversé, es chevaux continuent à courir , et ma tête est tratnée sur le pavé. Mon chapeau nie fut dun grand secours-, maislayant bientôt perdu, î*eusse infailliblement péri , si un grand nombre de paysans que la foire avait, par bonheur ^ attirés dans la ville, n étaient parvenus à se saisir des chevaux ef&roucbés. Encore cinquante pas, et ma tète était cassée. Au liea de cela j'en fus quitte pour quelques fortes contusions* Le postillon avait plus souffert ^ et Saignait beaucoup* Il n'y avait que mon impassible Carpov^^ , qui , assis sur le Bord, du kibik , les jambes pendantes , était tout de suite tombé mollement dans la fange.
Le 1 8 nous arrivâmes à Perm , ou je fu^ loger cher mon honnête horloge {losenban^, et reposai tranquillement mes membres fatigués sur le même sofa , sur lequel deux mois auparavant je m^étais agité dans mon désespoir. ^ - -
' Le chemin de Perm à Casan ne m offrit aucuii accident , et ma bonne humeur ne fut altérée que par la vue fréquente des bannis que iKm renconuioûs çn route» t^ unséts^ient^*
comme moi 5 dans leurs propres; voitures ^ (Tautres dans des kibiks découverts *, d'autres ^ ( et c'était le plus grand nombre ) enchwiés deux à deux , à pied , et escortés par des paysans armés 5 qui se relevaient d'un .village à Tautre. D'autres encore portaient au tour du cou une fourche de bois, dont le nianclié leur pendait sur la poitrine et jusqu'aux genoux 'y on avait pradqué deux uoos dans ce manche 5 par lesquels on avait passé leurs mains de force. Ce coup-d'œil était affreux* Tous ceux qui faisaient le chemin à pied demandaient 1 aumône» et avec quel plaisir je la leur faisais, moi qui retournais delà captivité l moi qui volais dans les bras de ma famille ! • Je rencontrai aussi de grandes troupes de Colons 5 destinés à peupler la nouvelle ville que par ordre de l'empereur on bâtissait sur les frontières de la Chine, Les grandes per- ^nnes allaient à pied, les enfans étaient juchés sur des charriots parmi les caisses et les ballots 5 les chiens €t les poules. Je n'ai pas remarqué l'expression de la joie et de l'espérance sur la figure de ces colons.
' Le 2 2 juillet à midi j'entrai dans Casan y )e logeai dans une trè$*belle maison , destinée aux festins publics, chez une hôtesse douce et obligeante. Je ne négligeai pas d'aller voir mon bon et honnête Justifey Timofcitsch dans sà maison peuplée de taracanes , et de
le remercie^ encore de son ancienne hospf-^ talité. ' -
Ce qui m'engagea principalement à passer ic reste cfe la journée à C?:ssan , ce fat une eotisine germaine de ma femme ^ qui y€st mariée, et à qui il m'importait de. parier ^ parce que sachant qu'elle correspondait avec sa famille d^Esthonie, j'espérais par son mo^n éaimer l'impatience de «ion .cœur , et ap^ prendre des nouvelles de ma chère Christîiife* J'entrai en tremblant dans 6a maison , elle m6 re:ut à bras -ouverts, mais hélas ! pas un mot de consolasion, le sort des miens lui était inconnu. Un de seis frères vcjtiait à la vérité de luiécrîreetde lui cofnmuniqiier plusieurs nouvelles de famîllej par exemple, que la baronne Deliingshausen , sœur de ma femme , sî préparait à partir pour l'Allemagne , mais de lar bonne Christine, pas une syll«d>et Si ce tné^ chant avait su quel sentimem amer et dou-^ k>ure<«x son siletKe me causerait , il aurait safi^ doute surmonté tm scrupÉte poussé à l'excès v 9 aurait dan$ quelques ligries insignifiaDtes" pour tout œil étranger, et sans faire menticHi' de mon nom alors odlieux , é&\t siisiplemefit : nôtre cousine Christine est là ou là y elle sie porte bîeri , elle, vk de telle ou'telle manièrev IH n>cins pouvâîs-)e cotijteGttirer de sa lettre qu'elle n était pas morte, ca* voilà , me disais-' je^ ce qu'il aar«iit du- tnpins osé éa?ixie» . -
A mon arrivée à Casan , je jouî« d'une suf^ piisebien agréable. Tout le inonde, connu» €t inconnus , Ailemands , Français » Russes, «ccoiirurent k-^ l'^envi , par un seniiment àt ^coriosiié. -et d'Iiltér^ , et s'empressèrent tou$ à me donner des marques de leur bîenvdl^ iaoce; ils avaient ^pprîs^ il y a deux mois,
3ue je passerais par leur ville , et » étaient onnë beaucoup de peine pour me déterrer î mais en vain-, mon aimaUe conseilleur avait trop bien pris ses mesures. •
Casan est une ville grande , peuplée,' riante et bien bâtie. La douane ne le cède guêres à celles de Moskou et de Pétersbourg, pour la grandeur de remplacement et le nombre des jnarcliandlses. Lantîque forteresse des khans de Tartarîe, détruite pr Iwan ^àssîlewitsch, se présente du haut de szs rochers cf une ma«^ liière imposante et pittoresque. ElIt^ est d'une grande étendue, et une partie dé^sès ruines a été rétablie et sert de demeure au commandant de la ville.
