RÉPRESSION, RÉPARATION, GARANTIES
Enfin ! Enfin ! Enfin !
11 y aura trois ans, en août 1914, que le Parlement français aurait dû brandir la motion comminatoire et déjà vengeresse qui a été votée au Sénat le 31 mars.
Malheureusement le texte de cette motion est faible. Comment le Sénat de la République française, prenant acte des dévastations germaniques, n'a-t-il pas stipulé au nombre des répressions, réparations et garanties nécessaires la déchéance des HohenzoUern, leur châtiment per-
sonnel et corporel, la dissolution de l'État prussien, la séparation des AUemagnes ? Il était temps de placer sous les mois les choses. Mais le cœur des avocats est né vacillant.
Quel historien voudra bien croire qu'un des orateurs du Sénat, évoquant les ruines de nos provinces, ait jugé nécessaire de s'écrier, comme s'il eût été au Palais: « Aux ternies mêmes de la Convention de La Haye, les Allemands devront payer ces horreurs... »
Alors, si les Allemands n'avaient pas signé la Convention de La Haye, ils seraient moins sujets a réparer les dommages qu'ils nous ont faits ?
Non (pour reprendre l'apostrophe historique du pauvre Raoul Briquet à Jean Longuet), non, là, vraiment, gens de loi, vous nous dégoûtez! Le besoin qu'a éprouvé M. René Viviani de placer les crimes allemands sous l'étiquette du droit commun, mérite de rentrer sous la rubrique du même triste sourire. A quel degré de médiocrité intellectuelle et morale la prépondérance des avocats a fait descendre l'autorité en France! Ces messieurs se croient aux assises quand ce n'est pas au tribunal correctionnel. Qu'est-ce qui leur apprendra la vie ? Et quand comprendront-ils ce que c'est que la politique ?