LA PLAINE DE BAC-NINH
vant une habitude chère aux lettrés de l’Extrême-Orient, ils s’y réunissaient à certains jours pour y dîner entre amis et composer des vers.
J’ai trouvé, en visitant une de ces villas, une grande toile blanche accrochée à la muraille, comme un kakémono japonais. Sur celle toile, un des raffinés de littérature dont je viens de parler avait écrit une pièce de vers de sa composition, que je me suis fait traduire par un interprète et qui m’a paru remarquable. Je ne puis résister au désir de citer cette traduction, que j’ai fidèlement écrite sous la dictée de mon lettré :
« 11 y a ici des fleurs dont le parfum se répand partout.
« Les jeunes filles qui les voient se disent entre elles-mêmes:
« Demeurerons-nous toujours aussi belles et aussi pures que ces plantes dont les tiges et les racines durent si longtemps? Leurs branches sont fiexibles comme une svelte jeune fille, et le zéphyr qui les caresse porte au loin leur parfum. »