Lettre à M. de Barante, décembre
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sentiment religieux, parce qu'elle répond au besoin de l'humanité, parce qu'elle s'accorde avec le christianisme, parce qu'elle repose sur le sens commun^ :
« Quant à nous, en opposition avec le maté- ( rialisme bruyant et la mysticité extravagante ( qui se disputent actuellement la scène, nous ( nous sommes une fois de plus proposé de ( défendre les principes mômes sur lesquels, ( qu'on le nie ou qu'on Tavoue, qu'on le sache ( ou qu'on l'ignore, se fonde la société moderne, c c'est-à-dire, en les illustrant par l'histoire de ( la pensée humaine, les principes spiritua- ( listes qui, si longtemps, ont fait l'honneur de
< la philosophie française et assuré son cré-
< dit'-\ »
En somme, c'est le sens commun, le bon sens, qui doit être le grand maître :
« Sans cesser un instant d'ôtre moi-môme, « je me suis appliqué à invoquer des témoi- « gnages avec le môme soin que d'autre auraient « mis peut-ôtre h parler uniquement en leur « propre et privé nom. Aussi ai-je apporté h
1. Histoire el philosophie, 1860, ou Porlrails et études. Paris, 1863, pp. xiii-xiv.
2. Tableau des progrès de la pensée humaine depuis Thaïes jusquà Hegel. Paris, 1886, V édit., p. v.
« respecter le sens commun autant de scrupules « que d'infatués et frivoles docteurs marquent « d'affectation à le démentir. En un mot, je ne « me suis piqué ni de cette originalité qui n'est « que risolement dans Textravagance, ni de « cette profondeur qui n'est que l'obscurité où « l'impuissance ambitieuse se dissimule. La « vérité qui seule est originale, qui seule est pro- « fonde, la vérité m'a suffi. Et j'ai reconnu la « vérité à ce double caractère : qu'elle était « évidente et qu'elle était fructueuse*. »
Et, pour conclusion générale :
« Absence de système avec une connaissance « approfondie des systèmes; au-dessus dunatu- « rel, la foi explicite et déterminée au surna- « turel; la pratique prise comme critérium des « doctrines, et le sens universel contrôlé par le « sens commun, voilà à peu près les termes de « la charte philosophique que je consentirais i< à signer*^. »
Historien, il veut que celui qui écrit Thistoire soit exempt d'idées préconçues, respecte la vérité, peigne eu môme temps qu'il raconte, remonte aux sources et aux documents, se fasse une opinion personnelle.