PORTE D'UN VIEUX QUARTIER
responsable, qui est élu pour un temps limité par tous les membres réunis en assemblée générale; elles possèdent des affiliés dans toutes les villes importantes du pays qu’elles occupent, et des correspondants en Chine et à l’étranger.
Leur but est d’abord de faciliter à leurs compatriotes récemment arrivés leur installation dans le pays. Elles les aident dans le choix de leur résidence, leur fournissent tous les renseignements nécessaires sur la contrée, ses ressources et ses besoins, leur font même des avances d’argent, en un mot leur aplanissent autant que possible toutes les difficultés du début.
Elles ont un autre rôle non moins important : quand un de leurs membres obtient la concession d’une fourniture considérable pour laquelle il a besoin d’un gros capital, tous les autres membres se cotisent pour réaliser la somme nécessaire. A la fin de l’opération, le bénéfice est réparti équitablement entre tous les prêteurs, proportionnellement à la part de capital fournie par chacun d’eux.
Les Ch mois sont extrêmement intelligents, llsont des aptitudes commerciales étonnantes : on les a appelés avec juste raison les juifs de l’Extrême-Orient. Personne ne sait mieux qu’eux tirer parti de tout. Aussitôt arrivés dans un pays, ils en prennent la langue et les habitudes. Toutes les occupations leur sont bonnes, pourvu qu’elles rapportent bénéfice. Ils se font, suivant les besoins, cuisiniers, blanchisseurs, coolies même, Bien ne les rebute au début. Ils ont beau jeu avec les Annamites, qui ont pris leur civilisation, leurs mœurs, leurs coutumes, qui regardent la Chine comme un pays favorisé du ciel et les Chinois comme des êtres supérieurs. Tout Annamite a en lui un sentiment d’admiration profond et instinctif pour le Chinois, qu’il appelle respectueusement son « frère aîné ». Bien que les deux races d’hommes paraissent provenir de la même origine, elles ont cependant entre elles des différences profondes, qui justifient jusqu’à un certain point cette conscience qu’ont les Annamites de leur infériorité relative.
Le Chinois est en général grand, bien découplé; sa personne et ses vêtements sont propres et soignés; il est réfléchi, pondéré, apte aux grandes opérations commerciales et aux calculs à longue portée; il est âpre au gain, économe, tenace, capable de tout sacrifier au désir de s’enrichir.
L’Annamite au contraire est ordinairement petit, malingre, d’aspect chétif; il est malpropre, bruyant ; c’est, au point de vue du caractère, un grand enfant, s’amusant de tout et quand même, vivant au jour le jour, et ne pensant jamais au lendemain. Il est vrai que les conditions misérables