LA SALLE D’AUDIENCE
talon de soie blanche, babouches de cuir dans lesquelles flottent ses pieds nus. Il est entouré par tous les serviteurs de sa maison, qui portent l’éventail, la pipe, la boîte à chiques, le crachoir, etc.; il s’est fait accompagner par les deux mandarins de grade inférieur qui le secondent dans le gouvernement de la province : le quan-bo et le quan-an, fonctionnaires chargés des finances et de la justice.
Au milieu de la salle d’audience est disposée une grande table de bois noir, sans tapis.
On nous fait asseoir autour, sur des bancs en bois de trac sculpté.
Le gouverneur m’a pris à sa droite et M. Garien à sa gauche; le quanbo et le quan-an sont assis en face; les autres fonctionnaires annamites se tiennent debout à quelques pas derrière nous, dans une attitude respectueuse.
Aussitôt on apporte
le thé. Il nous est servi sur un plateau de bois incrusté de nacre, dans des tasses minuscules en porcelaine blanche ornées de décors bleus. Chaque tasse est tout au plus grande comme un de nos verres à liqueur. Le thé, qui vient de Chine, nous est d’abord offert sans sucre; mais, sur un