, Les étrangers habitués à Caçan sont so« f:iables,<et il rè^i;ne parmi eux un très-bon ton. Si j'avais à établir mon séjour dans l'intérieur de la Russie, c'est je crois, cette ville que je ohoisirais de préférence.
A mon départ je me vis accompagné par unQ. demi - douzaine de voUuj;.e& et à&
droschkas (i ) jusqu'aux bords du 'Wolga, , ui , à mon premier passage, baignait les murs e la ville, mais qui alors était rentré dâns^ son lit, à sept cernes de là. A-Casan f'avais acheté un kibik pour continuer- ma route avec plus de commodité.
Au-delà du "^olga, Carpow^ me montra la }}lace où il avait rencontré mon conseiller et Schulkins, que la nouvelle de mon rappel avait étrangement surpris. Le conseiller sur-, tout regrettait beaucoup de n avoir pas pressenti ce tour favorable que -mon affaire pren^ drait. Apparemment que ses regret ne partaient pas d'une source bien pure.
Entre Casan et Nischnei-Novogorod , je vis à tant de différentes reprises ^ des deux cotés du chemin , des groupes d'hommes armés ^ assis autour d'un grand feu, qu'à la fin la curiosité m'engagea à m'inforn^er de leur destinaûon. L'explication qu on me donna ne fut pas des plus consolantes : c'étaient des paysans qui faisaient sentinelle pour couvrir la contrée infestée par des brigands qu'une foire considérable dans la ville voisine de Makaiiovr ( i-) attirait en foule. Quant à moi, je n'ai rien
(i) Espèce de petite voiti^re. C'est un banc découvert , cç fouyent rembourré, posé sur quatre roues.
f t )s Le géographe Busching se trompe , en faisant de .Mâluiriow un «iuiple couvent 9 «c aot| une vUle« '
VU ûi apperçu de suspect. En général , quand on rencontre. pour la première fois la poste dans ces contrée ^ on est tenté de regarder les clfêmins comme peu sûrs. Le kibik^ sui lequel se trouve le courier de poste 5 est toujours accompagné de quatre à cinq paysans armé» de fusils et de sabres, qui trè^-souveht ont peine à le suivre. Cette précaution ne se fonde pour* tant que sur un ordre de Paul I., en consér qûencé duquel chaque gouverneur est- renduresponsable des vols de poste qui se font dans 1 enceinte de son gouvernement. Il est naturel que les gouverneurs, sur-tout dans les contrées peu habitées , prennent toutes les précautions nécessaires à ce sujet ; cependant Tordre me
Î)araît dur, puisque dans un pays où des brêts immenses servent aux brigands ds^ retraite impénétrable, toute la puissance humaine ne suffit pas pour prévenir et empêcher leurs atteintes. ^
En approchant de Nischnei-Nowogorod , mes yeux furent réjouis par la vue de deux objets dont j'avais été privé si long-tcms ; c'étaient lés premiers cerisiers et les premières ruches d abeilles. On sait, mais on ignctre pourquoi; on sait, dis -je, que dans toute la Sioérié il n'y a ni abeilles ni écrevisses* On y trouve tout aussi peu des arbres feuitiers j et voiR pourquoi je fus à peine maître de mes transports lorsque je revis mes anciennes con?
