CHAPITRE XX
M™« de Barante, — Eludes sur Bossuet. — La politique (le Bossuet, — Mort de Victor Cousin. — Seconde candidature. — Election de M. Vacherot. — M. Nourrisson perd sa mère. — Le Christianisme et la liberté, — Lettre de M. A. Thiers.— La mort du duc Victor de Broglie. — De la liberté et du hasard, — Essai sur Alexandre d'Aphrodisias. — Candidature à Tlnstitut. — Présentation de la section de philosophie. — Lettre de M. Naudet. — Membre de l'Institut.— Le P. Gratry — L'abbé Deschamps et l'abbé Meignan — La semaine sainte à Tours. — Le toast du cinquantenaire. — Bénédiction dernière. — Lettre de M«^ Meignan.
La mort de son vieil ami ne fit pas, pour Félix Nourrisson, du château de Barante, le tombeau d'un souvenir. Souvent, comme par le passé, il y revint visiter la baronne de Barante qui y vivait retirée, vénérée comme une sainte, tout à la prière et aux bonnes œuvres. Ainsi que son mari elle s'était autrefois attachée au jeune étudiant et lui avait conservé une malernelle alTcction, qu'elle éiondit ensuite à sa
jeune femme et à ses fils. Un jour, embrassant ces derniers, elle leur disait : « Je vous traite comme mes petits-enfants », parole qui resta gravée dans leurs cœurs, inséparable de cette douce mémoire.
Jamais M. Nourrisson ne cessa de s'occuper de Bossuet. La philosophie de Bossuet était le sujet de sa thèse française, dont, quelques années plus tard, parut une seconde édition augmentée. Des articles sur le quiétisme, en 1851, sur la candidature de Bossuet à l'Académie française, en 1853, sur la vie de Bossuet, en 1855, sur les mémoires et journal de Tabbé Dieu, en 1859, avaient été insérés dans diverses revues ^ En 1862, un mémoire sur les sources de la philosophie de Bossuet, préparation de la seconde édition de sa thèse, et, en 1866, peu de temps avant le malheur du 22 novembre, une série de lectures sur la politique de Bossuet furent écoutées avec intérêt par l'Académie des Sciences Morales et Politiques pendant les séances des 7,21, 28 juillet, 3 et 24 octobre. Ces lectures formèrent un volume qui parut pendant le printemps de l'année 1867*. Le ju-
1 . Ces articles ont été réunis dans le volume intitulé : Histoire et philosophie (1860), puis Portraits et éludes (1862). '2. La politique de Bossuet. Paris, Didier, 1867, in-12.
â98 Une carrière UNiVEftsitAtliË
gemcnt de Tauteur y reste indépendant de Tadmiration que lui inspire le grand orateur chrétien, sans que, toutefois, comme il l'écrit dans sa préface, son âge murait rien à rabattre de Tenthousiasme que tant d'éloquence unie à tant de bon sens avait inspiré h sa jeunesse. La conclusion, en même temps qu'elle fait connaître l'idée générale du livre, jette un jour sur les opinions personnelles de l'auteur et sur Tindépendance de sa critique :
« En somme, s'il fallait résumer l'impression « que m'a laissée l'étude de la Politique tirée (c des jnojjrcs paroles de r Ecriture saiîite^je di- « rais qu'en dépit des vices essentiels qui « annulent en très grande partie cet ou- (( vrage, Bossuet m'y est encore apparu tel (( que je me l'étais figuré à méditer ses « autres écrits: l'intelligence la plus impertur- « bable de son siècle, une des plus sûres inspi- (( rations que notre âge puisse, à certains égards, « consulter.
« Certes, nous avons d'autres idées, et des « idées plus justes que Bossuet sur l'origine, « la nature, l'organisation et le rôle du pouvoir, « sur la liberté de conscience, sur la liberté « civile, sur la liberté politique; ce sont là « autant de progrès dus au développem3Qt de
« la raison, au laps des ann(5es, aux souffrances « de nos pères
« .,.qiii sanguine îiobis « Hanc patriam pcpere suo.
(( Bossuet réfléchit dans son style, d'une « simplicité souveraine, la majesté et lafai- « blesse d'un passé disparu, grâce au Ciel, sans « retour. Mais Bossuet n'en resta pas moins le « représentant par excellence d'un principe « sans lequel il ne saurait y avoir de liberté « véritable, du principe d'autorité. La liberté « dans l'autorité, c'est là, je le sais, la quadra- « ture de la politique. Cependant je m'assure « que cette quadrature aussi peut et doit être « résolue par des approximations successives ^ »
Pas plus que M. de Barante, M. Cousin ne devait lire ce nouveau volume. Deux mois, on effet, avant que parût La politique de Bossiiet^le 14 janvier 1867, il était mort à Cannes. Ce ne fut pas, pour M. Nourrisson, une douleur comparable à celle que, un an plus tôt, il avait si profondément ressentie. Ce n'en fut pas moins la rupture d'une longue intimité de pensée.
i. p. 297 et suiv.
