Dans l'article intitulé Les Girondins
« tion que vous avez accordée à mon livre et du « jugement si bienveillant que vous en portez. « Je me trouve naturellement très disposé à sou- « mettre mes impressions aux vôtres. C'est me « corriger à coup sûr et étendre mes vues.
« Peut-ôtre, tout en cherchant à me raidir dans « une impartialité inflexible, peut-être suis-jc « allé jusqu'au .s2/;>?//«?wi jus envers Rousseau. « Mais on a fait un tel abus de ses doctrines, « il y a eu de si sots imitateurs de sa manière « et de son langage, son exemple a été en tous « sens si contagieux et pernicieux, que j'ai « voulu en parler d'après les textes et sans « détour.
« Me voici bientôt sorti d'une autre entrece prise beaucoup plus longue. Je viens d'impri- « mer mon mémoire sur Leibnitz en un gros « in-octavo, et j'espère en être quitte avant « l'ouverture des vacances. C'est vous adresser « à l'avance l'hommage d'un des premiers « exemplaires. Je n'ai pas encore d'idée très « arrêtée sur l'emploi que je ferai de mes « vacances. Je vous confierai cependant que « je suis tenté d'aller à Berlin et à Vienne « chercher les traces de la correspondance « très intéressante qu'ont dû entretenir Lei- « bnitz et le prince Eugène. Malheureusement,
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« je n'aiaucunedonnéesuFces papiers, ni tenant « ni aboutissant pour les découvrir. Mais il est « impossible que les chancelleries allemandes « ne possèdent pas des correspondances militaires « et diplomatiques du prince, auxquelles peut « se trouver mêlée la correspondance philoso- « phique qui m'occupe. 11 serait curieux de « savoir quel prix ce grand homme de guerre « attachait aux théories leibnitziennes. Où que « j'aille, je terminerai certainement par TAu- « vergne; j'y suis attendu par ma mère et me « sens attiré, en outre, parla certitude de vous « retrouver (l*"" juillet 1860). »
Au commencement du mois d'août, l'impression du mémoire sur Leibnitz, couronné par rinstitut, était achevée et le volume mis en ventée M. Villemain fut content du livre et l'écrivit à l'auteur :
« Je vous remercie de votre souvenir, et je (( lis avec beaucoup d'intérêt le savant mémoire « que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer. « Je m'associe à votre admiration de Leibnitz « métaphysicien, à part (azc) ses préférences pour « notre langue française et son excellente « manière de l'écrire. Vos citations si habile-
1. La philosophie de Leibnitz, ouvrage couronné par l'Instilut. Paris, Hachette, 1860, in 8*.
« ment rapprochées, vos analyses, vos libres « jugements font mieux comprendre ce grand « successeur de Descartes. Mais je n'ai pas la « prétention d'ajouter aux justes éloges que « vous avez reçus, et je me borne à vous en fêliez citer et à les répéter à mesure que je vous « lis (12 novembre 1860). »
Par la lettre qui suit, M. Guizot de son côté accusa réception du livre :
« Je vous remercie, Monsieur, d'avoir pensé « à m'envoyer votre mémoire sur Leibnitz.
«Je n'ai pu encore que le parcourir, mais j'en « ai entrevu tout le mérite et Tintérôt. Ce sont « pour moi de bien anciens souvenirs que ceux « auxquels vous faites allusion; mais les plus « anciens souvenirs sont souvent les plus doux « et il n'y a point d'événement, point d'affaires « qui aient éteint en moi le goût des méditations « auxquelles vous consacrez votre vie. Vous y « réussissez à nierveille, Monsieur, et vous ne « craignez pas que la folie des hommes, rois ou « peuples, vienne vous y troubler. Je vous en « fais mon compliment (13 décembre 1860)* »