(41) Mis$a)iee$. Me voilà en Europe ^ m'écriai -|6'; tïit Voilà pfc5 de ma patfie ! '>
' Entmîné pat ce àôiix délire, je voôliui dtnct à leuropéenne à Nischnéi; mais pour toute 'aui>erge 5 il ti y avait que de miséraëltes kabakas tusics, et rien à manger. Je tt^ tourûai devant la maison du maître de poste ^ erme préparais à manger mon pain et mon fjK>mage dé-ns^môn kibiK , tandis- q^ue Sukiti tntraït pour, presser Tairrivé^ des reiaîs. On tpprit de lâi qui j'émis \ ei tout de suite un . diDinestique de la maitressed^ poste m'invita
{joliment à dîner de la part de sa danie« Ma ongùe barbe, mes cheveux en désordre, m« robe -de ^chambre déchirée; que de raisons pour m excuser 1 point '<i'excuse ; on revint à la charge , et madame me fit dire que \t dînefais seûldans ma chambre, et quepef-^ sonne ne m mcommoder^if.
Je ne pus résister plus iong-tems à des
instances aussi polies, «t mon estomac, mai
^ nourri depuis plusieurs jours, me conseillait
* d'accepter» Je sors de mon kibik et j'entre
dans la maison , à*pea-près dans 1 eqnipage
dj pauvre Tom dans le Roi Léar.,On »m0
; conduit dans une chambra élégante , où j«
trouve une petite table avec un couvert , ^
où on me laisse -seul pendant quelques mi«
nutes. Au bout de ce tems , une jeune dame^
belle etbrillanté» l'iiâtesse 4e la maison ^ entro»
màdriesse la parole eii aUéma^, et etcu<ls ^m IfidisèrëHori ]^ar le desîr ^rême ^«elte 'll"ée fkir^ nki'confiftisiiancer -' '
i: '^Qdoîqae ' gta« J àcîôrateur ^u- ièàu sexe*, ^4VoU9 ^«ê 'cette àppiMfîMop mfe, |etii <lan$ te ^liS gran^ embatrasw J*êtâî« vfe-i-vte d*dJe>5 ^dottttne D^qgèaé vîs-4-vÎ5 d' Aspasîe, Toute i'afiiibiHté ^-sés manières tt« pui f l[inportér 46ur ta fàUfïsé honte qui sétak «mpanfée àc ^moi. Je me-<entaj& amanti qmniÉ mes^ yeuâc «e portaient suï ma vieille vc^e^d^-tbarhbre-» 4>u, qal/j^o&^t, tombàiem $ur i^ mir^ii:* Que devins -je, lorsque peu-à-peu toute la cliambte se fempllt dhofnmes et de femmes '•de la première disHnction , allenfiands et russes, ^ùl tous m'abordètent avec la p\us grande ^loiitesse , au miHeu -desquets fêtais assis >, "inàngeant seul ^ôhvmt un roi de France ou' d'Espagïie, quî'tàtttàt me^ô>ucbaîent par Te*- |)res^ion ^it plus tendre intéfèt,jantot me rendaient confus à force de louanges flatteuses, et finirent par aller chercher lèpre* mier y^luAie de moti théâtre, pour compiEirf^ mcm portrait avec foiriglnal à longue barbe. ' Quoique tnon estomac et- ma vanité nt manquaMem id d*àKment ,'rrt au propre ni mu ûgtité , ) avoue que ce né fat qu'aptes êtpe •m«ré dans mon kibik , que je savourai la douceur de cetfe heure. Ce ftit- là , ^^ime4 mcoùyttfit^y<jm U {ow^ftir de cette scèno
< 44 ') •eriginale et Unique, sur les fconUèces de TAsIe^ dans une contrée qui passe pour rude et sauvaee, toucha et chatouillai mon cœur. Trouver .à Nischnei- Nowogorod des amis d« ma muse-, qui s'empressent à me servir , à nie consoler , à m'honorer , parce qu ils voient ea moi une vieille connaissance ^ un ancien ami^ qui depuis long-teips a gagné leur aîFectîoa et leur coeur ! Je préfère cette récompense à tout Tençe^s des journaux , d'autant pi us qu aujourd'hui (j'ose le dire) cet encens , brûlé ^a .i honneur des poètes vivans^ est rarement pur et désintéressé.
