‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 44 sur 127 · UN SIÈCLE ET QUART DE DÉCEPTIONS · texte numérisé non relu

UN SIÈCLE ET QUART DE DÉCEPTIONS

11 y a cent vingt-cinq ans que nous faisons des guerres de plus en plus terribles, mais qui ne servent à rien, à moins de servir contre nous. Prenez les longues suites de batailles, à peine coupées de trêves légères, qui vont de 1792 à 1815. L'armée française court l'Europe, le drapeau français flotte dans toutes les capitales; mais le résultat.!^ En 1814, nous restions Gros- Jean comme devant, et revenus aux limites de 1792. En 1815, la France a perdu quelque chose sur les frontières de la monarchie. Négligeons la différence, si elle est négligeable. Des millions d'hommes sont morts, des efforts gigantesques ont été tendus et soutenus : pour quoi ? Pour rien.

Et pourquoi a-t-on fait la guerre de Crimée ? Bien peu pourraient le dire. Si la guerre d'Italie nous a valu Nice et la Savoie, elle a eu pour suite immédiate la constitution de l'unité allemande : son bénéfice a disparu dans la catastrophe de la grande guerre déclarée dix ans plus tard, qui acheva de montrer le fléau guerrier sous la face uniformément désastreuse ou stérile. Comment un siècle aussi mal loti n'aurait-il pas élaboré l'utopie d'abolir une loi du monde ? Nos contemporains boches, que la guerre a unifiés et enrichis, ignorent tout de ce pacifisme.

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