‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 103 sur 127 · ENCORE LA GUERRE INHUMAINE · texte numérisé non relu

ENCORE LA GUERRE INHUMAINE

Ce n'est malheureusement pas vers ces idées de bon sens qu'orientent le romantisme, la Révolution, l'École de Droit, toutes les puissances d'erreur déclamatoire qui mettent la politique hors de l'humanité : à quel prix I On

le voit par les ruines que la retraite boche inflige impunément !

Au moment où Barrés criait au gouvernement : Désignez des villes otages, notre éminent collaborateur et ami, le commandant de Pampelonne, m'adressait dans le même sens des réflexions utiles. Le lecteur a pu voir comment les mémorables pronostics de M. de Pampelonne sur l'effort sous- marin boche sont confirmés. En ce nouveau sujet, l'expérience, la justice, la raison se trouvent d'accord pour condamner la métaphysique imbécile qui préside depuis trente-deux mois à notre éloquence de guerre, nous livrant aux risées de l'ennemi :

Les Boches en se retirant pillent, brûlent, démolissent tout. A qui la faute? A nous, qui ne cessons de dire que nous respecterons les biens, les civils, les monuments, etc., et que nous ne voulons que détruire le militarisme allemand (?)

Alors les sauvages ont beau jeu; ils jouent sur le velours, en saccageant tout : par cette phraséologie aussi humanitaire que stupide, nous condamnons à la ruine et à la détresse absolue nos malheureux concitoyens envahis.

11 n'y a qu'un moyen de les préserver; et il n'y en a pas deux; c'est de dire que nous faisons le compte des villes et villages brûlés ou dévastés, et que nous ne cesserons la guerre que lorsque nous en aurons brûlé ou dévasté un nombre égal en Allemagne. Et il faut laisser crier les farceurs, qui font des générosités, qui ne leur coûtent qu'un peu de salive.

L'heure n'est pas aux tirades à l'eau sucrée, mais aux actes virils. Il faut, si nous voulons sauver les nôtres, que l'ennemi sente la menace, il faut qu'il ait peur. C'est le seul moyen de sauver les Français aux mains de l'ennemi.

Les Français au courant des « mœurs » de l'esprit allemand, l'abbé Wetterlé, que cite Barrés avec Maeterlinck, ceux qui ont étudié les réactions naturelles aux races inférieures en conflit avec la civilisation, savent tous qu'il est indispensable de faire peur aux barbares. L'usage régulier et systématique de la terreur par les BocheSj signe leur propre aveu. C'est une duperie de ne

pas s'en apercevoir. C'en est une autre de le voir, de le reconnaître et de n'en pas tirer parti, de crainte de choir dans la même barbarie. Gomme si l'on redevenait enfant pour avoir donné, aux enfants, les leçons, les sanctions qui sont à leur portée! Qui dira tous les maux, tout le sang, toutes les vies précieuses qu'aura coulés à la France cette misérable et extravagante philosophie, d'ailleurs née allemande!

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