‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 111 sur 127 · SORTONS DES CONVENTIONS DE LANGAGE · texte numérisé non relu

SORTONS DES CONVENTIONS DE LANGAGE

Voilà nos troupes soulevées par l'esprit d'offensive, la fièvre sacrée de l'action. Ne nous figurons pas que désormais tout ira tout seul. La « propagande ennemie » contre laquelle il ne suffit pas de se fédérer pour de beaux discours, a peut-être intérêt à conlinuer son œuvre et, dans ce cas, voyant la situation se modifier, elle se transformera avec elle. Il faut le prévoir, et dès lors continuer les travaux de prophylaxie morale entrepris contre le cafard des Iranchées.

Il importe de ne pas se laisser endormir dans la fausse sécurité. Il importe tout autant de ne pas se laisser abuser par un faible esprit de chevalerie, qui est le frère de lait du faux stoïcisme. On ne mobilise pas trois millions d'hommes pour faire une guerre de paladinage et de magnificence. Le Code de l'honneur est fort beau dans son ordre, mais il ne suffit point aux nécessités de tout ordre soulevées par l'immense guerre. Au surplus, il faut l'interpréter justement. Si par exemple, comme on l'a dit quelque part, il était inadmissible de recevoir des récompenses pour l'accomplissement du « devoir » envers la patrie, il ne serait pas moins indigne d'encaisser de la gloire pour le même service « dû ». Ce qui est « dn » ne peut être payé, soit! mais en ce cas, ne saurait être glorifié davantage.

Il faut absolument sortir de ces conventions de langage. Elles eurent en leur temps leur raison d'être et leur sagesse; elles ne suffisent plus à la situation actuelle, et l'on commettrait la plus lourde, la plus pénible des erreurs en voulant les y rétablir par un esprit de tradition sans rapport avec le réel.

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