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LES MACHINES A DECORTIQUER LE RIZ

supérieure ressemble à un gros ménisque biconcave; elle est mobile sur l’inférieure, dans laquelle elle s’emboîte. Celte dernière a la forme d’un tronc de cône; elle se termine au sommet du cône par un morceau de bois qui passe dans un trou fait à la meule supérieure. Ce trou est carré cl plus large que le morceau de bois rond qui y pénètre. Il résulte de celte disposition que la meule supérieure exécute, outre son mouvement de rotation, un léger glissement qui favorise la décortication. De plus le béton et les fragments de bambous constituent une surface rugueuse qui empêche les deux meules de s’appliquer exactement l’une sur l’autre. Grâce à cette disposition, les grains que l’on verse dans la petite cupule ménagée aux dépens de la face supérieure de la première meule ne sont pas broyés mais énergiquement frictionnés en passant dans l’appareil. Une natte placée de champ tout autour du moulin empêche le riz de s’écarter en tombant, elle force à s’entasser dans une grande corbeille placée au-dessous de l’appareil.

L’articulation de la manivelle à la première meule est d’une ingénieuse simplicité. Cette meule porte sur sa face externe tout près de son bord supérieur un petit piton en bois qui est fixe; l’extrémité de la manivelle se termine sous forme d’anneau; on entre cet anneau dans le piton et l’on n’a plus qu’à tourner.

La pagode dans laquelle nous sommes logés a été élevée en l’honneur de l’Esprit protecteur du village. En furetant autour de l’autel, nos ordonnances ont fait tomber un grand étui en bambou laqué rouge et or, exposé à la place d’honneur sur une belle chaise sculptée et ornée de dorures. Dans cet étui sont enfermées des lettres patentes du roi, écrites sur un papier jaune parsemé de paillettes d’or; au bas des lettres sont apposées deux immenses empreintes à l’encre rouge, représentant la signature royale.

Le roi seul a le droit d’autoriser la fondation d’un village; quand un certain nombre de familles se fixent sur un point du territoire et désirent s’ériger en agglomération officiellement reconnue, elles font transmettre au roi par le mandarin sous la juridiction duquel elles se trouvent placées, une pétition dans laquelle elles s’engagent à payer à l’Etat la redevance pour les terres, et à supporter toutes les charges imposées aux inscrits. Le roi leur envoie alors des lettres patentes dans lesquelles, en sa qualité de délégué du pouvoir céleste, il donne au village un nom et un Esprit protecteur. Les lettres royales sont reçues en grande pompe à l’entrée du village par une députation des habitants et portées processionnellement à une pagode élevée pour les abriter.

Il est pourvu aux Irais tic construction et d’entretien de ce monument, soit à l’aide d’un impôt prélevé sur les habitants, soit à l’aide d’une donation faite par un des notables qui désire se créer des titres à la reconnaissance de ses concitoyens.

La pagode prend le nom de temple de l'Esprit protecteur, en annamite dinh. C’est là qu’ont lieu, à certaines époques, les cérémonies officielles du village : sacrifices à l’Esprit protecteur, grandes réunions des notables pour traiter des affaires de la commune et pour fixer la répartition de l’impôt.

A Dong-laü, la pagode de l’Esprit protecteur du village est composée de trois bâtiments disposés en fer à cheval sur trois des côtés d’une grande cour rectangulaire; le quatrième côté est occupé par une porte monumentale qui donne accès dans la cour. Le bâtiment qui se présente de face, quand on a franchi cette porte, est spécialement consacré au culte; il a la forme d’un grand hangar, auquel on monte par trois marches qui occupent toute la longueur du bâtiment. Au milieu, un autel orné de vases remplis de fleurs artificielles et de tablettes votives en laque rouge supporte la chaise et l’étui dont j’ai parlé; devant l’autel un grand vase en porcelaine bleue, rempli de sable fin dans lequel on a fiché de petites baguettes d’encens, est posé sur une longue table rectangulaire. C’est sur cette table qu’on place les offrandes et qu’on fait les sacrifices à l’Esprit. Une grosse cloche de bronze est suspendue à l’une des poutres du toit, en avant de l’autel ; elle sert à appeler les habitants à la pagode, les jours de réunion solennelle.

Les deux bâtiments étroits et longs qui flanquent la cour de chaque côté ont pour tout ameublement des lits de camp et des bancs de bois. C’est, sous leur toit que se réunit le conseil du village et que l’on sert le repas pris en commun qui précède ordinairement les grandes délibérations.

Outre le dinh, le village de Uong-laü possède, comme tous les villages tonkinois un peu importants, un temple dédié aux génies des cinq éléments. C’est dans ce temple, qui porte le nom de mien, que les habitants de la commune se réunissent au printemps pour la fête Lé-liij-yen. On invoque alors les Esprits pour obtenir la paix dans le village; on leur offre sur leur autel un festin composé de porc, de buffle et de riz, qui, après consécration, est consommé par les assistants. Dans le mien se célèbre également la grande fête d’automne appelée Lé-cau-bong , dont le but est d’obtenir des Esprits de la terre et du ciel une abondante récolte de riz.

Toutes ces fêtes se font aux frais de la commune ou, si celle-ci n’est pas

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