‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 18 sur 127 · U COUP NUMÉRO DEUX · texte numérisé non relu

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grand des maux », observerait avec eux Pascal, Absolument parlant, ces possibilités sont terrifiantes.

Mais, en fait, elles ont peu de chance de se produire.

Celui qui se prononcera ralliera d'abord toute l'opposition, puis 1 immense troupeau des tranquilles et des neutres. Fort de ces deux appuis, et la centralisation administrative fonctionnant (1), il ne lui sera point malaisé de dompter la faction régnante, énervée, épaissie par trente ans de curée, et dont les appuis populaires sont bien ébranlés (2).

Restent, il est vrai, l'appréhension de donner un mauvais exemple, — l'exemple de la rébellion militaire, — et la crainte d'ouvrir une ère de prominciamientos.

(l) Sur la centralisation administrative, ses effets d'aujourd'hui et ses commodités au lendemain du Coup, voir I appendice II, CENTRALISATION ET CONSPIRATION.

On nous objecte : — Et si le Clemenceau régnant, chassé de la place Beauvau. imit. il le Thiers de 1871 et transférait le siège de la centralisation à \'ersailles ? — Nous avons douté un instant que l'objection fût formée sans sourire. Pourtant il faut tout discuter \'oici trois différences : aj)rès quarante ans de démocratisme républicain, la centralisation est et doit être infiniment plus rigoureuse et plus étroite qu'au lendemain de la chute de l'Empire ; en outre, après sept mois d'investissement, le Paris de 18'71 avait cessé en fait d'être le cerveau administratif et politique du pays ; eiiGn le gouvernement parisien se déclarait lui-même en état de révolution et il lui était difficile de rallier de piano des éléments administratifs, policiers, militaires, qui, même maniés par les agents du désordre, sont, en euxmêmes faiseurs d ordre. On pourrait donner les développements infinis à la distinction entre le cas de 1871 et celui de 191... Nous indiquons ceux-ci par déférence pour les personnes qui attirent notre attention de ce côté. Nous nous en excusons devant tous nos autres lecteurs.

{2) Ces lignes sont de janvier 1908. Ce nest que le 3 août suivant que la République a été pendue en effigie sur la façade de la Bourse du travail

— Nous NE SOMMES PAS DES GÉNÉRAUX ESPAGNOLS NI DES GÉNÉRAUX SUD-AMÉRICAINS.

L'objection serait valable pour des coups de main en faveur des régimes qui relâcheraient le lien militaire, le lien civil et le lien social. L'objection perd sa force contre des coups de main de la nature de celui que nous méditons et qui. à la faveur d'une courte période d'indiscipline, restaureront une discipline plus forte, c'est-à-dire la monarchie. Moralement, on ne donnera pas de mauvais exemple ; matériellement, la vigueur de la discipline ainsi restaurée constituera, par elle-même, une garde, une garantie. L'institution royale, une fois établie, est de celles dont on peut dire que, à moins de s'abandonner elles-mêmes, comme au temps où Rousseau a régné sous le pseudonyme de Louis XVI, elles tiennent debout par leur masse propre et par leur vertu intrinsèque. L'Espagne en fournit d'ailleurs la preuve exemplaire : tant qu'ils n'eurent pour objet qu'eux-mêmes, avec la fortune de leurs auteurs, les coups de force successifs répondirent aux coups de force ; mais quand ils se firent pour l'amour du pays, quand l'illustre Canovas del Castillo, Martinez Campos et Pavia eurent agi au nom d une autorité régulière, tout fut changé ; l'armée se tint tranquille, la souveraine loi monarchique fortifia- cet ordre qu'elle avait paru troubler un instant.

Ce coup n° 2, moins parfait, moins complet, moins pur que le n° 1, comporte donc moins de péril qu'il n'en a l'air. Il trouverait dans les circonstances de notre temps, dans nos particularités nationales et sociales d'aujourd'hui, des adjuvants et des collaborateurs précieux. Car ce genre de coup suppose, chez ses auteurs, du tempérament et le goût déjouer

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