SUITE DE NOTRE PROPOS
Un officier supérieur nous écrit :
Je vous remets ci-joint ma souscription dont vous ferez deux parts : Tune pour la caisse de propagande, i'autre pour la caisse des primes militaires.
Depuis le i*"" août 1914, l'Action Française est restée fidèle au poste qu'elle s'est assigné avec ses collaborateurs pour la durée de la guerre, et elle fait bonne garde.
Pas une idée nuisible au pays à laquelle vous n'ayez crié : halte-là! Pas une mauvaise action que vous n'ayez blâmée. Pas une mesure utile que vous n'ayez proposée ou encouragée. Ne pouvant défendre le pays à coups de fusil, vous le défendez à coups d'idées et d'arguments. A défaut de votre corps, votre âme habite réellement avec nous dans les tranchées, bien vivante, stimulant notre résistance et notre esprit de sacrifice. La lecture de VAction Française y fait un bien immense; c'est le meilleur remède contre le cafard, il faut donc l'encourager le plus possible, et c'est pourquoi je souscris à la propagande qui est d'utilité publique.
Mais vous ne vous contentez pas de défendre ou de proposer ce qui est nécessaire : l'union sacrée, le maintien des conseils de guerre, le loyalisme envers le gouvernement, quel qu'il soit, l'extension de nos frontières vers le Rhin, avec l'abaissement de la Prusse et la destruction de l'unité allemande, avec les punitions, les garanties et les réparations justifiées; vous ne vous bornez pas à réclamer la Part du poilu; vous fondez la caisse des primes militaires, destinée à récompenser directement l'héroïsme du soldat, car un sens profond des réalités vous fait connaître que, chez le soldat le plus noble, le cœur peut avoir des défaillances, et que pour affronter les horreurs de cette guerre, il a besoin de s'appuyer à la fois sur l'intérêt et sur l'esprit de devoir, fun et l'autre se renforçant mutuellement. Ceux qui le nient n'ont rien vu. J'ai vu et je souscris à la caisse des primes militaires.
C'est ce que nous écrivent ou nous disent beaucoup de combattants. Hier encore, un jeune matelot, porteur d'un
beau nom militaire, venait pour apporter ses cinq francs pour la Part du Poilu. Nous lui avons lait observer que c'était scandaleux : il est embarqué depuis deux ans! Il a fait les Dardanelles, Salonique, l'Adriatique, il écume la mer du Nord, il paye de son temps, de son cœur, il pourrait payer de sa peau : ce ne devrait pas être à lui de débourser. Mais non! Le sens profond de la camaraderie et de la solidarité militaire, l'expérience de la j^uerre sont plus puissants que tout dans les cœurs patriotes. Ils veulent contribuer aussi de leur denier à la réorganisation du sens et de l'esprit de guerre chez nous.
Non contents d'acclamer la double idée de la Part du poilu et de la Caisse des primes militaires, nos héros tiennent à la marquer du sceau de leur, sacrifice... Il est impossible que le pays ne comprenne pas cet avertissement qui lui arrive ainsi du front. L'arrière entendra l'appel et la leçon de la ligne de feu. Groupes, sections, amis épars de l'Action française, tous les lecteurs patriotes s'y rallieront.