‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 28 sur 127 · UN DERNIER AMI · texte numérisé non relu

UN DERNIER AMI

Que ce deuil suprême ait été porté dans la solitude ou qu'on lait éclairci de nouvelles expériences, rien de certain n'est digne d être retenu jusqu'à l'apparition du marquis de Boisgelin, vers 1811 ou 1812. On peut dire de ce dernier ami, ami parfait, qu'il fut le seul ; pour la première fois peut-être dans cjtte vie, il sut mettre d'accord la passion et 1 honneur, l'amour et lestime- Elle se sentait adoiée, mais aussi comprise et chérie. <( Mon âme, dit- « elle, réunie à celle d'une noble créature, se sentait « relevée et mise à sa place. J'étais devancée et soutenue « dans une voie où notre guide était l'honneur. « Langage singulier. Mais il faut patienter uu peu. En ce temps-là, Napoléon faisait la campagne de Dresde...

« Dans un espace de près de trente années, dit-elle, « je ne mets de prix à me rappeler avec détail que les (( trois ou quatre dont les événements se sont trouvés en t accord avec les vœux que M. de Boisgelin et moi nous « formions pour notre paj's- » La phrase entoi'tillée se traduit d'au moins deux façons. L'amitié qui sm-vécut à un noble amour en garda ce ton d'équivoque. Un souvenir était entre eux, cette Restauration du trône et de l'autel, qui dut sanctifier aux yeux du dévot pénitent ce que ses souvenirs lui peignaient de trop illicite, tandis qu'Aimée devait se complaire secrètement à la belle ordonnance de son dernier amour : il avait commencé par toutes les folies convenables entre deux esprits qui se plaisent ; à son déclin, il s'ennoblissait d'un incomparable service rendu ensemble à la plus grande des réalités naturelles, la déesse de la Patrie.

76 SI LE COUP DE rOKCE EST POSSIBLE

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