RÉPERCUSSION SUR LE CIVIL
Au point de vue de l'activité militaire, tels sont les avantages de la Caisse que nous fondons. Tous ceux qui
les apprécient comprendront le « Que ne suix-je millionnaire? » par lequel un ecclésiastique parisien veut bien faire écho à notre appel. C'est que notre vénérable correspondant a saisi que cette initiative, si utile à l'armée, ne sera pas inutile pour le civil, car elle reliera l'avant à l'arrière, elle resserrera l'union parfois un peu relâchée de ceux qui se dévouent et de ceux pour lesquels ce dévouement s'exerce.
Il importe, comme le dit mon correspondant, que la France civile sente la nécessité « d'emboîter le pas avec entrain derrière nos braves soldats du front ». Il faut que, du plus brave au moins entraîné, ils sentent palpiter tout proche d'eux le cœur de la race. Il faut qu'ils aient le sentiment d'une ardente prévoyance bien appliquée à les soutenir et à les servir. Croyez-nous, voilà le moyen de réparer quelques-unes des erreurs de ces trois années. Le secours porté à l'armée aidera aussi les civils. Une élite civile se reformera au service de l'élite militaire. Elle prendra ainsi un intérêt plus vif à la guerre. Elle sera portée à exiger que tant de sacrifices ne soient pas perdus. Elle s'élèvera elle-même en intelligence, en patriotisme, en esprit politique national.