LA PART DU SOLDAT IDENTIFIE L'ARRIÈRE A L'AVANT
La nouvelle atmosphère créée par les derniers événements, cette réaction qu'ils ont provoquée dans le pays et dans l'État, devait déterminer dans l'armée et dans la nation un courant d'opinion de plus en plus favorable à notre campagne pour la Part du Poilu, à notre souscription pour une Caisse de Primes militaires. L'Action française est même récompensée de ses initiatives par des témoignages comme celui que Daudet me communique :
V Action française est de plus en plus lue et recherchée par le soldat. Peu à peu la lumière s'infiltrera dans toutes les classes de la société, où vos campagnes sont suivies aujourd'hui avec beaucoup d'intérêt.
Celui qui nous écrit cela, déclare parler « au nom de ses camarades du front ». Un vieux soldat, retenu par force à l'arrière, nous dit :
Pour hâter la victoire finale et la paix glorieuse sous la protection de Jeanne d'Arc, j'ai l'honneur de vous adresser
ce mandat pour la Caisse de récompenses du Poilu, créée par {'Action française, en attendant que le gouvernement prescrive |les mesures de justice nécessaires pour intéresser le poilu à ses;parts de prises, à ses succès, à sa mission de samment.
Je regrette que mes ressources soient modestes, car j'aurais voulu donner non pas 10 francs, mais cent fois plus, car vainci'e puis l'arrière doit s'identifier à l'avant.
Notre correspondant discerne très bien comment, à notre désir de récompenser des mérites éclatants et de soulager des peines cuisantes, s'ajoute une conception morale et sociale plus profonde, qui est d'unifier (jusqu'à les « identifier », il dit bien) le pays qui ne se bat pas et le pays qui se bat. Nous faisons, dans la mesure de nos forces, de l'unité française pour la concentration des énergies nationales.