‹ Une campagne au TonkinChapitre 45 sur 299 · OFFICIER FRANÇAIS ET SON PETIT CREVAI, TONKINOIS · texte numérisé non relu

OFFICIER FRANÇAIS ET SON PETIT CREVAI, TONKINOIS

1 mètre à 1 m. 20 au garrot. Comme aspect, il ressemble beaucoup aux petits poneys de Corse. Bien fait, quôiqu’il ait souvent la tête un peu forte, il est plein de feu, très vigoureux et beaucoup plus facile à nourrir que nos chevaux français; il a le pied plus sûr que ces derniers et fait 40 et même 50 kilomètres par jour, quand il est bien soigné et bien nourri. Les Annamites ne l’étrillent ni ne le ferrent jamais; la selle dont ils se servent est faite de deux panneaux de bois à peine rembourrés qu’on place sur une sorte de tapis formé de deux morceaux de cuir tanné; ce tapis est souvent décoré de peintures représentant des animaux fantastiques ou des orne-

ments bizarres; le mors et la bride sont faits comme notre bridon. Les rênes sont en corde, et de chaque côté de la bouche du cheval pendent deux gros glands de coton fixés aux anneaux du mors.

Les Tonkinois se servent en général d’étriers de cuivre dans lesquels ils passent leurs pieds nus; la branche interne de l’étrier est saisie et maintenue entre le gros orteil et les autres doigts du pied. Les mandarins seuls montent avec des souliers chinois; ils ne se servent pas d’éperons.

Les chevaux indigènes qu’on rencontre au Tonkin proviennent en majeure partie des provinces du nord, de Tai-n’guyen et de Cao-bang principalement; ils coûtent de quinze à vingt-cinq piastres, rendus à Hanoi.

Il est probable que, d’ici à peu de mois, les officiers du corps expéditionnaire seront obligés de les adopter comme montures; les grands chevaux que nous avons amenés de France s’anémient vite dans ce pays; déjà plusieurs de nos camarades de la marine sont montés sur des chevaux du Tonkin. Ces chevaux, malgré leur petite taille, peuvent facilement porter un cavalier de 70 à 80 kilogrammes ; ils n’ont qu’un inconvénient, c’est qu’ils ne connaissent pas le trot ; ils vont l’amble ou le galop.

Nous arrivons à cinq heures et demie du soir à l’entrée d’un gros village où nous devons passer la nuit. Quel beau pays ! Des arbres immenses et de l’herbe jusqu’à mi-jambes. Nous traversons un joli pont couvert construit sur pilotis; à la sortie du pont, le général en chef attend la colonne qui défile devant lui pour entrer dans le village.

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