300 UNE CARRIÈRE LINIVERSITAIRE
Victor Cousin Tavait accueilli, tout jeune, avec une grande bienveillance. Il le recevait fréquemment, se plaisait à sa conversation, l'aimait certainement, car nous avons cité des lettres où, neTayantconnu qu'étudiant, il l'appelle cependant « mon cher enfant ». Il avait été témoin à son mariage. Pendant les absences la correspondance était fréquente et sur un ton de confiance. Si, au début de sa candidature, M. Nourrisson, tout en étant encouragé par lui, n'y avait pas trouvé l'aide sur laquelle il comptait, c'était, sans doute, pour des motifs étrangers à M. Nourrisson qui, le préféré une fois élu, aurait certainement retrouvé l'appui de son maître. Cette mort était donc à la fois et pour l'ami, et pour le philosophe, et pour le candidat, une perte réelle. Une vacance s'en suivait dans la section de philosophie et il fallait, sans grand espoir, car le succès de M. Vacherot semblait assuré, se remettre en campagne. L'élection du successeur de M. Cousin, longtemps différée, n'eut lieu que le 7 mars de l'année suivante (i8()8). La section présenta en première ligne, M. Vacherot; en seconde ligne ex aeqiio^ par ordre alphabétique, MM. Caro, Lemoine, Nourrisson, et en troisième ligne, M. Mallet. Comme à l'élection précédente.
après M. Vacherot, MM. Nourrisson et Caro eurent d'abord le même nombre de voix. Au second tour M. Vacherot fut élu et M. Nourrisson, ayant gagné des voix, se trouva rester bon premier, comme Tavait été M. Vacherot, en 1865, et avec le môme nombre de voix.
Il est dans hi vie des périodes pendant lesquelles le malheur, après nous avoir longtemps oubliés, frappe h coups redoublés et alors les deuils se succèdent par série. On pourrait presque croire que, avec la mort d'Henri Perreyve, en 1865, suivie, en 1866, de celle de M. de Barante, l'équilibre du bonheur de M. Nourrisson fut, pour un temps, rompu.
Une nouvelle mort, la plus cruelle, l'atteignit en plein cœur. Sa mère mourut à un âge où l'espoir lui était permis de la conserver longtemps encore. Une vingtaine d'années plus tôt, au moment où elle devenait veuve, M. de Barante avait écrit à son fils : « Madame votre mère doit « être fort accablée et va se trouver bien seule « dans le monde ; la piété lui donnera courage « et remplira sa vie. » 11 en fut ainsi. De plus en plus, après son malheur, M""" Nourrisson s'était adonnée à la prière et à la pratique du bien, seules consolations aux grandes douleurs. Un lien, cependant, la retenait ici-bas
et lui faisait aimer la vie ; c'était ce fils, sa dernière affection et son légitime orgueil, à qui se bornait tout son horizon terrestre. En cette douloureuse circonstance, le P. Gratry écrivit à son disciple ce petit billet tout simple :
« Cher ami, j'ai offert le saint sacrifice de (( la messe pour cette bonne mère qui vous a « quitté. Je me souviens d'elle bien distinc- « tement. Tous les traits du souvenir restent « dans ces deux caractères : la vertu et la « bonté (1868). »
C'est une loi de la nature et la volonté de Dieu que, après av«ir suivi dans l'oubli de toutes choses, jusqu'à la tombe, nos chers disparus, nous remontions lentement à la lumière, prêts à accepter, sans toutefois permettre que s'effacent dans nos cœurs les images aimées, les consolations et môme quelques-unes des joies que la vie peut nous offrir encore. Des devoirs nous attendent et il ne nous est pas permis de dépenser nos énergies dans des douleurs sans espérance, dans des regrets sans but. Félix Nourrisson avait d'ailleurs, pour réfugier sa douleur, une famille avec qui la partager et le travail qui occupe la pensée : il se remit donc à l'étude, c'est-à-dire à ses élèves et à ses écrits. Les encourae^ements ne lui manquaient
pas. Pendant cette raôme année 1868 avait paru dans Le Correspondant l'article sur Le Christianisme et la liberté^ dont M. Guizot le remercia par la lettre citée plus haut-. C'est la môme année et aussi à propos de questions relatives à la liberté religieuse que M. A. Thiers lui écrivit la lettre suivante :
(( Je vous remercie, Monsieur, de votre (( aimable et bien tlatteuse lettre qui m'a « vivement touché, surtout venant d'un juge « tel que vous. Vous êtes l'un des esprits « éclairés et des savants les plus distingués de « notre temps, et recevoir votre approbation « en des termes tels que ceux que vous avez « employés est une grande récompense des « efforts que j'ai faits pour la défense de la « vraie politique et de la vraie liberté religieuse. « Quelques détracteurs subalternes ne sont rien « quand on a le suffrage des juges de premier « ordre.
