‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 116 sur 127 · BON COTÉ DES PAROLES CREUSES · texte numérisé non relu

BON COTÉ DES PAROLES CREUSES

Cette réserve dûment faite en vue de soulager l'esprit public du pays, bien supérieur à celui de nos assemblées, il faut nous réjouir de la séance du 31 mars, et des discours qui y ont été prononcés.

Si verbeux soient-ils, ces propos ont du moins la vertu d'engager la politique de la France dans la direction nécessaire. Les protestations oratoires contre les crimes allemands, même laissées trop prudemment dans le vague, même inégales à la situation et peut-être un peu ridicules dans leur charabia juridique, obligent malgré tout h tirer de la guerre ce qu'elle contient, et ce qu'elle doit rapporter

de satisfactions concrètes pour le pays d'abord, pour le soldat ensuite.

On a pu craindre que notre gouvernement ne subît la loi des timidités antérieures, et, en laissant passer l'offense sans la relever, ne laissât prescrire son droit à des exigences politiques et économiques, matérielles et morales, sur l'avoir allemand. La créance de guerre se trouve proclamée. Ce n'est pas tout sans doute. Ce n'est pas rien non plus. Le pas est sauté. Tous les amis des Boches en seront malheureux.

Parce que nous les voudrions plus malheureux encore, proclamons l'insuffisance de ce qui est fait; mais sachons en prendre acte, comme d'un progrès qui nous tire de l'absurde réserve et de la sotte discrétion où nous avons cru habile ou prudent 'de nous tenir, on n'a jamais su, ni dit, ni compris pourquoi.

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