‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 50 sur 127 · NOUS NOUS BATTONS POUR NOUS · texte numérisé non relu

NOUS NOUS BATTONS POUR NOUS

En ne retenant de son objection que ce qu'elle contient de positif, le danger des revendications susceptibles de « nous aliéner de précieux concours », je l'assure qu'il n'y a que nous en Europe d'assez simples d'esprit pour hésiter à assurer nos citoyens et nos soldats que la guerre devra les payer, les payer collectivement et individuellement, et que l'Allemagne a largement de quoi faire face à cette double dette équitable, dette à faire valoir et

même à faire briller, parmi les considérations proposées à nos combattants.

S'il est bien conçu, bien rédigé, bien vulgarisé, comme le souhaite précisément M. Jean Herbette, ce programme fondé sur des réalités matérielles, a l'avantage de répondre catégoriquement à l'insidieuse question de l'anarchie philoboche aux poilus : « Pourquoi te bats-tu ? » Le poilu doit pouvoir répondre : a Pour moi-même, mon vieux!... » Il ne se bal certes point pour cette seule cause égoïste et intéressée. Mais même l'égoïsme, même l'intérêt sont et doivent être mis en avant dans la « guerre totale ». Même au point de vue le plus personnel, il ne doit pas être dit que le poilu est dupe, que le poilu sera refait. La nation irritée et juste doit lui promettre d'un mot décisif, ineffaçable, sa part, sa part de la dépouille opime de l'ennemi. Sans doute, il peut mourir à la dure et sublime tâche; en ce cas, sa femme, ses lils, son vieux père, tous les siens, doivent être munis d'un titre régulier au gâteau, au partage du triomphe final.

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