« Recevez donc de nouveau mes remercie- « ments avec l'assuramîc de mes sentiments « les plus affectueux (18 janvier 1868). »
L(3 25 janvier 1870, par la mort du duc Victor de Broglie, une nouvelle vacance se
produisit dans la section de philosophie de TAcadémie des Sciences Morales. Quelques jours avant, à la séance du 22 janvier, M. Nourrisson avait commencé la lecture d'un mémoire sur Alexandre d'Aphrodisias, qui fut achevée pendant la séance du 5 février. C'est le défenseur du libre pouvoir de Thomme contre la théorie du fatum aveugle que M. Nourrisson cherchait surtout à mettre en lumière dans ce mémoire qui fut publié en volume, suivi d'un des plus importants traités d'Alexandre, traduit pour la première fois en français-.
La vacance ne se prolongea pas aussi longtemps que pour les deux élections précédentes, et, au mois de mai, l'Académie procéda au remplacement du duc Victor de Broglie. L'ordre dans lequel les candidats sont présentés par la section ne dicte pas son vote à la Compagnie, mais il est destiné à Téclairer; beaucoup des membres de l'Académie que leurs études spéciales n'ont pas préparés à juger par eux-mômes entre les candidats, s'y rallient.
C'est donc presque toujours avec raison que
1. Delà liberté el du hasard. Essai sur Alexandre d'Aphroisias^ suivi du Traite' du destin et du libre pouvoir aux
empereurs, traduit pour la première fois en français. Paris,
Didier, 1870, in-8».
ANNÉES ISô'-lHlO 305
ceux-ci regardent comme un heureux augure du succès définitif la présentation en première ligne. Le résultat de l'élection précédente donnait à M. Nourrisson le droit d'y compter et, cependant, cette fois encore, il fut présenté en seconde ligne. Ce fait s'explique. Une candidature toute nouvelle avait surgi : celle de M. Félix Ravaisson-MoUien, philosophe justement tenu en très haute estime, et, depuis plus de vingt ans, membre de TAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres oîi il avait succédé à Letronne, en 1849. Les membres de la section avaient cru convenable de présenter en première ligne un confrère appartenant depuis longtemps déjà, à Tlnstitut. Grandes durent être les alarmes de M. Nourrisson. M. Naudet lui écrivit pour les calmer, tout au moins en ce qui le concernait, et Tassurer de sa fidélité : « Mon cher Monsieur, la dernière séance du « 30 avril n'a rien changé à mes sentiments et « k meé résolutions pour vous; je reste au « nombre de vos adhérents. Vous étiez digne « des sulTrages de l'Académie et vous n'en êtes « pasmoins digne quoiqu'il soit arrivé. Il s'agit, « dans ce débat, d'une simple satisfaction « d'amour-propre pour un des candidats; il « s'agit pour vous de toute votre fortune lilté-
« raire et de votre avenir qui doit couronner « une longue, laborieuse et honorable car-
« rière.
« Veuillez recevoir, Monsieur, la nouvelle as-
« surancede loutesmessympathies(3 mai 1870).» C'est le 1 i mai qu'eut lieu le scrutin. L'Académie présentait en première ligne M. Ravaisson-Mollien; en seconde ligne, M. Nourrisson, en troisième ligne, M. Lemoine. M. Nourrisson fut élu au premier tour.
Quand il eut, comme il était juste, apporté aux siens, avec Fheureuse nouvelle, la joie, si, parvenu à ce point culminant de sa carrière Félix Nourrisson jeta un regard vers le passé, combien déjà manquaient à l'appel, pour qui ce jour eût été heureux! Son père, en 1851, ouvrait la liste funèbre; puis, en 1853, Frédéric Ozanam; en 1865, Henri Perreyve; en 1866, M. de Barante; M. Cousin en 1867, et, tout récemment, sa mère qui avait suivi, sans en voir la fin, les phases de cette candidature. Quel bonheur, cependant, pour son fils, et combien le prix en eût été décuplé s'il avait pu déposer à ses pieds cette couronne ! Le P. Gralry,qui, un mois plus tard, lui écrivait : « Comment en suis-je (( encore à vous féliciter, h nous féliciter de votre « juste et heureuse élection? » le P» Gratry,
<léjà marqué par la mort, ne devait pas survivre aux désastres de la Patrie.
