‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 40 sur 127 · UNE MALHONNÊTETÉ DÉTESTABLE · texte numérisé non relu

UNE MALHONNÊTETÉ DÉTESTABLE

M. Henry Joly, à l'Institut, citait le beau mot de Louis XIV, que « la guerre ne saurait être faite trop honnêtement ». Il y aurait une vraie malhonnêteté à demander au nom de la patrie, à l'universalité de ses citoyens valides, un effort quotidien presque surhumain, sans rien leur promettre en retour. Ce stoïque désintéressement serait d'autant plus scandaleux, qu'il est prêché par de beaux fils qui ne se battent pas, et qui ont coutume de tirer des charges politiques ou sociales qu'ils assument tous les profits, tous les bénéfices, tous les gains qu'elles comportent. Les plus idéalistes de nos députés emboursent jusqu'au dernier sou le prix de leurs palabres et de leurs travaux. Je ne vois pas pourquoi des lois nouvelles n'ajouteraient pas, à la frugale indemnité du poilu, la reconnaissance d'un droit personnel sur les dépouilles de l'ennemi. Cela risquerait, dit-on, d'entraîner des abus. Cela ressemblerait donc à toutes les choses humaines. Mais s'ablient-on de boire ou de dormir, crainte de l'abus? Il serait facile de régler, de proportionner d'après les mérites et les besoins, ces prélèvements définis.

Il ne serait pas moins facile d'en e.xclure toute idée de pillage, en s'inspirant d'un principe que l'hypocrisie germanique a la première mis en avant, et qu'il ne sera dès lors que juste de lui appliquer. Il pourrait être stipiilés que les Boches possesseurs des biens frappés de ce nouveau droit de la guerre, seraient indemnisés par la puissance publique allemande. Elle a déclenché l'ouragan de ruines d'abord subi par nous, et qui aboutira à un désastre subi par ses nationaux : à elle d'en payer les frais, tous les frais publics et privés.

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