‹ Une campagne au TonkinChapitre 227 sur 299 · HALTE AL CAMP DES COOLIES · texte numérisé non relu

HALTE AL CAMP DES COOLIES

« Bientôt les Célestes reprennent l’offensive; ils s’avancent en masse compacte et tentent un mouvement tournant. Le IIIe voit arriver sur lui une avalanche humaine; débordés de toutes parts, les soldats se font une trouée à la baïonnette, emportant su. leur dos leurs camarades blessés. Le médecin-major Raynaud tombe mortellement frappé en défendant son ambulance; le lieutenant de Colomb, le pied traversé par une balle, est emporté à bras par ses hommes, pendant que le reste de sa compagnie fait le coup de feu pour protéger la retraite. »

Malgré ces tristes nouvelles, le moral des troupes est resté bon. A Hanoï on ne s’inquiète pas outre mesure, et c’est avec un certain étonnement que nous apprenons le mois suivant, par les journaux de Saigon, l’immense retentissement qu’a eu en France la retraite de Lang-son. Les Chinois au contraire n’y ont pas attaché une importance très grande; ils ont réduit les faits à leur juste valeur; en ce moment les négociations se poursuivent activement entre Paris et Pékin pour la signature de la paix. Une commission chinoise vient même d’être nommée par le Tsong-Li-Yamen pour aller au Tonkin s’entendre sur place avec le général Prière de l’isle et porter aux troupes chinoises l’ordre formel de reprendre le chemin de la frontière.

Cette commission arrive à Hanoï en mai ; elle est composée de six membres : un Américain, un Italien et quatre Chinois, dont deux mandarins plénipotentiaires et deux secrétaires. L’Américain et l’Italien sont depuis longtemps au service de la Chine : ils occupent un poste élevé dans les douanes du Céleste Empire. Le général Prière a adjoint à la commission un officier supérieur de la marine et un capitaine de son état-major.

Les Chinois ont été logés rue des Pavillons-Noirs dans une maison louée par l’administration française. A peine installés, ils ont failli être victimes d’un accident grave : une des poutres de la toiture s’est rompue et ils ont manqué être ensevelis sous les décombres. Superstitieux comme ils sont, ils ont dû voir dans cet accident un fâcheux présage pour la mission dont ils étaient chargés.

Ce pronostic s’est en partie réalisé : très bien accueillis tant qu’ils se sont adressés aux troupes régulières, les plénipotentiaires chinois ont voulu remplir leur rôle jusqu’au bout et négocier avec les Pavillons-Noirs qui, battus à Tuyen-quan, avaient repris l’offensive après notre échec de la porte de Chine et menaçaient le Delta. Ils avaient remonté la rivière Claire en canonnière jusqu’à Phu-doan, puis ils avaient rejoint par terre le poste de Tan-quan, où les Drapeaux-Noirs s’étaient établis. Là les com-

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