Deux seulement des amis dVnfance et de jeunesse de M. Nourrisson vivraient plus longtemps que lui : le P. Lescœur, déjà rencontré dans ce récit, et M. Tabbé Deschamps. Ce dernier, son collègue au collège Stanislas, une vingtaine d'années plus tôt, lui était resté lié par une profonde amitié : « Cette belle âme, écrivait-il plus « tard àM°" Nourrisson, est une de celles que « j'aurai le plus longtemps connues et avec « lesquelles je me serai trouvé le plus étroitece ment uni. J'ai pu en apprécier la noblesse et « l'élévation . » Lié dès ce temps-là avec M. l'abbé Meignan, le futur cardinal, dont il devait être, à Téveché de Châlons et à l'archevêché de Tours, vicaire général, M. Deschamps l'avait mis en rapport avec le jeune professeur, heureux de créer entre ses deux amis une amitié égale à celle qui l'attachait lui-même à chacun d'eux.
Bientôt, l'union fut étroite entre les trois amis et ne se relâcha pas quand les circonstances diverses de la vie les dispersèrent. Les voyages à Paris créaient de loin en loin des occasions de rencontre. Plus tard , lorsque M'^' Meignan fut archevô(|ue de Tours, M* Nourrisson allait,
tous les ans, passer près da lui les jours de la semaine sainte. Le cardinal le faisait assister à ses côtés aux longs offices de la cathédrale. A ses côtés n'est pas une métaphore. Par ordre, dans le chœur, près du trône archiépiscopal, un fauteuil était apporté. C'était la place réservée à M. Nourrisson. Celui-ci, en vain, se défendait, se retranchant derrière son laïcisme, objectant la surprise des fidèles, montrant sa redingote qui ferait un trou noir parmi la blancheur des surplis et les rochets : « Nourrisson, Nourrisson, disait le cardinal, si vous résistez, je vous ferai chanoine de ma cathédrale », et, devant cette menace, il fallait bien céder. Confus, un peu gêné, n osant pas trop lever les yeux ni regarder autour de lui, le membre de l'Institut suivait l'office plus dévotement que le clergé, qui peutêtre le jalousait, attentif, dans cette situation on vue, à se lever, à s'agenouiller et à s'asseoir, conformément au cérémonial.
Quand, en 1890, le cardinal célébra le cinquantième anniversaire de son sacerdoce, le soir, au banquet, ce fut, à sa demande, M. Nourrisson qui porta le toast au nom des laïcs, aussitôt après S. Em. le cardinal Langénieux.
Versla fin du mois de décembre de l'année 1895, M. Nourrisson était venu visiter son vénérable
ami. Avant le départ, il assistait à sa messe. Quand, après Vite missa est^ le cardinal leva la main pour bénir, soudain il suspendit son geste, et, en quelques mots émus et affectueux, dit à son ami que tous les deux déjà étaient au déclin de la vie, qu'ils ne savaient pas s'ils se rencontreraient encore ici-bas, que cette bénédiction était peut-être la dernière qu'il lui donnerait et que, de tout son cœur, il le bénissait lui et les siens. Quelques semaines après, M. Tabbé Deschamps télégraphiait à M. Nourrisson, à Paris, qu'on venait, le matin, de trouver le cardinal mort dans son lit.
C'est à Rome, où le retenaient les travaux du Concile, que M*^' Meignan, alors évoque de Châlons, apprit l'élection de M. Nourrisson à l'Institut :
« Mon cher Nourrisson, l'excellent évoque de « Cahors ^ vient de m'apprendre votre nomina- « tion à l'Institut de France : vous pouvezjuger « du bonheur, du plaisir que cette nouvelle « m'a causé. Je me suis représenté la bruyante « joie de vos petits enfants et la doiice satis- « faction qu'aura éprouvée M""® Nourrisson en
1. C'était Ms' Grioaardias, ancien curé de la cathédrale de Çiermont, et, lui aussi, ami de M, Nourrisson,
(( voyant qu'enfin quelque justice était rendue « à son mari. Pour vous, mon cher ami, si vous « avez été heureux, c'était surtout du bonheur « que vous avez vu autour de vous et que votre « âme de philosophe est satisfaite toutes les fois (( qu'un acte de réparation vient consoler ceux « qui ont le culte de la justice et de l'honnêteté.
« Recevez mes félicitations amicales, il ne « vous en sera point envoyé de plus sincères.
(( J'espère que nous touchons à la fin du Con- « cile. Où pourrai-je vous serrer la main si je « retourne dans mon diocèse par Strasbourg ?
« Que vous seriez aimable de m'accorder à (( Chàlons quelques jours de bonne et philoso- « phique conversation!
« Alors, nos bouches seront déliées etie vous u parlerai de mes études morales au Concile et « en Italie avec plus de liberté que nous n'en « avons aujourd'hui.
« M. Deschamps va vous écrire (19 mai 1870). »
Le décret impérial approuvant l'élection fut signé dans le plus bref délai, et, dès le samedi suivant, le 21 mai, le nouvel élu fut introduit en séance.