‹ Une AnthologieChapitre 7 sur 49 · G0 MONTLHÉRY-LA-BA TAILLE · texte numérisé non relu

G0 MONTLHÉRY-LA-BA TAILLE

Les yeux sur ces vapeurs émues de l'horizon, ne croyez qu'il oublie, Aubry, sa mission. Non point! les fleurs de lys dorées la lui rappellent, qui flottant sur leur soie s'interposent vermeilles, traversées des feux de l'aurore, entre ses yeux et l'empire des airs aboutissant aux cieux, la rose aurore où vont tous ces oiseaux d'or calmes, parmi lesquels, couverts de rosée, lui, son mat, et sa volante écharpe, l'ont le jeu d'une palme féerique et de cristal plongeant à gauche, à droit, puis tournoyant avec fougue ou précaution. Ne croyez qu'il oublie, l'archer, sa mission.

AUBRY D ARGBNLIEU 161

Mais quoi, c'est vivre en dieu qu'ainsi vivre au soleil. Son àme s'élargit comme sa vision. Et sous le beau Phébus au fou rire éternel, voici donc Montlhéry,ses flèches, ses maisons, dont les toits bleus et roses, joyeuses ribambelles, sautent à qui mieux-mieux, sautent à saute-mouton, aux sons des angélus! Ton dirait, beau soleil, que des anges remuent des perles à la pelle, si les anges n'étaient ces nuages dans les branches, ces nuages au ciel encore et ces nuages se disputant des angélus les sons volages : les nuages partout se font des combats d'anges.

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Et tout joue et combat sur terre et dans les cieux. La bataille de Montlhéry, la vraie, commence. Uranus et Cybèle ont leurs bras amoureux mêlés, joutent, combattent, dans l'air bleu de la France. (Hé là!... n'ai-je pas dit qu'il était un poète, ce d'Aubry d'Argenlieu bercé qui perd la tête?) Son mât, ce mât flexible, en je ne sais quel bois, esquisse en tournoyant la forme d'un cratère, entraîné qu'il est par le poids léger du hère, et par de gros zéphirs soufflant tous à la fois. Hère, lui? que non point! Ivre de ces combats il rit, visage en l'air ou tourné contre-bas

AUBRY D'ARGEXLIEU 16!!

Que voici donc des mots pour dire ce que pense Aubry, qui, comme une libellule sur un roseau quand roule à gros bouillons d'eau nouvelle un ruisseau, à la fonte des neiges, largement se balance, haut juché sur son màt de je ne sais quel bois ! Ce qu'il pense, l'aimable archer, c'est ce qu'il voit. Et que voit-il? Chilly sauter sur Longjumeau qui tous deux réunis sautent sur Palaiseau. Trois horizons de bois, de monts et de villages, selon que dans sa course est plus ou moins plié le màt qui gire, offrent leurs jeux contrariés aux yeux énamourés du ménestrel et page,

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