TROISIÈME PARTIE
LE DUC
A merveille! je lui dois meme une indemnité pour l’avoir sauvé, n est-ce pas?
* ^CHAMBORAN
x Eh! mais, je ne dis pas non. Je ne me plains pas trop de mon sort dans cet hôtel; mais il est certain que, làhaut, je serais plus heureux qu’ici-bas.
LE DUC
Oh! là-hauM... un chenapan comme toi 1 il s'agit de savoir si tu y serais allé, là-haut.
CHAMBORAN
J* Pardon, monsieur le duc, si vous ne m’aviez sauvé, j’y serais monté d’emblée. Il n’y a pas de chenapan qui tienne. Mouiir en défendant la patrie, c’est mourir en état de grâce... on va droit au ciel avec ça!
LE DUC
C’est possible; mais, en attendant, souviens-toi que je te donne un mois pour que nous sachions à quoi tu peux être bon.
CHAMBOR AN.
Je n’en demande pas tant, mon général, nous savons ça dès à présent.
LE DUC
Comment?
CHAMBOR AN.
Je ne suis... absolument bon à rien.
LE DUC
Songe que je ne plaisante pas.
CHAMBORAN
Ni moi, mon général.
Il sort.
ADRIEN NE, à Chamboran qui se retourne.
Ni moi non plus, monsieur! Et si à l’avenir tu n’es pas plus sage...
CHAMBORAN, venant à elle.
On le sera, ange adorée!... Je te le jure, (a Vaientine.) Ne faites pas attention, mademoiselle, si je la tutoie, c’est la consigne quand nous sommes seuls.
LE DUC, en dehors.
Chamboran 1
CHAMBORAN
Je fai connue si jeune !... Et je l’aime tant !
LE DUC
Chamboran!
ADRIENNE
Tu n’entenas donc pas?
CHAMBORAN
Si fait... j’y cours... mais pas trop vite... il s’y habituerait.
LE DUC
Chamboran !
ADRIENNE
Mais va donc!... va donc!...
CHAMBORAN
Me voilà, mon général, me voilà.
Il se retourne, envoie un baiser à Adrienne et sort en courant.