‹ Une campagne au TonkinChapitre 77 sur 299 · II N K PROCLAMATION LU U - V IN- P II II OC · texte numérisé non relu

II N K PROCLAMATION LU U - V IN- P II II OC

En parlant ainsi, noire camarade lire de sa poche un grand papier rouge couvert de caractères chinois, au bas dmpiel est apposé un grand sceau. « Ce sceau, nous dit-il, est celui du chef des Pavillons-Noirs; le document était affiché contre une des portes de la citadelle; en voici la traduction :

« Le dé-doc' Luu-vinh-phuoc, le \ *2° jour du 1 Ie mon \ a décrété ce qui suit :

« Pendant la (pierre, celui qui coupera la tête à l'ennemi sera récompensé de la manière suivante :

« 1° Pour une tète de Français, 1 00 taëls r‘, et si ce Français a des (jalons, 20 taëls en plus pour chaque (jalon. Pour savoir s’il a des (jalons, il faut regarder sur les manches. Plus il y aura de galons, plus la récompense sera grande.

« 2° Pour une tête (le turco ou de soldat de la légion étrangère, 50 taëls.

<c 5° Pour une tête de tirailleur annamite, 40 taëls.

« 4° Pour une tête de catholique , 10 taëls.

La guerre sans merci qu’on nous fait dans ce pays, ajoute notre confrère, nous crée, à nous autres médecins, de nouveaux devoirs. Il faut nous hâter d’enlever nos blessés et, dans ces combats corps à corps, d’aller les chercher jusque sous les balles : si l’ennemi arrive jusqu’à eux, ils sont perdus. »

En repassant près du débarcadère, nous rencontrons les deux éléphants privés du tong-doc de Sontay qui viennent de prendre leur bain an fleuve, sous la conduite de leur cornac. Jamais je n’avais vu d’aussi beaux animaux : l’un d’eux mesure plus de deux mètres et demi au garrot et porte des défenses magnifiques. Ils ont été capturés dans les forêts du Tonkin qui confinent à la frontière laotienne. Ee mandarin les fait figurer dans son cortège lorsqu’il paraît dans les cérémonies officielles ; ils sont alors couverts de broderies et de dorures. Aujourd’hui ils ont pour tout harnachement une longue chaîne qui fait le tour du corps en arrière des jambes antérieures, et qui sert à fixer sur leur dos la provision de fourrage qu’ils vont chercher chaque jour dans la campagne. Le cornac est à cheval sur le cou de l’éléphant ; chacune de ses jambes pend entre l’oreille et l’épaule de l’animal; il a en main un crochet pointu muni d’un manche très court. L’éléphant porte au milieu du front une petite plaie de la grosseur d’une pièce d’un franc qu’on lui a faite à dessein et qu’on empêche de se

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