CHAPITRE XXII
1897—13 juin 1899
Le philosophe. — L'historien. — L'écrivain politique. — Le style. — Comment travaillait M. Nourrisson. — Ses cours. — Versailles. — Les vacances — Les voyages. — Les souvenirs de Ferney. — Aux Charmettes. — Les souvenirs de Leibnitz. — La ville de Hanovre. — L'Auvergne natale. — Le chalet de Neyron. — Les paysans et « le bon M. Nourrisson ». — Caractère et portrait. — Dernière maladie. — Les deux camarades. — Dernières journées. — Tout a été prévu. — Entre son père et sa mère. — Immortalité.
Nous avons parcouru maintenant dans ses grandes lignes la vie et Tœuvre de Félix Nourrisson. Ses idées philosophiques nous sont connues; peu de mots suffiront pour les résumer; c'est lui encore qui aura la parole.
Chrétien et philosophe, il ne veut pas que sa raison soit la servante de sa foi, mais que la foi et la raison se prêtent une aide mutuelle :
« Bossuet est un Père de TEglise. Qui l'ignore? « Bossuet est un philosophe, qui oserait le nier?
« Pour lui, la foi achève et confirme ce que la (( raison a commencé, tandis que fa. raison, à
« son tour, prépare à la foi, dont elle est un <( degré nécessaire. Combattre contre la raison « ou combattre contre la foi, c'est combattre « contre la vérité * . »
« Je parle au nom de la seule philosophie « qui mène à la théologie, je le veux, mais qui « n'y entre pas. Bossuet, dans le Traité de la Con- « îiaissance, disait: « Ces raisons sont solides et « inébranlables à qui les sait pénétrer; mais « le chrétien a d'autres raisons qui sont le fonce dément de son espérance : c'est la parole de « Dieu et ses promesses immuables-. »
« Je compte bien non seulement établir que « le christianisme a modifié la conscience et « les convictions humaines, mais démontrer « que la conscience reste hésitante, que les con- « victions n'aboutissent pas, si les enseignece ments de la religion ne viennent compléter « les données de la raison -^ »
PourNourrisson,laphilosophiespiritualisteest le seul remède contre les dangers qui menacent le
\. Essai sur la philosophie de Bossuet. Paris, 1852, avantpropos.