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Une visite à Hanovre^ pp

philosophe, sur son rôle et sur ses idées, firent lobjet d'un mémoire lu à TAcadémie des Sciences Morales et Politiques pendant les séances des 10, 17 novembre et 8 décembre 1860. Ce fut la première communication de M. Nourrisson :

« J'avais espéré pouvoir vous annoncer, écrit-il « àM. de liarante, Tenvoi d\me monographie que « j'ai rédigée sur mon dernier voyage en Alle- « magnée J'en ai fait l'objet de lectures à « l'Académie des Sciences Morales et Politiques (( où j'ai trouvé grande bienveillance. Mais les « intervalles nécessaires de ces lectures ont ap- « porté à l'impression du mémoire des retards « imprévus. Il me faudra encore quelque temps « pour paraître. J'ai appris par M. Cousin que « vous aviez mis comme la dernière main à « votre ouvrage sur Royer-CoUard. Le public « accueillera ce livre avec toute la faveur qui « s'attache à votre nom. Le sujet même l'inté- « ressera peut-ôtre aussi plus qu'il n'eût fait, « il y a quelques mois, aujourd'hui qu'on semble « nous convier à quelque exercice de la vie pu- « blique. J'avoue bien ne pas trop comprendre « le mécanisme de nos institutions, ni com-

1. Utie visite à Hanovre {septembre 1860), mémoires sux" (.çibnitz. Paris, Durand, 1861, in-8°.

« ment pourront fonctionner les ministres à « portefeuille et les ministres à porte-voix « (16 décembre 1860). »

Pendant Tintervalle qui s'écoula entre son voyage en Allemagne et ses lectures à l'Académie des Sciences Morales, Félix Nourrisson fut secoué par une cruelle émotion. Il dut, en toute hâte, accourir de Paris près de sa mi>re gravement malade :

« Je ne suis pas heureux. 11 me faut repar- « tir d'ici demain pour Paris, d'où je suis ac- « couru en apprenant la maladie de ma mère, « sans que je puisse aller vous offrir mes « respects. Ce qui m'est une très grande priva- « tion. Je veux, du moins, remercier madame « de Barante et vous de votre bon intérêt. Après « une crise qui a été une véritable alarme, ma « mère se trouve beaucoup mieux et n'éprouve « qu'une extrême faiblesse dont le temps et le « régime suffiront, j'espère, à la relever. J'ai été « bien satisfait de trouver et je suis en parfaite « sécurité de laisser auprès d'elle une sœur de « Bon-Secours. J'ai eu à peine besoin qu'on «m'apprît que l'établissement à Thiers de ces « excellentes religieuses était un nouveau bience fait dont pous étions redevables à ^ladame

« de Barante. Je Ten remercie avec effusion « (octobre ou novembre 1860). »

L'année 1861 n'amena dans la carrière maintenant paisible de M. Nourrisson aucun événement qui mérite d'être noté. 11 espérait que le discours de réception du P. Lacordaire à l'Académie française amènerait M. de Barante à Paris un peu plus tôt que d'habitude et il s'en réjouissait :

« Ne serez-vous pas ici pour la réception

< du P. Lacordaire ? J'entends dire que son ( discours est un peu trop assaisonné de sel ( démocratique. Cela se devait prévoir et je

< doute fort que l'éloquent Dominicain com-

< prenne la démocratie comme son prédéces-

< seur à l'Académie française*, quoiqu'il en

< connaisse aussi bien la nature et, avec les

< prestiges, les dangers. Je viens de lire la pu-

< blication faite par M. de Beaumont d*uu ( choix de lettres de M. de Tocqueville. Mal- ( gré les inconvénients inséparables de ce

< genre de recueils, j'ai conçu de l'auteur deL« ( démocratie une idée plus haute que je n'en

< avais. Je ne sais si je me trompe, mais il m'a semblé trouver en lui, précisément, toutes

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