Un seul danger me menaça encore sur la route de Nisçhnei à Moskou , et je puis dire que je n'en suis échappé que par ma vigilance. J'avais passé quatre nuits sans dormir^ de sorte que vers le soir par une pluie battante y je résolus de rester dans un^village jusqu'à là •pointe du jour. J'ordonnai positivement , que les chevaux fussent mis à quatre heures, et non m'éveillât tout de suîte.^ Je fus éveillé ■;
me parut même , en regardant du côté de la fenêtre , que le Jour commençait à poindre^ et je me jetai dans mon ïcibik* Wassili Sukîn et son marchand prirent les devans , je suivais immédiatement *vUn jeune garçon était leur conducteur , le miçn utt homme à barbé noite. et dun regard sauvage,
£n sortant du village je m.'app^çus que la
(45 ) cl^tii que ; avais^prise pour celle de laurore ,' n'était, autre chose que la lune. Je tirai ma montre 9 il était une neiire après minuit. Cela me surprit. Les postillons xusses sont comme ceux d'Europe , ils aiment mieux aaiver trop tard que tsop tôt ; d'où venait-il donc qu on me faisait partir trois heures avant le tems } Je me proposai de ne pas dormir en chemin ^ et nrayant rien à craindre tant que nos deux voI*> tures allaient ensemble , je pressai mon con* ducteur de ne pas rester en arrière , ce qu'il essayait sous divers prêtâtes.
' Mon chef Carpow s'était endormi selon sa louable coutume^ et tant que je ne me crus
as sûr de mon fait^ je ne voulus pas l'éveil* er. Le postillon tournait souvent la tête, et nous regardait tour4-tour. Je Iç fixais toutes les fois que ses yeux se portaient sur moi ^ comme pour lui dire i Je ne dots pas. A la fin j'eus l'idée d'essayer ce qu'il ferait s!il me^ croyait endormi , pour prendre mes mesures» en conséquence. Je fermai les yeux; lès en«tt'ouvrant, comme on peut penser , au joindre mouvement suspect de mon conducteur.) Cette précaution me parut sur-tout nécessaire y aprè^ avoir remarque un large couteau dans une gaine, pendant à sa ceinture. J'apperçus cette arme redoutable au moment où il des-: cendit de son siège pour rattacher une^vieille corde 4le trait qui s'était' rompue. Nouâ
' C40 étions sans armes, et deux coups en atrièxt^' qu il nous çib allongé sans se déranger 4e. spn;sîége^nQUSattraifMe2ipédiéon dotmstM. dans IWpc mon<iQ,i.. , ' 4 A peifle eus^ifi commertcé à jouer mon nour veau rôi^f et Mt.siufiblaôt de dos-iodi ^ qli-U* s$ rciouma de mc^colé « !et m^^obsei^a lon^ tems et très- attentiy$j[iuem* JusqUa pcésec^ ^ intimidé par mes m^ace^ et pài? ities jur^ ntens » U avait Wb^i . ^ pcési J aaufe lubik r de . ce nnoniQQt U . oomm^^a à aUet phts Jc^o*^ tement. Pour le convaincant mîeutid^âos tùemr, vaisfis im^mioA9,,î)S;ypttUisla^àr aiCtprelifier conducteur mie pe^itça? wc)e^-loïsqt**U Ssilui que celui-ci «'arrêtât pourj^tecommodet qu^ que chose aux bartiois délabrés de ses/cb^ Taux» ce qui arrive, à to6t momem dans im
. MoA postillon tairrêta. égaleiiKrnt , ^et de»^ cendjk sous^prétexte j de rattacW^r h 'j:k)cH^ttti q^ui pendaitl%« pelqumeji. it . comménçaii^ à iai&ejourvevje ^is^Âstnicl^nten^ qud^étaH Corme « • et ,qa!il iaisait $e>i|blant dp s'en- oOf çupfir .^ .p0iir miéuk obsei^^i si ^ doinisià 9U 'non«^ . •. . •••: ■"■'.: '.>
i IrPifiquilaiiiême^nr de/$on.fait; U app^a k ^isne.g^rçM! à vâbcib^e, et lui d\ti<|aelque» mute ^ueijç^netcompfiis'pàs. Jte ju^ai.« pot kivéponse tie* celui *cl, qu'il lui aVait de-;
f4t le garçofv.^ lai répondit qmoceaeut ntotf. spit^ ils dorment., . .
