‹ Une campagne au TonkinChapitre 107 sur 299 · LE TEMPLE DE CONFUCIUS · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE CONFUCIUS

cours rectangulaires, bordées de chaque côté par de vieux arbres an feuillage sombre, au tronc noueux creusé par les ans. De nombreuses familles de corbeaux ont élu domicile dans ces arbres et s’y sont multipliées en paix sous la protection du philosophe; au fur et à mesure que nous approchons, ces oiseaux détalent en poussant des cris lugubres. Ils ont donné leur nom

FAUBOURG DK HANOÏ.

au temple, et les Français qui habitent Hanoï ne le désignent que sous la rubrique de pagode des Corbeaux.

Les cours rectangulaires dont il vient d’être parlé sont séparées les unes des autres par des murailles élevées. Chacun de ces murs de séparation est percé de trois ouvertures : une grande, centrale, surmontée d’un beau portique sous lequel passent les mandarins, et deux petites, situées latéralement, qui servent pour l’entrée et pour la sortie des serviteurs et des soldats.

Au milieu de la quatrième enceinte est creusé un grand bassin carré, dont les eaux verdâtres sont couvertes de plantes aquatiques; ce bassin est

entouré d’une belle balustrade à jours, construite avec des briques. Quatre escaliers à très larges dalles, disposés aux quatre points cardinaux, permettent de descendre jusqu’à la surface de l’eau. A droite et à gauche de ce bassin et contre les murs latéraux de la cour, on a disposé, debout sur deux lignes, de grosses pierres dont quelques-unes mesurent jusqu’à I m. 50 de hauteur. Ces pierres, qui sont couvertes de caractères chinois, sont terminées par une extrémité arrondie; leur base repose sur un piédestal qui a la forme d’une tortue.

Ces rangées de monolithes, qu’on pourrait facilement prendre pour des pierres tombales, sont, m’a-t-on dit, des monuments élevés en l’honneur des lettrés tonkinois qui se sont le plus distingués soit par leur érudition, soit par le bien qu’ils ont fait au peuple lorsqu’ils occupaient les fonctions publiques. Quelques-unes de ces pierres sont très anciennes; le temps, qui les a recouvertes d’une couche grise uniforme, a en partie effacé les inscriptions qui y étaient gravées.

A droite et à gauche du bassin, au milieu de chacune des doubles rangées formées par ces pierres commémoratives, on a construit de petits pavillons, dont les toits recouverts de tuiles présentent des arêtes recourbées et ornées de volutes dans le goût chinois.

Au centre de chaque pavillon se dresse un autel en briques. Sur cet autel on offre des sacrifices aux Esprits des Lettrés défunts dont les noms figurent sur les pierres commémoratives.

Après avoir franchi la quatrième enceinte que je viens de décrire, nous arrivons dans une grande cour pavée de larges dalles carrées et bordée de trois côtés par trois bâtiments disposés en fer à cheval. L’édifice principal (jui fait face au portique d’entrée est occupé par trois autels en bois admirablement sculptés. Ces autels sont vernis à la laque rouge et recouverts de dorures; chacun d’eux supporte une espèce de trône tout doré sur lequel est placée une petite tablette rectangulaire montée debout sur un pied et portant une inscription en lettres d’or. L’inscription de la tablette placée sur l’autel central porte le nom de Confucius.

Les deux bâtiments qui flanquent de chaque côté l’édifice principal sont de longs- et étroits hangars ayant la forme de rectangles très allongés. Ils sont occupés sur toute leur longueur par une série d’autels en pierre, rangés côte à côte; sur ces autels sont disposées de petites tablettes rectangulaires montées sur pied, au nombre d’une soixantaine environ. Chaque tablette porte écrit en lettres d’or le nom d’un disciple de Confucius célèbre par son érudition ou par ses vertus. Les lettrés viennent dans cette pagode

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