‹ Une cantatrice "amie" de Napoléon; Giuseppina Grassini, 1773-1850Chapitre 3 sur 9 · PAIS1ELLO · texte numérisé non relu

PAIS1ELLO

d'après le tableau de M"'- Lebrun au musée <lu Louvre.

femme, à laquelle, disait-il, le climat de Paris n'était pas favorable; il demanda son congé et partit, pourvu d'une bonne pension, aux premiers jours de 1804. Cependant, devenu empereur, c'est encore à un artiste italien, à Paër, l'auteur de l'Agnese et de Griselda, que Napoléon voulut confier la direction non plus de sa chapelle, qu'il avait confiée à Lesueur, mais de sa musique particulière, comprenant le service des grands concerts de la cour et des représentations italiennes qui devaient avoir lieu avec un grand luxe, tantôt aux Tuileries, tantôt à Saint-Cloud ou au palais de

GI1 5EPPINA GRASSIN1

Fontainebleau, su ivanl les circonstances. La chosesefil de telle sorte el dans des conditions si singulières qu'elle mérite d'être racontée. C'était à la fin de ISO*;. Après la campagne dePrusse, qui s'était terminée par le coup de foudre d'Iéna, Napoléon, se mettant à la recherche de l'armée russe, s'était rendu à Dresde et avait eu l'occasion d'assister en cette ville à la représentation d'un opéra nouveau de Paër ef l'un de ses meilleurs ouvrages, Achille, qui lui plut beaucoup. Il songea aussitôt, bien qu'il eût alors d'autres sujets il<- distraction, a « s'emparer » du compositeur pour en faire le directeur de sa musique. Mais Paër, qui avait succédé a Naumann comme maître de la chapelle royale, était au service du roi de S;i\.'. Cela n'étail pas pour embarrasser l'autocrate devanl qui tout tremblail H qui ne connaissait aucun obstacle à sa volonté. Il exprima au roi de Saxe un désir qui équivalait a un ordre, et celui-ci s'empressa de rendre sa liberté à Paër. Le compositeur n'avail plus alors qu'à obéir, comme son souverain, et Napoléon, qui lui avait l'ait connaître les avantages d'ailleurs très réels de la situation qu'il lui offrait, l'emmena à Varsovie pour

organiser quelques c «rts, jusqu'au jour où il le ramènerait en

France avec lui. (Toi a Varsovie que l'ut rédigé et signé l'engagement qui attachait l'artiste à l'empereur en qualitéde compositeur '■t de directeur de sa musique particulière, engagement dont voici le texte et l,i teneur :

Le soussigné Charles-Maurice Talleyrand, Prince de I i- • 1 1 --% » • 1 1 1 . grand chambellan de v. M. l'empereur des Français, roi d'Italie, déclare par la présente avoir engagé M. Paër en qualité 'le compositeur île la musique 'le la chambre «le S. M. l'empereur îles Français, roi d'Italie, aux conditions suivantes :

Article I. — M. Paëi dirigera i;i musique 'le- concerts el du théâtre do la cour, et composera toutes les pièces 'le musique qui lui seront commandées par ordre 'le S. M. impériale.

Art. IL— Il jouira d'un traitement annuel île ^s.ikid francs, lesquels lui seront payés •■!! douze parties '-cale-, de mois en moi-.

G1USEPP1NA GBAsM.M 13

Art. III. — L'engagement que prend M. Paër est pour toute la durée de sa vie, et il conservera en conséquence, sa vie durant, le titre de compositeur de la chambre de S. M., ainsi que le traitement ci-dessus mentionné.

Art. IV. — Il entrera en jouissance de son traitement à dater du 1er décembre 1806, époque à laquelle son service a commencé.

Art. V. — Lorsque M. Paër devra suivre la cour dans ses voyages, il recevra une indemnité de lu francs par poste et de 24 francs par jour.

Art. VI. — 11 lui sera accordé, chaque année, un congé pendant les mois de Mai, Juin, Juillet et Août.

Art. VII. — M. Paér recevra pour frais de voyage de \ i Paris la somme

de 3.000 francs. Le voyage de Dresde jusqu'à Varsovie ayant été fait par ordre de S. M. impériale et royale, il en sera dédommagé conformément à l'article V.

En foi de quoi le présent engagement a été expédié double, et expédition en sera donnée à la partie contractante.

Varsovie, le 14 Janvier 1807.

Charles-Maurice Talleyrand, prince de Bénévent, Ferdinand Pai£R.

Approuvé.

Par l'empereur.

Le ministre secrétaire d'Etat, Hugues B. Maret.

Il est probable que l'idée d'avoir une musique particul ière ne s'était pas présentée tout d'un coup à l'esprit de l'empereur, à la seule vue de Paër. et qu'elle avait dû germer déjà dans son cerveau. Ce n'est pas qu'il fût absolument féru de musique, et nul ne l'ignore. Mais, s'efforçant en tout d'imiter l'ancienne monarchie, il s'était, nous l'avons vu, constitué une chapelle, à la tête de laquelle il avait placé Paisiello, et il prétendait avoir aussi sa « musique de la chambre». Mais ce n'étail pastout que d'avoir un directeur pour cette musique, qui n'existait pas encore; il fallail à ce chef donner

i.H SEPPINA GKA->IM

des soldai-, c'est-à-dire lui fournir les chanteurs destinés à i'ormer le personnel des concerts ei des représentations qu'il éiail appelé ù diriger. C'est alors qu'a ce! effel furenl appelés a Pans un

Page 1