‹ Une campagne au TonkinChapitre 136 sur 299 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

Il v a dans chaque paroisse une maîtrise où l’on reçoit les enfants qui paraissent montrer des aptitudes pour l’état ecclésiastique. Les élèves y sont admis dès l'Age de dix à treize ans; ils y apprennent la littérature, les caractères chinois, les premiers principes du latin et le plain-chant; on leur enseigne aussi à servir au chœur pour les cérémonies du culte. Au bout de six ou sept ans de séjour à la maîtrise, les jeunes Annamites sont classés en deux catégories, suivant leur intelligence et les progrès qu’ils ont accomplis.

Ceux dont les talents, le caractère et la vertu sont reconnus suffisants sont envoyés au collège de Hoang-n’guyen, près Hanoï, ou à celui de Phucnliac, près Ninh-binh, pour y achever leur cours de latin et de littérature. Ils v demeurent ordinairement six ou sept ans, puis ils sont placés comme catéchistes auprès des missionnaires et des prêtres indigènes chefs des chrétientés importantes; ils font dans cette situation un stage plus ou moins long, mais qui ne dure guère moins de six ans. Leurs fonctions principales consistent alors à enseigner le catéchisme aux enfants, à présider aux réunions des fidèles, à visiter les chrétientés éloignées, en un mol à seconder le prêtre et quelquefois à le suppléer dans son ministère. Après leur stage et sur un rapport favorable établi par le supérieur auprès duquel ils sont placés, les catéchistes sont admis au grand séminaire. Ils n’arrivent guère dans ce dernier établissement avant l’Age de vingt-sept ou île trente ans; ils y passent trois années, pendant lesquelles ils étudient la théologie, la liturgie et les autres sciences ecclésiastiques : c’est alors seulement qu’ils sont promus au sacerdoce. 11 ne serait pas possible d’ailleurs de leur conférer la dignité de prêtre avant une trentaine d’années. L’Annamite se développe lentement au moral comme au physique : à vingt ans, c’est encore un véritable enfant au point de vue du caractère.

Les élèves des maîtrises classés dans la deuxième catégorie au bout de leur sixième année d’étude ne sont pas envoyés au collège, comme ceux de la première catégorie; on les garde dans le district en qualité de postulants, et vers l’Age de vingt ou de vingt-cinq ans on les fait entrer dans la classe des aspirants au diplôme de catéchiste. Au bout de deux ou trois ans de séjour dans cette classe, on leur délivre ce diplôme; mais ils ne vont pas plus loin et ils ne peuvent prétendre à aucune fonction supérieure.

Les catéchistes de la classe supérieure sont en général admirablement doués au point de vue intellectuel; la plupart d’entre eux montrent une facilité d’assimilation et une vivacité d’esprit absolument remarquables. Ces jeunes gens apprennent comme en se jouant la langue latine, qui n’offre

Page 1