Le cardinal de Bérulle, 18.')6, p. i
« produits, voilà surtout ce qui la classe et en « fixe le caractère ^ »
« Quiconque veut juger par soi-même le « xviii® siècle et la Révolution française et ne « point accepter de jugements tout rédigés doit « recourir aux textes originaux, interroger les « mémoires, compulser les innombrables ou- « vrages que ces deux époques ont pro- « duits. C'est ce que j'ai tenté, me proposant « de démêler, parmi le chaos des événements, « Tenchaînement logique des résultats, et de « réduire aux grandes lignes mille détails ence chevêtrés.
« Serais-je donc arrivé de la sorte à des consi- « dérations toutes nouvelles? A Dieu ne plaise « que j'avance une semblable prétention ! Le « plus souvent, au contraire, je n'ai fait que me « confirmer dans les vues d'excellents et émi- « nents esprits. J'estime, toutefois, que ce n'est « pas un contentement médiocre que de tirer « ses conclusions plus encore de la dictée môme « des choses que de la doctrine des historiens.
« Je n'ai pas tiré mes principes de mes préju- « gés^ écrivait Montesquieu, mais de la nature
1. Histoire et philosophie^ 1860, ou Portraits et études, 1863, p. II.
o fies choses. Parole d'or! Formule souveraine «< (le la vérité historique M »
Ecrivain politique, comme fondement de loule politique, M. Nourrisson veut le droit découlant de la notion divine et nécessaire du devoir-, Tusagc de toutes les libertés sous une autorité sage et ferme "*.
11 fait profession de n'ôlre pas de ceux qui regrettent Tancion régime, et d'être de son siècle '\ mais pense que la fausse idée de la souveraineté du peuple a fait dévier les principes de 1789, et, dans Touvrage que nous avons analysé plus haut, indique à quelles conditions, selon lui, la France peut rentrer dans la voie droite^.
Son style est simple, clair et apparaît comme la forme naturelle de la pensée qu'il présente. On y remarque çà et là, dans l'emploi de certains mots, dans l'amour de certaines expressions, une légère affectation d'archaïsme due à la fréquentation habituelle des auteurs du xvu" ctdu xviu'' siècles. Parfois, il s'échauffe, s'anime et s'élève jusqu'à l'éloquence. Ce n'est pas sur-
1. Le xviir siècle et la Révolution française. Paris, 1863^ pp. ix-x.