‹ Une aventure du chevalier de GrammontChapitre 6 sur 55 · ACTE I, SCENE T · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE T

MER VILLE

Sans doute.

LA MARQUISE. '

Et mon mari penserait -il de même?

Vous savez jusqu'où va sa confiance extrême; Comme il est glorieux de vos moindres succès , Et si , sur vos vertus , il se repose en paix.

LA MARQUISE gaiement.

J'en conviens, qu'un hommage ou me flatte ou m'offense, Sa sécurité va jusqu'à 1 imper Jtinence.

MERVILLE

Il faut l'en corriger.

LA MARQUISE

Je le voudrais en vain.

Ce monsieur de Matta qui me donne la main , Du matin jusqu'au soir, à la cour, à la ville , A-t-il jamais troublé sa passion tranquille?

MERVILLE

C'est qu un tel soupirant semble peu dangereux.

LA MARQUISE

Il affecte pourtant d'être fort amoureux , Et je ris malgré moi des peines qu'il se donne Pour obéir en tout à ce qu'un autre ordonne ; Car il n'est , près de moi , si tendre et si galant, Que par ordre.

MERVILLE

Et de qui?

LA MARQUISE

Du Chevalier.

MERVILLE

Vraiment?

C'est lui qui le condamne au supplice de plaire,

En dépil de ses goûts et de son caractère. Par cet étrange amour, qu i! dirige tort bien, Le Clicvalier prétend m'aveugier sur le sien. Et m'occuper assez, pour mempécljer d'entendre Ce qu'à Deiphine il dit de Taccenl le plus tendre.

MER VILLE

3Iais pourquoi cette ruse?

LA MARQUISE

Ali! j'en sais le sujet.

Je n'ai pas vivement secondé son projet; Et sans doute il me croit de ces tantes cruelles Qui délestent Tamour que Ton n'a pas pour edes.

MER VILLE

Fi donc! d'un tel soupçon vous devez vous venger.

LA MARQUISE

Vous le voulez? eh bien! j'affronte le danger. Mais que peusera-t-on d'un semblable artifice?

MER VILLE

Eh ! ne suis-je pas là pour vous rendre justice?

LA MARQUISE

Sans doute; vous direz que j'agissais pour vous; Et d'ailleurs.... mais on vient....

MER VILLE

C'est Therme.

Laissez-nous, Pour triompher du maître avec plus d'assurance Je veux, par le valet, entamer la vengeance.

MER VILLE

Combien je vous devrai î (ii sort.)

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