‹ Une aventure du chevalier de GrammontChapitre 10 sur 55 · ACTE I. SGE^E IIF. lÙ · texte numérisé non relu

ACTE I. SGE^E IIF. lÙ

De tout ce que , sur vous , je viens cVenteadre dire, De l'amour quon tous cache, et des projels qu'on a. Un valet ne doit pas se mêler de cela.

LE CHEVALIER

Bon , que dis-lu I quelle est (?ette beauté discrète Qui t"a fait confident de sa flamme secrète?

THERME

A quoi sert d'en parler? Doit-on ajouter foi Aux récits mensongers d'un homme tel que moi?

LE CHEVALIER

Ah I quand la vérité peut t'étre profilahle, De parler franchement je te crois fort capable.

THERME

c'est toujours quelque chose , et —

LE CHEVALIER

Dis-moi sans détour Quel est ce doux objet, victime de Tamour.

THERME

Lue femme adorable I unique !

LE CHEVALIER

Ah l je devine , Tu viens de rencontrer la charmante Delphine?

THERME

Bien mieux quelle vraiment! certes je fais grand ca4

De son air enjoué , de ses jeunes appas j

Mais la grâce , l'esprit ont cent fois plus de charmes ,

Et pour un conquérant dont chacun craint les armes ,

La gloire d'asservir un cœur qui se défend ,

Vaut mieux que le plaisir de séduire un enfant.

Fais-moi grâce aujourd'hui de tout ce verbiage, Et dis-moi simplement quel est son nom, son âge?

THERME

Son nom ? Vous le savez déjà , jeu suis certain.

LE CHEVALIER

Tu me fais trop d'honneur; je ne suis pas si fin.

l4 UNE AA"B?yTURE DE GRAMMONT.

THFRIME.

Aux attraits dont je parle , à cette grâce exquise. Comment navez-vous pas reconnu îa iVlarquise?

LE CHEVAf,IER.

Madame de Sénante !.,.

THERME

A pour vous de l'amour.

LE CHFVALIER.

Quand , pour elle , Matta soupire uuic et jour î

THERME

Et qu'importent les soins d un amant incommode! Les amoureux transis ne sont plus à la mode. Et monsieur de Matta , soit dit sans vous flatter, Ne peut être un rival pour vous à redouter.

LE CHEVALIER réflédiissant.

Quoi, la Marquise aurait tant de coquetterie.'... Non, non, c est de sa part une plaisanterie.

Une plaisanterie ! et pensez-vous vraiment

Que je sois si crédule en fait de sentiment?

Ah ! quand on a Thonneur d'être à votre service ,

On ne saurait , monsieur , rester long-temps novice.

D'abord ainsi que vous je me suis fait la loi

De ne croire aux discours , qu'autant que je les voi :

Moi , j'écoute des }eux.

LE CHEVALIER

C'est le moyen d'apprendre.

THERME

Et, lorsque j'aperçois dans une femme tendre , Les vains efforts d'un cœur qui craint de se trahir, •Et cet air de froideur que dément un soupir; Toutes ces ruses-là me prouvent sa franchise: Et voilà justement comme était la Marquise.

LE CHEVALIER souriaut.

Vraiment?

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