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MONTLHÉRY-LA-BATAILLE

Bel archer, page ancien, ménestrel de la reine, qui lui chantas « ma doulce amour », cher capitaine, je te demande encore ici ce que tu vois. Enivré tu t'en tais, mais je le dirai, moi. Pour ne pas succomber à la douceur d'un rêve. Aubry du fin donjon fixe la courbe brève. Sur la saillie liant en botte les créneaux, il voit des oeufs petits dans les nids de faronde, un petit peu plus gros dans ceux de la colombe, entre eux et tout du long la blancheur du guano, el l'oiselet sauter pour montrer son courage de giroflée sauvage en giroflée sauvage.

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Mais il a beau vouloir ne regarder, Aubry, que d'une tour ailée la couronne fleurie, au vent vif qui s'éprend du haut mât plus flexible, holà ! c'est le fossé qui lui devient visible, la base de la tour en son ombreux sous-sol. Comme sous la tempête la fleur du tournesol, d'un visage plein d'yeux de rosée, voit sa tige, il voit de tous les yeux que donne le vertige, le fuseau tournoyant du donjon vriller toute la ruine du Château de Thibaut File-Etoupe, noire et qui semble bien la dent carriée du Diable, et se saoule de voir, car voir est admirable.

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Il s'en saoule de voir, oui ! Aubry s'en enivre. Il est poète, il est ménestrel : il faut vivre un peu, de temps en temps, de visions bercées. Rien n'est si naturel lorsqu'on n'est pas pressé. Quoi ! fixer à ce bout de mât ce bout d'étoffe, ce n'est plus long que d'avaler une lifrelofre, et monseigneur le roi peut bien attendre un brin. La foire n'est pas sur le pont et le cousin ne montre un nez méchant que par cent cavaliers encor bien loin perdus entre Ballainvilliers et Saint-Jacque, et le roi, quoique en brave compagnie, n'a pu gagner déjà son ost de Séguigny.

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Berçons-nous donc, Aubry, ménestrel de la reine, qui lui contas l'hiver dernier « ma doulce amour », page en velours flatté de ses doigts de velours, et qui devins par elle archerot-capitaine, berçons-nous et s'en aille errer son souvenir au gré des vents heureux qu'on nomme les zéphyrs. Plutôt laissons nos sens errer et s'épanouir et nous donner un léger goût d'éternité. L'Ile-de-France en fleurs chante au soleil d'été maints doux lieds, bois, prairies. Ecoutons la nature et l'espace et les vents et des bois le murmure.

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Venant de loin, que le murmure des bois est beau ! Qu'elle a donc de beautés poétiques naïves la chanson des grands arbres et des arbrisseaux, de l'herbe aussi, venant de loin. Comme il l'arrivé, ce chant, Aubry, ce chant des bois d'azur! écoute. Ah! comme il te vient doux et frais, naïf et beau, du bas de la colline et du haut du plateau, sur ces zéphyrs, écoute en bas, écoute en haut. Venant de loin, que le murmure des bois est beau ! Qu'il a donc de beautés poétiques naïves! C'est un bruit consolant au cœur de l'homme, dis-je. Aussi je dis, au petit cœur des h i rondeaux.

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Et je vois à présent... Non ! c'est toi, mon Anbry, qui vois (et non pas moi, qu'est-ce donc que je dis?) cette mère hirondelle en train de retenir, dans le cercle de vol que prescrit la nature, ses petits à l'essai qui tous voudraient s'enfuir. L'àme de l'oiselet veut déjà l'aventure. De même Aubry retient son àme juvénile... à peine... mais son corps prend plaisir à rester, tout ravi de humer par de fines narines les senteurs matinales de la France en été, de goûter d'une ouïe musicienne aux bleus zéphyrs et, devant qu'admirer Phébus au large rire, de reluquer — plutôt (pie vilains bourgongnons — la barre de chaleur violette à l'horizon.

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