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Lettre à M. Nourrisson

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exerçait un puissant attrait sur son àme haute et bienveillante, quand elle se présentait ornée des dons de rintelligence et des espérances de l'avenir. C'est à lui que le peintre Marilliat, originaire de Thiers, dut de pouvoir suivre sa vocation pour les arts • ; on Ta surnommé quelque part «le bon génie des jeunes». Il connaissait Félix, étant en excellents rapports avec son père comme voisin de campagne et comme collègue au Conseil municipal; M. Cousin, qu'il rencontrait à l'Académie française, lui avaitaussi rendu bon témoignage de cet étudiant d'avenir qui promettait à la philosophie spiritualiste une nouvelle recrue. De suite, entre le jeune homme de vingt ans et le vieux gentilhomme, s'établirent d'affectueuses relations, un commerce ininterrompu de lettres qui devait durer pendant vingt ans, jusqu'à la mort de M. de Barante.

Une autre amitié fut aussi secourable fi Félix Nourrisson pendant ces années de crise et d'hésitations. La mère d'un de ses amis, camarade de cours, la marquise de Mathan, veuve du marquis de Mathan, pair de France, touchée de l'élévation de ses sentiments, de son ardeur au

1. Voir la lettre du baron de Barante au comte Iloudetot du mois d'octobre 1829 {Souvenirs du baron de Barante^ publiés par son petit-fils Claude de Barante, t. III, p. 517).

ANNÉES 182^-1846 il

travail, de son isolement dans une grande ville où il n'avait pas de famille, conçut pour lui un vif intérêt et, bientôt, Taima comme son, fils. Près de cette femme d'une haute distinction d'esprit et de manières, d'une piété profonde et éclairée, il trouva les sages conseils d'une vieille expérience mondaine, un perpétuel encouragement au mieux, et, dans cette sainte affection, ce je ne sais quoi d'enveloppant et de protecteur si nécessaire aux jeunes cœurs quand la mère est absente.

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