‹ Une campagne royaliste au "Figaro"Chapitre 82 sur 127 · LA PART DU POILU · texte numérisé non relu

LA PART DU POILU

Si un Français sans parti pris hésitait, Je le prierais de voir une lettre. Un caporal m'a fait le grand honneur de m'écrire du front :

Je vous envoie ces quelques mots, pour vous féliciter de la campagne que vous menez sur les « Prises de guerre et la part du poilu » dans notre noble journal V Action française; j'ai fait lire plusieurs des lettres reproduites à la Propagande,

à plusieurs de mes camarades, et surtout à des camarades qui ont encore leurs idées noircies de leur dieu Jaurès et qui croient encore que royauté veut dire esclavage, ou gouvernement de nobles ou de curés, et ne lisent pas l Action française, croyant que c'est un journal qui ne s'occupe pas du tout de l'ouvrier et du malheureux. Ils sont tous étonnés en voyant au contraire que V Action française les défend, plus que n'importe quel journal se disant le défenseur du peuple, et finalement ne faisant rien pour lui, au contraire, ne cherchant qu'à les faire exploiter.

Oui, bravo pour votre campagne; oui, c'est bien beau de dire que l'on combat pour la liberté et les droits du monde, mais il faudrait aussi que l'on nous dise et que l'on nous montre que nous combattons pour notre existence et non pour notre ruine, il ne s'agirait pas qu'à notre retour dans nos foyers nous n'y trouvions que la misère, pour fruit de notre dévouement sur le champ de bataille, et c'est ce qui nous attend tous, pauvres poilus

{Censuré).

brave poilu, qui aura souffert toutes sortes de maux, pour sauvegarder notre chère France des mains de l'Allemagne.

Oui, au premier appel de la France, nous nous sommes levés et, accourus à son secours, nous avons quitté tout ce que nous avions de plus cher, parents, femme, fiancée et amis, nous avons quitté nos maisons, nos champs, et nous du Midi, nos vignes; l'on nous a pris chevaux, charrettes, harnais, l'on nous l'a bien payé un peu, mais où est passé cet argent après bientôt trois ans de guerre? Comment retrouverons-nous nos champs et nos vignes, à notre retour, comment pourronsnous sans économies (et les économies pendant ces trois années seront plutôt des dettes) iious remonter d'un cheval, d'une charrette et de tout ce que nous n'avons plus depuis notre absence?

Nous savons bien que tout de suite les puissances ennemies ne pourront nous payer tous les frais, mais elles auront bien des chevaux qui survivront de cette guerre, des harnais, des charrettes, etc., qui ne ieront pas démolis. Eh bien, tout ça pourrait être distribué à chaque poilu selon ses besoins et ses mérites, et en plus une petite somme pour qu'il puisse continuer

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son labeur d'avant la guerre, et qu'il puisse faire reproduire sa petite propriété et reprendre sa vie de famille heureuse, d'avant la guerre.

Continuez toujours à nous défendre, tous les poilus seront avec vous, avec nous, avec l'Action françaùe, et après la guerre, nous balayerons tous ensemble la cause de nos malheurs et de nos misères.

Je vous salue, votre ardent soldat.

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