JEU DE LA SAPÈQÜE
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U N K CANPA6NK AU TUNK1N.
ceau (|iii convient à son go fil ou à son appétit ; il le trempe à droite on à gauche dans les soucoupes contenant les sauces ou le nuoc-mam cl il le porte ensuite à sa bouche. I.c menu a été confectionné par un cuisinier annamite des plus renommés, qui s’est, paraît-il, surpassé pour la circonstance. Je goûte sans grande conviction à deux de ses plats qui jouissent d’une grande réputation parmi les gourmets indigènes: c’est, d’une part, une sorte de pâté aux vessies de poissons qui m’a paru d’un goût assez délicat, et, d’autre part, une friture de con-rnni. Ces con-ruoi sont (h* petits vers qu’on ne récolte guère au Tonkin que dans quelques cantons des provinces de Nam-dinh et de Nin-binh. A une certaine époque de l’année, ils sortent par milliers des bancs de vase et de sable <|ui forment le bord des arroyos.
A la lin du banquet, l’interprète de la résidence se lève et s’avance, un papier à la main, pour lire la traduction annamite d’une allocution adressée aux mandarins par le résident de France. Le long-doc répond dans la même langue; puis nous sortons tous ensemble dans la cour de la pagode, où nous attendent des danseuses indigènes que le gouverneur a mandées pour nous divertir.
Ces danseuses, au nombre de huit ou dix, ont de seize à vingt ans, tout au plus; quelques-unes d’entre elles sont très jolies. Comme les comédiens dont j’ai parlé plus haut, elles sont soumises dès l’enfance à une éducation spéciale dont le but est de les préparer à la pratique de leur art ; elles paraissent très intelligentes et elles sont pour la plupart lettrées. Elles se déchaussent pour leurs exercices et elles dansent toujours nu-pieds; la partie la plus originale de leur costume consiste en deux lanternes quadrangulaires en papier transparent qu’elles portent tout allumées au-dessus de chaque épaule. Ces lanternes, ornées aux angles de touffes de fleurs, sont attachées sur le dos par une sorte de T en bois.
Ces danseuses forment à Nam-dinh une nombreuse colonie; elles occupent une longue rue, située au nord-ouest de la ville, dans un des quartiers les plus reculés. Dans la journée, celle rue est silencieuse et déserte : les maisons en sont si hermétiquement closes qu’on ne les croirait pas habitées; mais dès que vient la nuit, les cases commencent à s’illuminer à I intérieur. Des chants et des sons d’instruments de musique se font entendre de toutes parts à travers les murs en torchis; ou voit des ombres raser les maisons et s'introduire subrepticement dans l’entrebâillement des portes qui s’enl Couvrent prudemment à un signal particulier et qui ne laissent passer que des visages bien connus : ce sont de