LES CHEFS SOCIALISTES CONTRE LA PART DU POILU
M. Bracke porte contre « certaine partie de la presse », où il range l'Action française et moi-même, l'accusation suivante : « L'appât du gain doit être, etc. » Tant d'effron-
1. Cifisar militibus pro tanto lat»ore ac patientia, qui brumalibus diebus, itiiieribus difficillimis, frigoribus intolerandis, studiosissiiiie pennanserant in labore, ducenos sestertios, centurionibu.s tôt millia nummum prasdse nomine, condonanda pollicitur*
terie m'étonne. Aucun patriote n'ignore que l'Action française est chaque jour empourprée du sang des plus désintéressés des héros, que, par la diversité des motifs, elle soutient le moral « à toutes les hauteurs de l'échelle humaine », et que, dans l'appel à la Part du Poilu, j'ai constamment insisté sur la nécessité de ne méconnaître, ni l'héroïsme de l'élite, ni les aspirations naturelles du commun des hommes.
Auguste Comte et Mirabeau, Bourdaloue et saint Augustin ont été appelés à en témoigner. Quant au fait des propos qui me sont imputés, il faut avouer que l'attention de Bracke ne saurait procéder d'ailleurs que d'un mensonge délibéré et intéressé.
Comme il faut être juste, même envers Bracke, je dois faire savoir une fois de plus à nos lecteurs que les chefs socialistes emportés à de tels mensonges sont hostiles à la Part du Poilu, pour des raisons qui sont bien à eux.
Les chefs socialistes ne veulent pas qu'on demande au Boche des réparations qui feraient du mal à la bourse de leur (ce7^s^lré).
Les chefs socialistes ne veulent pas que le poilu français, si durement éprouvé par la guerre, puisse dire qu'il en a tiré la moindre compensation. Le poilu doit être dégoûté et guéri pour l'avenir de toute velléité de se battre pour son pays.
Les chefs socialistes ne veulent pas que le malaise économique et social prévu pour la démobilisation soit atténué par aucune mesure d'apaisement, dont l'ennemi ferait les frais : c'est aux capitalistes français que doivent être imposées durement, arrogamment, violemment, toutes les immolations désirables.
Enfin les chefs socialistes ne veulent pas que des satisfactions en capital soient accordées au poilu français; ils n'admettent que les pensions, parce que les pensions mettent en quelque mesure le pensionné dans les mains de l'État, c'est-à-dire du parti au pouvoir; un capital en nature, un capital en argent donnerait au poilu une indé-
pendance qui l'affranchirait en quelque mesure du joug du Parti. C'est ce dont les chefs socialistes ne veulent à aucun prix.
Mais, de leur opposition significative, il est permis de tirer la conclusion évidente : associer le combattant aux bénéfices de la victoire, et dès maintenant nous occuper de lui assurer des récompenses utiles, c'est une façon indirecte, mais efficace, mais sûre, de lutter contre le socialisme envahissant.
En ce pays de petite et de moyenne propriété, réunir les éléments d'un pécule qui mette le poilu ou la famille du poilu « au-dessus de ses affaires » bouleversées par trois ans de mobilisation, c'est restituer à l'activité économique de la France ses bases vraies, et décharger l'État français du faix d'une tutelle qui, en risquant de tournera la tyrannie, se retournerait fatalement contre lui.
La nouvelle agression du citoyen Bracke m'autorise donc à réitérer mon appel aux bons citoyens. Qu'ils nous aident à jeter l'une des bases de la renaissance nationale! En coopérant à la Caisse des primes militaires, en fortifiant de la sorte l'idée de la Part du Poilu, les bons Français énergiques, dévoués et lucides feront œuvre de patriotisme et de fraternité. Ils mettront en échec les niaiseries mauvaises au moyen desquelles de dangereux bourreurs de crânes...