ACTE I. SGE^E IIF. lÙ
De tout ce que , sur vous , je viens cVenteadre dire, De l'amour quon tous cache, et des projels qu'on a. Un valet ne doit pas se mêler de cela.
LE CHEVALIER
Bon , que dis-lu I quelle est (?ette beauté discrète Qui t"a fait confident de sa flamme secrète?
THERME
A quoi sert d'en parler? Doit-on ajouter foi Aux récits mensongers d'un homme tel que moi?
LE CHEVALIER
Ah I quand la vérité peut t'étre profilahle, De parler franchement je te crois fort capable.
THERME
c'est toujours quelque chose , et —
LE CHEVALIER
Dis-moi sans détour Quel est ce doux objet, victime de Tamour.
THERME
Lue femme adorable I unique !
LE CHEVALIER
Ah l je devine , Tu viens de rencontrer la charmante Delphine?
THERME
Bien mieux quelle vraiment! certes je fais grand ca4
De son air enjoué , de ses jeunes appas j
Mais la grâce , l'esprit ont cent fois plus de charmes ,
Et pour un conquérant dont chacun craint les armes ,
La gloire d'asservir un cœur qui se défend ,
Vaut mieux que le plaisir de séduire un enfant.
Fais-moi grâce aujourd'hui de tout ce verbiage, Et dis-moi simplement quel est son nom, son âge?
THERME
Son nom ? Vous le savez déjà , jeu suis certain.
LE CHEVALIER
Tu me fais trop d'honneur; je ne suis pas si fin.
l4 UNE AA"B?yTURE DE GRAMMONT.
THFRIME.
Aux attraits dont je parle , à cette grâce exquise. Comment navez-vous pas reconnu îa iVlarquise?
LE CHEVAf,IER.
Madame de Sénante !.,.
THERME
A pour vous de l'amour.
LE CHFVALIER.
Quand , pour elle , Matta soupire uuic et jour î
THERME
Et qu'importent les soins d un amant incommode! Les amoureux transis ne sont plus à la mode. Et monsieur de Matta , soit dit sans vous flatter, Ne peut être un rival pour vous à redouter.
LE CHEVALIER réflédiissant.
Quoi, la Marquise aurait tant de coquetterie.'... Non, non, c est de sa part une plaisanterie.
Une plaisanterie ! et pensez-vous vraiment
Que je sois si crédule en fait de sentiment?
Ah ! quand on a Thonneur d'être à votre service ,
On ne saurait , monsieur , rester long-temps novice.
D'abord ainsi que vous je me suis fait la loi
De ne croire aux discours , qu'autant que je les voi :
Moi , j'écoute des }eux.
LE CHEVALIER
C'est le moyen d'apprendre.
THERME
Et, lorsque j'aperçois dans une femme tendre , Les vains efforts d'un cœur qui craint de se trahir, •Et cet air de froideur que dément un soupir; Toutes ces ruses-là me prouvent sa franchise: Et voilà justement comme était la Marquise.
LE CHEVALIER souriaut.
Vraiment?