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pèlent sur les choses d’Annam, 11e représenterait que l’infime partie de l’épargne des rois de Hué. La réserve monétaire, enfermée dans les bâlimenls du Trésor, aurait atteint le chiffre minimum de trois cent soixantedix-huit millions, et si nous n’avons pu en retrouver qu’une petite partie, c’est que, avant le guet-apens qu'ils préparaient contre le général deCourcy, les deux régents Thuyet et Thuong, avaient sauvé ce qu’ils avaient pu de la caisse; ils avaient chargé un officier général de la garde impériale, le Dèdôc-Ifich d’enlever, avec l’aide de ses troupes, les valeurs du Trésor pour les transporter en lieu sur. Toutes ces valeurs, qui consistaient principalement en lingots d’or cl d’argent, avaient été divisées en lots qu’on avait enfermés dans de solides caisses; pendant tout le mois de juin 1885 ces colis, dissimulés sous des nattes, avaient été disséminés dans des provinces lointaines cl confiés à la garde de mandarins dévoués à la cour.
Quand les zouaves s’emparèrent du bâtiment du Trésor, ils ne trouvèrent pas un seul lingot d’or; c’était cependant ce métal précieux qui formait la plus grande partie des réserves de la cour; il restait seulement un reliquat de lingots d’argent et un stoc de médailles. Plus tard, le même directeur des affaires politiques dont il vient d’être parlé, réussit à retrouver dans la province de Quang-Binh trente caisses de barres d’argent représentant une valeur de quatre millions.
Le petit réduit entouré de murs qui, tout au fond de l’enceinte des palais, renferme les appartements particuliers du roi, est planté de grands arbres et aménagé en forme de jardin chinois; il contient des lacs minuscules, au milieu desquels se dressent des amas de rochers; il est parcouru par de petits ponts, des sentiers savamment dessinés, bordés d’arbustes auxquels les jardiniers de la cour ont fait prendre toutes sortes de formes bizarres et contournées.
Tous les trois ans le roi donne dans ces jardins une grande fête littéraire. Les mandarins les [dus instruits, lauréats des concours de province, viennent à certaines époques à Hué se présenter aux examens qui coulèrent le le titre de Docteur ou Tam-Si. Ceux qui ont répondu victorieusement aux épreuves doivent, avant d’obtenir le litre qu’ils sollicitent, se présenter à la cour devant le roi qui les examine encore; s'ils réussissent à satisfaire Sa Majesté, celle-ci offre un grand festin à la tin duquel elle les fait revêtir du costume auquel leur donne droit leur nouveau grade; ils ont alors la faveur insigne et qui, paraît-il, est très enviée, de se promener à cheval dans le jardin royal et de pouvoir y cueillir une fleur. En souvenir de leurs prouesses littéraires, le souverain fait graver le nom des Tam-Si sur
RÉJOUISSANCES DU JOUR DE L’AN. Ml
des stèles (Je pierre qui sont conservées dans un temple de la capitale. S’il leur arrive plus tard, dans le cours de leur carrière, de commettre une faute méritant la colère royale, les stèles qui portent leurs noms sont brisées à coups de marteau.
Depuis ce matin, la ville de Hué est en fête : nous approchons du jour de