D^s-tlor$ . ils cp^miTie^ççrent en|i eiuc, iin kxi!^ tietien , à voix basse , qui dura assez long-^ tems^ et pendant lequeî je n'étais pas trop ^ mon aise^ Je les iaiarrafnpis tout d*ua coiip >ar un j)ucniei;t énergique ^ et ^n disant ea
:e , à mon postillon., qu'il était un coquin^» Ij protesta <lt; soii innoceiice, mais je sou-tins fort et ferme que j'avais compris toi^t ce qu'ils Vêtaient dit ^. en même tepis je fis sonner pien bfiut i'impQttance des dépêches^ dont j'/éiai^ porteur 9 je le menaçai, d'un .pistolet que ja p'c^ais pas ; j'éveillai moci coiu^ier qUp |e mi^ àu fait v^t .|ivé)ançant de mon kibi{c , je fus éveiller le marchand et \Sukin» Toqs^ fufeni; ?ur pied à l'ins^ap^t^et ma voix^ qui reteh** tissait dans la va^e forêt, en acquerrait ^ua |K>uveau degré de ioice* Tout je mpnds f clat^ ^n injures, en menaces vie fiosiilloA se ^emif çh gromtnelant sur son siège,, et continu» à mener sans regarder jftqtôur de soi.
A un vrerste de là , environ à la moitié du chemin , nou&apperçûmes deux hommes qui avaient l'air de nous attendre, car je W vis immobiles à unâ d^ti grande distance» Dc^
2ue^ n^n ppstillpn les eut aiissl remarqués , i( t beaucoup de bruit ayeçjscij» chevaux, conam^ toulam ào^m^î ^ connaître.par là que nous 4^ dccDiioAS pas. ^ipus passâmes gcaudt$aifl^
(4^) . - à c6té de leurs figures suspectes ; ils neuf regardèrent attentivement , n'osèrent rien en-treprendre , et nous arrivâmes heiueusemênt à ta station.
Je suis Intimement convaincu , ;usqua ce four, qu'il existait un jplan de nous assassiner^ ou dû moins de nous piller. Ce projet était sur-tout dirigé contre moi , et la chose s'ex^ plique tout naturellement. Le marchand voyageait dans un kibik ouvert j on avait pu voir tous ses effets en les chargeant d'une voituce dans l'autre 9 et ils ne pouvaient tenter personne. Au lieu quily avait peut-être des trésors dans mon kibik couvert acheté à Casan j j'avais la veille ouvert mon nécessaire , ou Ton avait pu voir une cafetière d'argent et d'autre vaisselle. Il ne fallait pas être grand physionomiste' pour s'apperçevokque mon Carpov n était qu une bête, dont il 'était facile de se débarrasser. On avait formé, selon-toutes les apparences , le projet . de laisser prendre les devans à Sukin et à son marchand \ on serait resté en arrière avec moi , jusqu'à l'endroit où les deux figureis ' hétéroclites qui nous rencontrèrent , étaient postées pour nous attendre. Là on nous aurait pillés , peut-être massacrés , et le postillon aurait pu, dans les deux cas , protester de son innocence. Ce qui me confirme encore dans' cette conjecture c'est que le>postillon/ dans le»
commencemens ,
f^mmencemeià y se plaçait toujotus is \à peif^.qttfil avait à fake avancer sg^ chevaur, tandis que dans la suite , lorsque la mine fot évenlée» et qu il n avait plus aucun intérêt i ks retenir , ils allèrent visiblement plus ntc que ceux du jeune garçon*^
Après être* échappé de ce dernier danger dafis une aussi longue route à ocavers tant de déserts et de solitudes^ je vis à la' fin se dé^ ployer à mes ytax , Je 2 8 juillet a midt ^ Tim*mense ville de Moskou« ^ ^
. Je m'arrêtai quelque tems siBc une hauteuir ^ pour jouir de ce superbe coup-dœiU Mats bientôt je me hâtai d'arriver , dans la douce espérance d'apprendre à ia fin des nouvelles de ma hmiiié -y et. après avoir parcouru une
Jaantité innombrable de rues , }t débarquai ans un hôtel qui appartenait à une bonne vieille Française » à qui M. Becker m'avait recommandé. Après quelques heures^ de repos 4<Mat j'avais grand besoin 5 et qu'à peine moit impatience me permit de prendre ; et après 01 être . un peu décfftssé et avoir rétabli ed moi la figure bum^ne , à l'aide du peignd et du rasoir y je me fis conduire ch^ le libratreyraizf a£r Cotat^ner^ dont M; Beckeit m'avait ^Êiit le plus gtaiid élog^ Je le trouvai vA qu'il m'avait été dépeint^ et il me reçu« awc l'hospitalité la plus franche.
. Ma première question soisla sur le ^ktM