‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 4 sur 127 · VIII. — Sur ce point, le plus délicat et le plus grave · texte numérisé non relu

VIII. — Sur ce point, le plus délicat et le plus grave

-il n'y a donc pas eu risque de conflit entre les anciens royalistes, qui sont catholiques fervents, et les royalistes nouveaux qui sont pleins de reconnaissance et de respect pour le catholicisme.

On me dit :

— Cela va fort bien. Mais voudrez-vous répondre à une question plus hardie?

— Vous avez dit comment on est reçu chez les royalistes. Mais chez le Roi?

IX. — C'est une maxime précieuse à toute pensée royaliste, qu'il ne faut pas mêler la personne royale à une discussion. Le prince représente ce qu'il est convenu de ne jamais laisser mettre en question parmi nous : dix siècles d'histoire de France; il concentre, selon l'énergiquo mot de Renan, la nation entière, dans son développement historique et dans son progrès à venir. Il est l'âme visible de la France. Ses droits sur nous? -Les droits de la patrie qu'il symbolise. Nos devoirs envers lui? Nos devoirs envers la patrie? Je dirai hardiment qu'un lèse-majesté équivaut au lèse-patrie.

Il me faudra donc éviter l'indiscrétion. Cependant, j'ai le droit de dire que ce Prince de trente-deux ans a tenu à se mettre en relation avec ses fidèles nouveaux, dont la plupart sont de son âge, et qu'il leur a souvent donné de hautes marques d'estime et d'attention. Trois textes s'imposent, en ceci, à mon souvenir. Je ne sais pas pourquoi j'hésiterais à les transcrire.

Mgr le duc d'Orléans écrivait à l'un de nous : « Comme vous le dites fort bien, l'accord est complet de la science historique et naturelle et de la doctrine monarchiste. Les esprits réfléchis et sincères seront certainement frappés de la démonstration que vous en faites. »

Mgr le duc d'Orléans écrivait, plus récemment, à un autre du même groupe : « Vous avez su donner à l'exposé des doctrines qui sont devenues vôtres une vigueur et une originalité particulières. Vous avez donc fait à côté et en dehors de mon organisation officielle l'œuvre la plus utile... Je vous en remercie. »

Enfin, Mgr le duc d'Orléans écrivait à un troisième ces paroles qui sonnent à la fois le bel âge du prince et le sentiment de la magistrature sacrée : « Réformer pour conserver, voilà tout mon programme... »

Tel a été l'accueil royal. Il est facile de prévoir quel

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