Lettre à M. de Barante, janvier
« De toutes les manières d'écrire Thistoire, « et dont on a tant disserte^, une seule est réel- « leinent excellente : c'est celle qui consiste à « faire de l'histoire un récit, non un panépy- " rique ou un pamphlet; un exposé fidèle, non (( une thèse ou un plaidoyer : Historia scribitur i< ad narmndum^ non ad prohandion. Que ne i< sait-on, d'autre part, se soustraire h l'empire « des mots qui est le plus tyrannique et le plus « dangereux comme le plus sot de tous les n empires? Qu'importe, en effet, qu'on répudie « les idées dites rétrogrades, ou qu'on célèbre n les idé(»s dites avancées? Il n'y a, en définice live, d'idées qui nuisent que les idées fausses « et d'idées qui servent que les idées vraies ^w
« Nous sommes du moins soutenu par la cons- « cience de n'avoir pas un seul instant perdu « de vue que l'histoire est une école de respect « et de vérité^. »
(( L'histoire ne consiste pas simplement dans (( le récit exact des événements accomplis. Ce « n'est, h vrai dire, que la lettre morte de l'his- <( toire. Les croyances d'une époque, les idées (( qui l'ont passionnée, les hommes qu'elle a